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Biographie

Tabu Ley Rochereau

   Pascal-Emmanuel Sinamoyi Tabu Ley
Artistes Congo Kinshasa | Naissance : 1940

Né le 13 novembre 1940 à Banningville (actuel Bandundu) au Congo Kinshasa (RDC), Pascal-Emmanuel Sinamoyi Tabu Ley dit « Tabu Ley », « Rochereau » ou « Seigneur Rochereau » est une des plus grandes vedettes des musiques congolaises (rumba, soukouss)...

Tabu Ley et Grand Kallé Jeff

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Adolescent timide, Pascal Ley (devenu Tabu Ley en 1973) se voit surnommé « Rochereau » à l’âge de 15 ans par ses camarades de classe, parce qu’il est le seul à répondre à une question posée par son professeur d’histoire au sujet du colonel Denfert-Rochereau. La même année, il fait sa première apparition sur scène au stade du 20 Mai à Léopoldville (devenue Kinshasa en 1960) et le soir même est sacré lauréat de la chanson congolaise. Rochereau reste pourtant amateur jusqu’en 1959, date à laquelle il est engagé dans l’African Jazz de Joseph Kabasélé alias « Grand Kallé Jeff », un des plus prestigieux orchestres des années 1960. Il doit son premier contrat au guitariste Kassanda Dr Nico, impressionné par la puissance de sa voix en si majeur. Joseph Kabasélé profite de sa popularité pour propulser les Bantous de la Capitale, Manu Dibango et Franco qui joueront avec Rochereau. En 1963, ce dernier abandonne le cœur gros Joseph Kabasélé pour lequel il nourrit une profonde amitié.

L’Afrisa International

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Rochereau intègre alors le groupe African Fiesta National et lancera plus tard Afrisa International. Contrairement à la tradition qui privilégie les chœurs sur fond de rumba cha cha, Rochereau comme Franco innovent en introduisant dans les orchestrations de l’époque la chanson en solo et le couplet introductif suivi d’une longue exécution instrumentale, le sébéné, au cours de laquelle la prestation du lead guitar entièrement improvisée est mise en exergue. C’est la naissance du soukouss. Très fortement influencé par les musiciens noirs américains, en particulier par James Brown, il va beaucoup travailler son jeu de scène. Il engage des danseuses, les Rocherettes et reprend les techniques des shows à l’américaine. Il s’adjoint les services d’une seconde vocaliste, Mbilia Bel, dont les coups de hanche et la belle voix androgyne constituent une véritable attraction. La même année, l’artiste zaïrois joue à Hambourg en compagnie d’un groupe anglais alors inconnu, les Beatles.

Business et honneurs

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Outre ses multiples concerts en Afrique et en Europe, Tabu Ley Rochereau fonde sa première maison de disques, ISA, et sort en 1966 Mokolo Na Kokufa, son premier disque d’or. Pourtant les galères ne manquent pas et Rochereau traversera des périodes très dures avant de connaître la consécration. A plusieurs reprises, il imposera à sa famille et à ses musiciens des conditions de vie très difficiles. Mais ses sacrifices ne seront pas vain et le groupe devient populaire dans toute l’Afrique imposant la domination de la rumba sur les autres musiques continentales. En 1970, il est l’un des premiers artistes africains à se produire à l’Olympia à Paris. Ce show prestigieux lui ouvre les portes du monde. En 1984, Tabu Ley sillonnera 27 états des USA et se produira à New York devant 1200 personnes. Auréolé de son succès, l’artiste devient businessman, ouvre à Kinshasa sa propre boîte de nuit, le Type K, où il se produit tous les soirs lorsqu’il n’est pas à l’étranger. Formateur de nombreuses vocalistes dont Mbilia Bel et Faya Tess, il accumule les disques d’or et décroche en 1985 un Maracas d’Or pour ses 25 ans de carrière succédant à Miriam Makeba, Manu Dibango et Francis Bebey.

Tabu Ley l’Exilé

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En 1988, Tabu Ley Rochereau s’envole pour Los Angeles où il demeurera un an et fréquentera plusieurs stars américaines comme Eddie Murphy, Jim Brown et Rebbie Jackson, la sœur de Michael. Pressentant des problèmes politiques au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo), pas très en phase avec le pouvoir (contrairement à Franco, l’idole du Président Mobutu) et au creux de sa carrière après le départ de Mbilia Bel en 1988, Tabu Ley décide de s’installer à Paris pour quelques mois puis en Afrique du Sud. Le 21 avril 1990, il est invité à la célébration de l’indépendance de la Namibie en compagnie de Ziggy Marley et de Thomas Mapfumo puis sort, deux ans plus tard, à l’issue d’une tournée scandinave et américaine l’album Feu d’artifice, un soukouss interprété en duo avec Papa Wemba. La même année, sort l’album Exil Ley, un pamphlet contre le Président Mobutu. En 1994, il participe avec son tube « Paquita », écrit en 1965, à l’album Gombo Salsa du groupe Africando qui décroche un disque d’or aux Etats-Unis en 1996. Africa World Wide sorti chez Rounder Records célèbre ses trente-cing ans de carrière.

Tabu Ley et la politique

En 1998, Tabu Ley Rochereau se réinstalle au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo), se lance dans la politique et participe à la création de la CCCA ( Chambre Congolaise de Culture et des Arts) destinée à offrir une couverture sociale aux musiciens. Il deviendra en 2005 vice-Gouverneur de la ville de Kinshasa, chargé des questions politiques et administratives. Durant cette période, l’artiste multiplie les enregistrements, signe Jubiley en 2000 puis Tempelo en 2003.

Un compositeur prolifique

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CD "Noir désir" de Youssoupha

En quarante ans de carrière, Tabu Ley Rochereau a composé plus de 1500 titres dont beaucoup évoquent l’amour (bolingo), les problèmes sociaux ou politiques du Zaïre (acteul Congo Kinshasa (RDC)). Il chante en lingala, une langue qu’il considère comme la symbiose de plusieurs langues africaines et qu’il a baptisée le « créole africain ». Ses fils, Youssoupha et Philémon, tous deux rappeurs, Pegguy Tabu (chant) et Abel Tabu (electro rumba,hip hop, soul, R&B), tous quatre auteurs, compositeurs, chanteurs dans le rap, ont fait leur trou dans la musique. D’ailleurs, Youssoupha lui rend hommage en l’invitant sur le titre « Les disques de mon père » de son album Noir désir (2011).

 

par   Nago Seck  10 janvier 2007 - © Afrisson

Bibliographie