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Somalie

Somalie


Pays  | Indépendance-Libération : 1959 | 637.657 km² - 8.025.190 h

Generalités

La Somalie est composée d’un seul groupe ethnique : les somalis. Le commerce et les migrations des tribus nomades africaines et arabes ont créé d’intenses échanges culturels amenant dans cette région dominée par le tambour batar des instruments comme les luths indiens, les tambours sur cadre et les chants marqués par la progressive islamisation de la région dès le XIVe et XVe siècles, période de la conquête arabe. La plupart des chants sont chantés à l’unisson et le oud arabe, joué dans un style propre aux Somalis, occupe une place centrale. Majoritairement pentatoniques, les musiques somaliennes lorsqu’elles sont chantées s’ornent d’inflexions influencées par la musique arabe. Le résultat est une musique hybride qui s’apparente au blues. Au cours du XX° siècle, la Somalie va intégrer et adapter de nombreux genres musicaux : le taarab de la côte swahili, le maqam arabe, le jazz, le funk, l’afrobeat, les musiques indiennes et le reggae.

Les années 1950 ou le fanka

Influencé par la musique indienne et arabe, Abdulahi Qarshe, virtuose du oud et poète, tente d’adapter la tevhnique du luth arabe aux sonorités et à la poésie somalienne appelée Heelloy. Il est considéré avec Ali Feiruz et Mohamed Nahari comme un des fondateurs de la musique moderne somalienne. A la même période, des artistes comme Mohammed Jama « Ilka Case » et Abdi Hassan « Dige » popularisent le fanka, une forme de jazz somalien à base de kaban, une guitare à dix cordes, de duf, un tambourin, de tumbug, deux petits tambours et de shenai, une flûte somalienne. Ces instruments originaires d’Egypte et d’Inde furent amenés en Somalie par des artistes indiens se produisant dans ce pays pendant la colonisation britannique.
Musique clandestine au début du XIXe siècle, le fanka devient réellement populaire à la fin des années 1940 avec l’arrivée de la radio introduite en Somalie par les Anglais. Musique du diable, symbole d’immoralité, elle connaît un large engouement auprès de la jeunesse somalienne. Installés aujourd’hui à Toronto, ces deux grands compositeurs, membres du groupe Waaberi, essayent de faire revivre ce style aujourd’hui oublié. A la même période, Maxamed Axmed Kuluc fut un des pionniers du qaaci (une forme de soul music somalienne) et se rendit populaire par ses concerts mettant en valeur ses talents d’acteur, de danseur et de chanteur.

Les années 1960 : la mode qaaci

Xaliima Khaliff Magool, diva de la qaaci music s’est illustrée par de nombreux tubes dans les années 1960 en compagnie des Waaberi. Spécialiste elle aussi du style qaaci, la chanteuse Sahro Axmed se distingue par ses dons pour le scat. Dans les années 1970, émergent des chanteuses comme Faadumo Cali Cilmi alias Haldhaah qui se produit avec un des groupes majeurs du pays, les Waaberi,. La sensuelle Saado Ali perce également durant cette période. Sa voix froide et romantique fait des merveilles dans des genres comme le qaasi, le jazz et la pop.

Le funk somalien des années 1980

Dans les années 1980 percent des groupes comme Iftin, Waaberi Muqdisho, Waaberi Hargeysa et Dur Dur. Ils pratiquent une forme de funk somalien. Surnommé « M. Dynamite », Xasan Aadan Samatar est une des stars de la pop et du funk somaliens, s’illustrant par des shows endiablés.

1990s : Jubba et Maryam Mursal

Le chanteur compositeur Abdulkadir Jubba s’impose en créant une musique contemporaine très rythmique influencée par le jazz. La chanteuse Khadra Dahir se distingue par la beauté de ses mélodies tandis que Faduma Qasim navigue entre chants religieux et pop tonique. Asha Abdow Saleebaan alias Malika s’est spécialisée dans une forme de taarab aux couleurs swahili.

Une des rares artistes de carrure internationale, [Maryam Mursal- >430] a fusionné de la musique traditionnelle somali avec du rock, de la bossa nova et surtout du jazz. Signée par le label World music Network, comédienne et chanteuse, Saba Anglana, une métisse italo-somalienne, sort en 2008 l’album Jidka, intégrant dans sa musique aux couleurs soul, scat, pop et somali des instruments d’Afrique de l’Ouest comme la kora et le djembé.

Le rap signé K’naan

Basé à Toronto, le rappeur K’naan a signé deux albums chez des majors et a décroché en 2006 le Juno Award for Rap Recording qui récompense le meilleur groupe de rap du Canada.

Sources :
- http://www.nowtoronto.com/issues/17/44/Ent/music.html,
- Somali musicians fight to be heard far from homeland by Ali Sharrif.
- Okayafrica.com

 

par   Sylvie Clerfeuille  11 mai 2007 - © Afrisson

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