Afrisson

Sierra Leone

Sierra Leone


Pays  | Indépendance-Libération : 1961 | 71.740 km² - 5.426.618 h

Brassage humain et musical

L’histoire particulière du peuplement de la Sierra Leone explique en grande partie le rôle de pôle culturel qu’a joué ce pays en Afrique. Envahi par les Portugais au XVe siècle, cet ancien royaume Sapes, la montagne du lion ou Sierra Leone, est ensuite occupé par des Mandingues puis des Britanniques. Au XVIIIe siècle, à la suite des campagnes anti- esclavagistes de philanthropes anglais, le pays accueille des esclaves libérés venus de Nouvelle Angleterre et des Antilles. La capitale de cette colonie britannique, Freetown, fondée en 1787, voit naître une classe aisée « d’educated natives » composée de pasteurs, de médecins, de juristes et d’enseignants et devient un creuset musical unique où chaque communauté apporte sa spécificité. Les missionnaires anglicans introduisent leurs chorales, les « Marrons » jamaïcains, les musiques des Caraïbes et les esclaves libérés d’Amérique du Nord, tout l’héritage de la musique noire du Nouveau Monde. Les différents peuples africains d’origine (Mandingues, Akans, etc...) perpétuent leurs traditions tandis que les Akous, des esclaves libérés d’origine yoruba, ayant conservé leur confession musulmane, contribuent à l’édification de la musique sierra-léonaise des années 50.

Kaïso et musique de vin de palme

A l’aube du XXe siècle, la Sierra Leone voit apparaître les premiers groupes orchestrés de la région. Les fanfares militaires basées dans les forts de toute la côte créent une fusion de ragtime américain, de polka, de valse et de fox-trop construite sur des phrasés et des rythmes africains : le highlife des origines. Cette musique en vogue en Sierra Leone auprès des « high ups », l’élite de la colonie composée de Carribéens, d’Européens et de Krios (créoles anglais), est également influencée par le « kaïso », ancêtre du calypso. Se créent alors en Sierra Leone comme au Ghana de grands orchestres privés qui offrent une place privilégiée aux cuivres, s’équipent de pianos et intègrent le jazz. Dans les années 20, se forment ainsi le Cuban Swing Band et le Mayfair Dance Band, des formations qui influencent divers artistes dont Ebenezer Calendar. Parallèlement aux grands orchestres urbains qui animent les soirées arrosées de champagne des classes huppées des métropoles, des musiciens amateurs offrent aux couches populaires des villes et aux ruraux, consommateurs d’un alcool bon marché, le vin de palme, une musique du même nom, la musique de palme.

 

par   Sylvie Clerfeuille  11 mai 2007 - © Afrisson

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