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Biographie

Simon Bikindi


Artistes Rwanda | Naissance : 1954

Chanteur-compositeur, Simon Bikindi fut très populaire dans son pays natal dans les années 1980. Il est principalement accusé d’avoir eu un rôle prépondérant dans la propagande et l’incitation à la haine avant et pendant le génocide au Rwanda en 1994.

D’origine hutu, Simon Bikindi est né le 28 septembre 1954 à Rwerere dans la préfecture de Gisenyi, dans le nord-ouest du pays, d’où étaient également originaires le président Juvénal Habyarimana et la plus grande partie des membres du MRND alors au pouvoir.

Une musique au service d’un génocide

Dès la fin des années 1980 , Simon Bikindi appelle dans ses chansons à la poursuite de la « Toussaint rwandaise », (premier massacre des Tutsis perpétué en 1959) et à l’extermination des Tutsi sur les ondes de Radio Télévision Libre des Mille Collines dont il fut l’un des fondateurs, un media qui contribua à la mise en oeuvre du génocide des Tutsi et de leurs supposés complices hutu, les Ibiyitso. Membre du MRND, il collabora très étroitement avec les autorités et fut fonctionnaire du Ministère de la jeunesse et des sports.

Condamnation

Il est arrêté à Leiden, aux Pays-Bas, le 12 juillet 2001 puis transféré au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha en Tanzanie le 27 mars 2002. Selon le procureur, le chanteur, se serait « entendu avec le chef de l’Etat, Juvénal Habyarimana, le ministre de la jeunesse et des sports, le chef des Interahamwe au niveau national, les responsables politiques nationaux du MRND, et les chefs militaires affiliés au MRND, tels que Théoneste Bagosora, en vue de militariser l’aile jeunesse du MRND, les Interahamwe, de leur inculquer une idéologie anti-tutsie et de faire de la propagande anti-tutsie ».

Le 2 décembre 2008, il est condamné à 15 ans de prison, seule l’accusation d’incitation directe et publique à commettre le génocide ayant été retenue. Le 18 mars 2010, le TPIR confirme en appel cette condamnation à une peine de 15 ans de prison. Il est reconnu coupable d’incitation directe et publique à commettre le génocide, pour avoir pris la parole fin juin 1994 depuis « un véhicule équipé d’un amplificateur de voix sur la route principale reliant Kivumu à Kayove », deux communes du nord-ouest du Rwanda.

Trois chanson incriminées

C’est à partir de l’analyse de trois chansons que s’est construite l’accusation : « Nous avons dit adieu au régime monarchique », « Moi je déteste ces Hutus... » et « Les Fils du Père du cultivateur », composées avant et pendant le génocide.

La première chanson contient « un message de haine et de méfiance » envers les Tutsis associés au régime monarchique.
La seconde, (« Moi je déteste ces Hutus... ») définit « ceux qui ont renié leur identité hutue, ceux qui méprisent d’autres Hutus, ceux qui ne corrigent pas les autres Hutus fautifs, ceux qui s’engagent aux côtés de l’ennemi dans une guerre dont ils ne comprennent pas les tenants et les aboutissants... en clair, les Hutus qu’il déteste sont les Hutus qui sont en contact avec les Tutsis ».
La troisième enfin, « Les fils du Père des cultivateurs », relate l’histoire d’un homme hutu qui va consulter un devin sur les stratégies à adopter pour vaincre « le revenant » qui attaque le pays depuis l’étranger.

Et d’autres chansons, appels à prendre les armes :
Ingabo ni Izururwanira (L’Armée est celle qui se bat pour le Rwanda)
Ninde Watubasha (Qui peut nous vaincre ?).
Tuzakomeza Kururwanira (Nous continuerons à nous battre pour notre pays).
Tuzakurwaninira Rwanda (Nous continuerons à nous battre pour toi, Rwanda).

Sources : Wikipedia, Rwandafile.com et Afrik.com

 

par   Sylvie Clerfeuille  19 juillet 2011 - © Afrisson