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Biographie

Tinariwen


Groupes Mali | Création : 1979 | Styles :  Blues - Blues touareg Site internet

Formé en 1979 à Tamanrasset, en Algérie par par Ibrahim Ag Alhabib, Alhassan Ag Touhami et feu Intayaden, Tinariwen (en touareg : "ⵜⵏⵔⵓⵏ" ; du tamasheq, "les déserts", pluriel de Ténéré) est un groupe de musique, originaire de Tessalit dans la région de Kidal au nord du Mali, dans l’Adrar des Ifoghas. Leur musique, assouf, qui signifie "la solitude" ou "la nostalgie" en tamasheq, fait la synthèse entre le blues, le rock et la musique traditionnelle touareg. En 2011, le groupe a obtenu un Grammy Award avec l’album Tassili.

Naissance algérienne

Créé en 1979 en Algérie par Ibrahim ag Alhabib, Alhassan ag Touhami et feu Intayaden, Taghreft Tinariwen, qui signifie en tamasheq, « l’édification des pays » a joué un rôle important pendant la rébellion touareg des années 1990, en diffusant des messages d’espoir et de résistance à ses compatriotes. À l’origine, les trois amis jouent sur une guitare acoustique avant de rencontrer un orchestre de musiciens touaregs, les voix du Hoggar qui chantent en arabe et qui offrent à Ibrahim sa première guitare électrique.

Rébellion touarègue

Après cette période d’exil en Algérie, Ibrahim, Intayeden, Alhassan rencontrent Alhousseini ag Abdoulahi, Kedhou ag Ossad, Mohammed dit "Japonais" dans les camps d’entraînement en Libye. Le groupe s’agrandit. Lorsqu’ éclate la rébellion en 1990, ils rentrent au Mali les armes à la main et les guitares en bandoulière. Ils se retrouvent alors intégrés au Mouvement Populaire de l’Azawad sous le commandement d’Iyad ag Ghali qui les aide à financer l’achat d’instruments de musique.

Reconnaissance internationale

Avec la signature du Pacte national de 1992, et le retour de la paix, le groupe se consacre à la diffusion de la culture touarègue leur musique évoquant autant l’amour du désert que les souffrances de leur peuple.

Tinariwen joue alors dans des festivals au Mali et commence à se faire un nom. Ils enregistrent alors deux albums en 1992 à Abidjan eten 1993 à Bamako. Leur leader de 1993 à 1999 est Mohamed ag Ansar dit "Manny", aujourd’hui directeur du Festival au désert. Des choristes intègrent le groupe, apportant une touche de féminité à ce groupe d’ex-rebelles, rappelant les tende, traditionnellement chantés lors des fêtes, dans les campements, par les femmes réunies autour d’une soliste. Parmi elles, la regrettée Wounou wallet Oumar, sœur de l’actuelle chanteuse Mina wallet Oumar. Leurs compositions ont circulé dans le Sahara pendant la rébellion touarègue. E

n 1999, leur participation au Festival Toucouleur à Angers, sous le nom de Azawad, lance leur carrière en Europe.

Leur The Radio Tisdas Sessions enregistré en deux jours à Kidal grâce à l’énergie solaire, par Justin Adams et les Lo’Jo sort en 2000. Amassakoul édité en 2004, leur ouvre les portes du monde. Il sera suivi de Aman Iman paru en 2007, est disque d’argent en Grande-Bretagne. Le groupe est bientôt soutenu par de grands noms du rock tels Robert Plant de Led Zeppelin qui se joint à eux lors d’un concert mémorable au Bataclan à Paris en 2007.

Le cinéaste français Jérémie Reichenbach, leur consacre un documentaire Teshumar, les guitares de la rébellion touareg grand prix 2006 du documentaire musical, de la SACEM.

En 2010, les Tinariwen participent au concert d’ouverture de la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud. En 2011, le groupe a obtenu un Grammy Award avec l’album Tassili.. Le 30 juin 2012, Tinariwen fait la première partie des Red Hot Chili Peppers au Stade de France.

Conflit malien et Ansar Dine

La même année, suite au conflit du Nord-Mali menés par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad, Eyadou ag Leche s’exprime dans un entretien à Libération :

«  Si on avait écouté nos textes, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Nous sommes un peuple pacifique, mais nous n’acceptons pas qu’on marche sur nos têtes. Depuis cinquante ans, nous demandons des écoles pour nos enfants, des puits pour nos bêtes, le droit de pâturer sur notre territoire. En cinquante ans, nous n’avons rien obtenu. »

En janvier 2013, Abdallah ag Lamida est enlevé par des membres du groupe islamiste Ansar Dine, alors qu’il rend visite à sa famille dans son village natal de Tessalit. Le groupe islamiste reproche au nouveau leader de Tinariwen de chanter la grandeur et la beauté de la culture Tamashek, Il sera libéré en février 2014, date de la sortie de l’album Emmar enregistré par le reste du groupe aux Etats Unis.

 

par   Nago Seck  2 septembre 2007 - © Afrisson