Afrisson

Biographie

Tarika


Groupes Madagascar | Création : 1987 | Styles :  World / Musique du monde Site internet

Fondé en 1991 par la charismatique Hanitrarivo Rasoanaivo dite “Hanitra”, le groupe Tarika puise sa force dans ses harmonies puissantes, ses grooves énergiques et ses fusions avec des musiques d’Indonésie et d’Afrique de l’Ouest. En 2005, il est rebaptisé Tarika Bé, une formation s’inspirant de l’expérience de leurs aînés.

La passionaria de Madagascar

Force, vigueur et humour, telles sont les trois qualités de l’album du groupe malgache Tarika, Soul Makassar produit par la maison anglaise Rogue Music. Récompensé en 1997 pour son précédent album Son Egal, ce groupe unique mené par la trépidante Hanitra Rasoanaivo s’illustre depuis de nombreuses années par une musique sans compromis et des textes ancrés dans la réalité et le passé malgaches. Cet « Alex Haley féminin » s’est ainsi rendu en 1999 en Indonésie et plus précisément au Timor à l’époque en proie à de violents affrontements à la recherche de ses racines indonésiennes. Elle y a découvert le « sasandu », ancêtre de la « valiha » malgache, forme de harpe taillée elle-aussi dans du bambou mais aussi les musiques, les rituels semblables à ceux de son île et des similitudes physiques avec les Mérinas, peuple des Hauts Plateaux de Madagascar. De cette expérience marquante, Hanitra a tiré l’album Soul Makassar essentiellement inspiré (contrairement aux autres) des rythmes des Hauts Plateaux. On y retrouve cet étonnant dosage de langueur et de rythmes légers sans oublier la magnifique flûte indonésienne appelée « sodina » à Madagascar et qui fut immortalisée par le vieux Rakoto Frah disparu le 02 octobre 2001.

De son séjour chez les peuples Bugis, Makassar et Torajan, Hanitra a tiré un titre mélancolique « Sulawesi », nom de l’île d’où, prétend la légende, les hommes seraient partis en bateau pour rejoindre Madagascar. Dans cet album imprégné d’histoire, se mêlent instruments malgaches et indonésiens. « Aretina » offre un étrange contraste entre le rythme enlevé du salegy et les sanglots du violon indonésien. « Tovavavi » nous offre un petit voyage dans la country musique, ballade nonchalante évoquant les femmes indonésiennes enfermées dans leurs maisons à l’abri du soleil qui rend la peau trop foncée. « Set me free », nous offre une belle démonstration de marovany, cette guitare chantante célèbrée par D’Gary. Fusion surprenante de hip hop malgache et de tonalités indonésiennes dans laquelle la flûte télescope des voix inquiétantes, « Madindo » parle de fureur, de police et de violence. Au Timor et à Jakarta, les retrouvailles n’eurent pas seulement un goût de douce nostalgie.

 

par   Nago Seck  10 mai 2007 - © Afrisson