Le groupe fondé par Adrian Atchuchi a contribué à la modernisation du goumbé
Des fêtes de mariage à l’indépendance
Formé dans les années 1970, ce groupe représenta la première identité musicale de la Guinée Bissau indépendante. Cette formation dont le nom fait référence au dieu protecteur des guerriers a débuté dans les mariages et les fêtes privées dans la région de Bissau. Le pays alors sous domination coloniale portugaise lutte pour son indépendance : le PAIGC d’Amilcar Cabral engage une lutte de libération dans les zones rurales aussi bien que dans les villes depuis 1959.
La musique de l’indépendance
En 1974, le pays devient indépendant et la même année, Super Mama Djombo alors formés de jeunes musiciens avides de professionnalisme dont les percussionnistes Armando Pereira , Wye Sissoko et le guitariste Ze Manel trouvent leur leader, Adrian Atchutchi, qui apporte souffle militant et professionnalisme à cette formation amateur. Il fusionne divers rythmes du pays, mandingues aussi bien que créoles, modernise notamment le goumbe et chante en kriol, langage urbain , synthèse de langue portugaise et africaines. Leur succès est immédiat en particulier avec le tube Pamparida, une adaptation d’une chanson populaire à destination des enfants. Diffusée à la radio et jouée au Sénégal dans un stade plein à craquer où débute un certain Youssou Ndour, le groupe est lancé.
Succès international et chute nationale
En 1980, Super Mama Djombo est invité à enregistrer son premier et unique almbum à Lisbonne : les tournées en Europe et en Afrique vont désormais s’enchaîner , le groupe symbolisant la Guinée indépendante et son leader révolutionnaire Amilcar Cabral. En Novembre 1980, ce dernier est déposé et le nouveau régime s’intéresse peu à l’art . Super Mama Djombo se sépare bientôt, laissant néanmoins une image forte au pays dans sa contribution à la naissance d’une culture nationale et indépendante.
par Afrisson 10 mai 2007 - © Afrisson