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Biographie

Simon Mahlathini

   Simon Nkabinde Mahlathini
Artistes Afrique du Sud | Naissance : 1937 | Groupes :  Mahlathini & The Mahotella Queens - Makgona Tsohle Band | Styles :  Mbaqanga

Surnommé « Le Lion de Soweto » pour sa voix de « groaner », Simon Nkabinde Mahlathini est une des figures mythiques du mbaqanga. Il s’est fait connaître internationalement dans les années 1980 au sein de la formation Mahlathini et des Mahotella Queens accompagné par le Makgona Tsohle Band.

Une voix surnaturelle

Tout enfant, Simon Nkabinde Mahlathini avait une voix si caverneuse et si rauque que sa famille fit venir un guérisseur traditionnel imaginant qu’il avait des pouvoirs surnaturels. En fait, cette voix de basse hors du commun, râpeuse, gutturale, pareille à un feulement de lion, lui valut d’être affublé de plusieurs surnoms : Le lion de Soweto, le Groaner (le rugisseur), l’homme avec la jungle dans la tête. Mais ce timbre inimitable lui ouvert une carrière exceptionnelle sur la scène sud-africaine et mondiale.

Mahlathini et les Mahotella Queens

Simon Mahlathini a débuté sa carrière musicale dans les chorales d’isacathamiya et fréquente le centre musical Caiot de Johannesburg. Très vite remarqué par Rupert Bopape, producteur chez EMI South Africa, il débute dans les années 1950 avec les Dark City Sisters. Quand ce dernier prend la direction du label Mavuthela, la division de la musique noire de la maison Gallo, il l’emmène avec lui et monte une formation qui réunit le groupe vocal féminin les Mahotella Queens, le groupe instrumental Makgona Tsohle Band et la voix de basse de Simon Mahlathini. Le groupe appelé Mahlathini et les Mahotella Queens lance un genre musical nouveau, le mbaqanga, mélange de kwela music, de marabi et de musiques traditionnelles sotho, xhosa et zulu et enchaîne les succès jusqu’au milieu des années 1970.

Les Mahlathini Girls

Amaswazi Emvelo

Mais le déclin du mbaqanga et les rivalités internes minent à plusieurs reprises cette association à géométrie variable qui se réunit occasionnellement le temps d’un album et d’une tournée. En 1971, Hilda Tloubatla et Nobesuthu Mbadu, deux des chanteuses de Mahotella queens intègrent un groupe rival, Izintombi Zesimanjemanje. Quant à Mahlathini, il signe avec EMI et monte deux groupes, les Mahlathini girls et Ndlondlo Bashise ( The Mahlathini Guitar Band). En 1975, le groupe Mahlathini and the Mahotella Queens se reforme le temps de deux albums, Marriage is not a problem et Mbaqanga at its best. Dans les années 1980, Simon Mahlathini renoue avec ses débuts au sein de groupes vocaux masculins en enregistrant plusieurs albums avec Amaswazi Emvelo. Cette collaboration durera jusqu’en 1990.

Disparition

Ce n’est vraiment qu’à partir de 1985 avec la constitution de trio définitf de chanteuses (Hilda Tloubatla, Nobesuthu Mbadu et Mildred Mangxola) et surtout le succès en 1987 de l’album Thokozile que l’association du « groaner » et des Queens retrouve une popularité certaine. Suivi de Paris-Soweto, Mbaqanga, Stoki Stoki, Umuntu, Mahlathini et les Mahotella Queens connaît un succès international jusqu’en 1997.

Atteint de diabète, Simon Mahlathini décède le 29 juin 1999 dans la plus grande misère. A sa disparition, les musiciens de Johannesburg se sont cotisés, tradition oblige, pour lui offrir un enterrement décent. Quelques mois après sa disparition, Les Mahotella Queens se reforment et continuent leur carrière internationale sans Mahlathini et le Makhona Tsohle Band dont deux membres, West Nkosi et Marks Mankwane, ont disparu en 1998.

 

par   Sylvie Clerfeuille  11 février 2008 - © Afrisson