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Biographie

Tiharea


Groupes Madagascar | Création : 1997 | Styles :  A capella (ou a cappella)

Fondé en 1997 en Belgique par les sœurs Gellé, Talike (Marie-Chantal), Delake (Adélaïde) et Vicky (Victoire Madeleine), toutes trois chanteuses et percussionnistes, Tiharea (richesse) est un groupe vocal a capella développant un registre polyphonique traditionnel du Sud de Madagascar et racontant les richesses socio-culturelles malgaches, notamment celles du peuple Antandroy...

Talike Gellé, l’instigatrice

Petite déjà, Talike Gellé, fille d’un accordéoniste, était fascinée par le “beko” (chant traditionnel Antandroy, ethnie du sud de Madagascar). En 1985, accompagnée de ses frères, Talike, participa à un concours de chant organisé par la ville de Fort-Dauphin (Madagascar) et gagna le premier prix. En 1998, Tiharea participe au concours “Kleurrijk Talent”, une compétition de musique organisée dans le Benelux et gagna le 1er Prix à Rotterdam (Hollande). Un an plus tard, les sœurs enregistrent un album éponyme qui leur ouvre les scènes internationales.
Leurs chants en antandroy, dialecte du sud de l’île, sont d’une part, des créations originales de Talike Gellé et d’autre part, des œuvres traditionnelles comme le “beko”, conte oral traditionnel, dont la fonction est d’apaiser et guérir l’esprit. En habit traditionnel, pieds nus, coiffées de “dokodoko” (coiffure typique des femmes Antandroy), elles chantent a capella, dansent et mêlent à leurs chants harmonieux des passages plus étonnants de sons gutturaux, d’halètements ou de raclements de gorge qu’on appelle “rimotse” (prononcer “rimoutse”).

Le patrimoine malgache

Les chanteuses de Tiharea s’inspirent de la tradition, dans ce qu’elle a de plus magique, le culte des ancêtres pour décrire la société malgache. De leurs voix claires et magiques et dans des arrangements vocaux extrêmement sophistiqués, elles gagnent instantanément le cœur du public partout où elles se produisent. Elles ont développé une expression ancrée dans la défense et la diffusion d’une culture riche de la diversité ethnique des peuples malgaches. Elles présentent quelque chose de très spécial et utilisent quelques instruments tels que le njémbé (du rite “Niembé”), le langoro (tambour de guerre malgache), katsa (percussion fabriquée à partir d’une boîte de conserve) ainsi que le kabosy (petite guitare malgache) et la mandoline. Toutes les trois sont d’excellentes percussionnistes mais la partie vocale est la clé de leurs œuvres. Traditionnellement, les chants sont accompagnés par des danses (banaike, mangononoke, tsinjabe, tsimoniny, tsotsoboke) présentées dans des chorégraphies différentes lors de leurs concerts et tournées (France, Allemagne, Italie, San Marino (Saint-Marin), Hollande, Autriche, Norvège, Suède, Belgique, Espagne, Suisse, Hongrie...

Un univers énigmatique et enivrant

Leur féminité s’affirme de façon ironique lorsqu’elles s’attristent sur la disparition de "vrais hommes", plus douloureusement quand elles content les rivalités entre les épouses d’un polygame, plus joyeuse quand elles parlent de la joie de vivre des Malgaches.
Les trois sœurs emmènent le public en voyage dans la Grande île rouge au large de I’ Afrique qui est l’un des plus anciens carrefours des peuples à cause d’innombrables courants migratoires (Indonésiens, Perses, Arabes, Indiens, Africains, Européens,...) dont l‘interpénétration s’illustre, entre autres, par une vingtaine d’idiomes différents et offrent ainsi une musique faite de surprises et d’émotions fortes. De ses polyphonies modulées par des voix enchanteresses, comme le laissent entendre leurs albums Ry Ampela (2003) et Volambita (2009), Tiharea vous emporte dans l’univers énigmatique et enivrant de ce pays unique, Madagascar.

* Source : http://www.tiharea.blogspot.com

 

par   Nago Seck  10 mai 2007 - © Afrisson