Afrisson

Biographie

Soubi

   Athoumane Soubira

Né en 1957 à Mohéli ou Mwali en shikomori (sa langue), Soubi, de son nom Athoumane Soubira, rencontre en 1976 le vieux Al Abdou, un spécialiste du “ndzendze” ou “dzendze”, une cithare comorienne proche de la valiha (ou vali) malgache. Ce dernier lui fabrique son premier instrument et lui apprend les ficelles du métier dont l’art d’invoquer les esprits par son instrument et ses chants incantatoires. Depuis, Soubi dévéloppe un style tiré des rythmes et mélodies chigoma, chitete, des danses traditionnelles mgodro, magandja, nyamandzaya ou encore du twaraab (ou taarab)…

La rencontre, en 1997, de Soubi et de Boina Riziki, virtuose du “gabousi” ou “gabusi” (luth), donnera naissance à un trio acoustique, Boina Riziki & Soubi, complété par Houssein Ali (choeurs, “mkayamba” ou “kayamba”, hochet en forme de radeau)...

Deux ans plus tard, ils enregistrent l’album Chamsi na Mwezi, présentant des chansons de mariage. Plusieurs se basent sur les rythmes et mélodies ngoma (chigoma), des danses traditionnelles des mariages comme le mgodro, le chitete, le nyamandzaya ou le magandja.
Le chitete est dansé par les femmes en signe d’allégresse, le mgondro est également dansé par les femmes lors des “grands mariages” à Mohéli. Cette danse s’accompagne généralement au “gabousi” ou au nzumari (un instrument à double anche ressemblant au hautbois). Selon certains, cette danse serait originaire de Madagascar, ce qui explique pourquoi certaines paroles sont parfois en malgache.
Dans cet album, le “gabousi” est accompagné du “ndzendze” et du “mkayamba” (ou kayamba), un hochet en radeau fait de deux couches de roseaux cousues ensemble et rempli de graines. On le retrouve à la Réunion.

Boina Riziki et Soubi y parlent d’amour (« Hamida »), de colonisation (« Kampanani »), de paix (« Nyumakélé »), de polygamie (Munzilu), d’hypocrisie (Mswabaha) ou de prostitution (« Pharmacie »)...

 

par   Nago Seck  7 mai 2007 - © Afrisson

Discographie