Afrisson

Biographie

Tchangodei


Artistes Bénin | Naissance : 1957

Influencé par Billie Holiday, Ray Charles et Cecil Taylor, auteur, compositeur, pianiste, chanteur, Tchangodei a enregistré plusieurs disques avec Archie Shepp, Steve Lacy, Louis Sclavis, Romano...Il s’est produit, entre autres, avec le Nippon Itaru Oki.

La passion du piano

Tchangodei est issu d’une famille de neufs enfants, ces ancêtres comptent de nombreux musiciens. Et aussi des « griots », hommes qui reçoivent une invitation, possèdent des pouvoirs, ont un rôle de garder et transmettre la tradition. Sa passion pour la musique grandit, devient de plus en plus exigeante. Il passe le plus clair de son temps à écouter des disques. Chaque fois qu’il pleut, il s’introduit clandestinement dans un foyer de jeunes, et durant des nuits, joue du piano s’exerce à reproduire les morceaux qu’il aime. Bientôt il en vient à admettre qu’il est musicien. Qu’il sera pianiste.

Jazz et blues

Il se forme tout seul, sans l’appui ni les conseils de quiconque. Il écoute le plus grand nombre possible de musiciens : les bluesmen, Billie Holliday, Ray Charles, Earl Hines, Teddy Wilson ... Il comprend que les musiciens qu’il aime parlent tous le même langage et découvre cette évidence. La musique n’a d’autre source que la vie. Elle exprime la vie, permet de mieux en jouir. La rencontre de la musique de Monk marque pour lui une date importante. Au début elle le déconcerte, le tient à distance. Mais progressivement, il en perçoit la complexité et la richesse. Fondée pour une grande part sur des dissonances, elle lui apparaît totalement différente de ce qu’il a écouté jusqu’alors, et elle lui ouvre de nouveaux horizons.

Une musique de tensions

Puis sa préférence se porte sur Cecil Taylor, qui se situe aux antipodes : flux continu de la masse sonore torrentueuse, proliférante gonflée d’une énergie sauvage, tendue, agressive. Tchangodei se sent en profond accord avec cette musique submergeante, qui charrie des tensions, exprime une attitude face à la vie, en lesquelles il se reconnaît. Il pénètre plus en avant en lui-même, s’emploie à réaliser son unité, approfondit sa réflexion sur la musique. Ses intuitions s’affermissent, et sa pensée se donne une assisse dont elle recevra désormais assurance, force, sérénité.

Mal Waldron

Il commence à se produire en public, dans des clubs ou en concert. Mais il faut encore un long temps avant de pouvoir entrer en dialogue avec d’autres musiciens. A ce jour, il a gravé une quinzaine de disque. Les premiers, en piano solo. Les autres, avec des partenaires qui ont nom Steve Lacy, Georges Lewis, Louis Sclavis, Oliver Johnson, Steve Potts, Archie Shepp. La rencontre de ces musiciens, sa confrontation à leur musique - notamment celle de Steve Lacy et de Archie Shepp - a été pour lui source d’enrichissement. Il voue une particulière admiration à Mal Waldron, un homme riche de grande qualité humaine, et qui incarne à ses yeux l’artiste tel qu’il le conçoit : un être anonyme, vaste, plein d’amour, qui sait capter la vie et exprimer en un langage adéquat les émotions qu’il en reçoit.Charles Juliet.

 

par   Afrisson  7 mai 2007 - © Afrisson

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Tchangodei
 
Ramadanights

A Paris, le festival Ramadanights qui fête sa première édition et débute aujourd’hui, programme de nombreux artistes africains pendant tout le ramadan : Moussa Kanouté, Awa Timbo, et Désiré Sankara, l’Ismael Lô du Burkina Faso. Le Polyrythmo, groupe légendaire du Bénin, fait son grand retour, l’occasion de se pencher sur l’histoire musicale du Bénin, pays de la trépidante Angélique Kidjo, du compositeur arrangeur Wally Badarou, de Gnonnas Pedro. Le kuduro, nouveau groove d’Angola a séduit les Djs en Occident dont le fameux Galliano qui ne cesse de se nourrir musicalement de l’Afrique. Bonne visite...