Afrisson

Biographie

So Kalmery


Auteur, compositeur, arrangeur, chanteur et multi-instrumentiste (guitare, oud, inanga, didjeridoo), So Kalmery, né en en 1955 au Congo Kinshasa (RDC), est le représentant de la brakka music, une philosophie et une musique urbaine puisant dans le « simanje manje » et la kwela music (ou jive) d’Afrique du Sud. Sa fusion brakka music, folk et reggae africain, chanté en swahili (ou kiswahili), donne un afro-folk très original...

L’enfant de Bukavu

So Mosolo Kalmery est né en 1955 dans la région de Bukavu, dans l’est du Zaïre (actuel Congo Kinshasa (RDC)). Il s’initie d’abord à la flûte profondément marqué par le roi de la kwela Spokes Mashiyane, le guitariste congolais Jean Bosco, le simanje manje (mbaqanga), la musique indienne et les chorales zulu. Il s’imprègne également de la musique des grands lacs et participe aux ntori, ces danses rythmées par les tambours du Burundi.

Déracinement

A six ans, So Kalmery doit fuir son pays après la disparition de son père, David Kalmery, un proche de Lumumba. Il se retrouve bientôt dans un camp en Zambie et ne cesse pendant des années de errer dans toute l’Afrique australe. Dès l’âge de neuf ans, il compose et participe à des compétitions et à onze ans, il entame sa carrière de musicien professionnel, chantant et jouant au sein de divers orchestres. Alors qu’il a tout juste 14 ans, Anatole, originaire de Bujumbura, à la fois garagiste et chef d’orchestre, l’invite à venir jouer dans son groupe au Burundi pour quelques jours. L’aventure durera 6 mois.

L’Afrique de l’Est

Le jeune musicien ne cesse dès lors de se produire dans de nombreux pays d’Afrique australe. Il joue ainsi du jive (jazz sud-africain) pendant trois ans en Zambie au Fimbana Club de Lusaka au sein du groupe The Blades avec Dorothy Masuka, se produit au Kenya avec Fadhili William, le légendaire interprète de « Malaïka ». En Tanzanie, à l’âge de 17 ans, So Kalmery monte son propre groupe, le King Melody Band, avec des anciens de Vedette Mambo et tourne au Kenya et au Burundi. Il remporte bientôt le prix du meilleur groupe au Kenya et enregistre en 1972 chez EMI Kenya un premier album, King Melody Band, proposant une musique où se croisent brakka, ragtime et rumba. En 1978, après un bref séjour à Londres puis en Zambie où il participe à l’enregistrement de Lusaka music palace, il se rend à Kinshasa et travaille entre autres avec Koffi Olomidé et Papa Wemba, au sein de Viva la Musica.

So et Ujamaa

Perpétuel déraciné, en quête d’humanité, adepte des brassages, l’artiste globetrotter profite d’un contrat en Belgique pour poser ses valises à Paris en 1982. L’année suivante, il sort successivement Africa Man puis deux ans plus tard So et Ujamaa qui pose les bases de son style afro-folk, fusion de brakka music, de folk et de parfums reggae, chanté en swahili (ou kiswahili). Cet album lui ouvre les portes du succès : il se produit notamment au Notting Hill Carnival et en 1987, assure la première partie du concert de John McLaughlin et Paco de Lucia au Royal Albert Hall. En 1989, il signe So chez CBS, enregistre un single, London mix mixé par Jay Burnett, joue en compagnie du Chicago Blues au Havre puis de Eric Bibb au Queen Elisabeth Hall à Londres.

Refusant une invitation de Carlos Santana, il s’envole en 1994 pour l’Australie, rencontre des Aborigènes. Flûtiste depuis sa jeunesse, il s’avoue fasciné par les techniques de jeu du didjeridoo (souffle continu) et la vision musicale de ce peuple qui lui fait penser au soufisme. Il assure ensuite les premières parties de Ben Harper lors de sa tournée en France et sort en 1996 Rasmi comportant quelques titres majeurs comme « Brand New Day », « Rasmi » et « Mama Liza » qu’il reprendra quelques années plus tard dans Brakka System ainsi que deux versions (instrumentale et vocale) du titre de Brassens, « Brave Margot ».

La passion du oud

Passionné par les instruments à corde porteurs selon lui des grands textes poétiques (la guitare, la kora, l’inanga (harpe des Grands Lacs) et surtout le oud) il part étudier l’instrument en Egypte, berceau mythique de la civilisation africaine. En 2001, Bendera, qui exprime sa passion pour la guitare et le oud propose une musique entre blues, gospel et folk song.

Kamitik Soul

Sept ans plus tard, l’âme mystique et la passion de la brakka se confirment dans Brakka system, album de la maturité qui dévoilent des titres de toute beauté comme le magnétique « Kamitik Soul » et son oud magique.

 

par   Nago Seck  2007 - © Afrisson