Afrisson

Biographie

Tony Allen

   Tony Oladipo Allen
Artistes Nigeria | Naissance : 1940 | Groupes :  Africa 70 | Styles :  Afro-beat - Afro-funk - World Music / Musique du Monde Site internet

Né le 12 août 1940 à Lagos (Nigeria) de parents Nigerians et Ghanéens, l’auteur, compositeur, arrangeur et batteur Tony Oladipo Allen aka Tony Allen a été influencé par le Ghanéen Kofi Ghanaba (né Warren Gamaliel Kpakpo Akwei aka Guy Warren), nourri de highlife mais aussi de modern jazz américain d’Art Blakey, d’Elvin Jones ou Max Roach. Précurseur, avec Fela Ransome Kuti (futur Fela Anikulapo Kuti), de l’afro-beat, un style qui marquera sa musique, Tony Allen dit le "batteur-araignée" est aussi l’un des pionniers de l’afro-funk (croisement de highlife ghanéen, funk, afro-beat, jazz, R&B, y intégrant parfois le dub, l’électro et le hip hop)...

Tony Allen, Fela Anikulapo Kuti, Africa 70 et l’afro-beat

Tony Allen commence à travailler comme technicien radio, tout en s’adonnant aux percussions et à la batterie. Il débute dans la musique, aux côtés de Fela Ransome Kuti, alors chanteur, comme batteur du célèbre trompettiste Victor Olaiya, figure emblématique de la scène nigériane des années 1950/1960. Par la suite, il joue avec les groupes Agu Norris & The Heatwaves, The Nigerian Messengers et The Melody Makers. En 1964, Tony Allen devient le percussionniste et le batteur de Koola Lobitos, le premier groupe de Fela Ransome Kuti, adepte de highlife, de jazz et de soul et de rhythm’blues. Ensemble, ils enregistrent Fela Ransome Kuti and His Koola Lobitos en 1969. Leur séjour, la même année, aux Etats Unis, où ils jouent avec des musiciens noirs américains et font la connaissance de militants des Black Panthers et du mouvement des Africins-Américains, déterminent leur engagement politique. A leur retour au Nigeria, Fela Ransome Kuti prend le patronyme d’Anikulapo et devient Fela Anikulapo Kuti, change le nom du groupe Koola Lobitos, rebaptisé Africa 70, et s’oriente vers un nouveau courant musical marqué par le jeu spécifique de la batterie, très polyrythmique, de son chef d’orchestre Tony Allen. Ainsi naît l’afro-beat, une fusion de juju nigérian des Yoruba, de highlife ghanéen, de jazz et de soul. Cette musique énergique désormais chantée en pidgin (ou broken english, sorte de créole à base lexicale anglaise parlée), soutenue par une impressionnate rythmique basse (batterie/guitare basse) et des percussions puissantes, est relevée par des guitares percussives et des envolées de cuivres envoûtantes.
Sans Tony Allen, il n’y aurait pas afro-beat”, disait Fela Kuti dans une interview au quotidien britannique The Independent. “Fela avait l’habitude d’écrire les partitions pour tous les musiciens de l’orchestre, mais moi, j’étais le seul à produire (créer) la musique que je jouais”, confie Tony Allen au même journal.
De 1970 à 1979, Tony Allen participe, en tant que batteur, chef d’orchestre, directeur artistique et souvent arrangeur, aux enregistrements d’une trentaine de disques de Fela Kuti, dont certains en tant que leader, avec Africa 70 : Jealousy (1975), Progress (1977), Jealousy / Progress (1978), No Accomodation For Lagos (1979).

Tony Allen en solo

Suite à des dissensions avec Fela avec qui il a sillonné le monde entier en compagnie d’Africa 70, Tony Allen décide de se lancer dans une carrière solo en 1979. Il monte alors son propre groupe, The Afro Messengers, avec lequel enregistre la même année, dans le studio de Phonogram à Lagos, No Discrimination produit par le label Shanu Olu Records (futur Grandstar). Ce disque signe le début de son émancipation par rapport à Fela Kuti et révèle son nouveau style musical : l’afro-funk : croisement de highlife ghanéen, funk, afro-beat, jazz, R&B. Tony Allen continue à jouer au Nigeria jusqu’en 1984 avant de rejoindre Londres (Angleterre) où il développe son afro-funk. Afin de toucher un plus large public, il y intégre le dub, l’électro et le rap. En 1984, il enregistre avec son groupe Afrobeat 2000 N.E.P.A. (Never Expect Power Always), un album enregistré et mixé au studio Addis-Ababa à Londres. Après des allers–retours entre Londres et Paris, Tony Allen s’installe en 1985 dans la capitale française où il va explorer diverses musiques expérimentales, enregistrer en 1989 sur le label Cobalt Afrobeat Express, un album afro-beat, afro-funk à la polyrythmie puissante, et développer une carrière internationale. En 1998, sa rencontre avec deux Français amoureux de musiques électro, Manu Boubli et Eric Trosset, au Cithéa où l’artiste est programmé aboutit à la création du label Comet Records par ces derniers. Constatant que ce virtuose de la batterie, de l’afro-beat et de l’afro-funk n’avait plus de maison de disques, ils décident alors de créer leur propre structure, après avoir contacté en vain des labels.

Collaborations diverses

Un an plus tard, ils produisent Black Voices, un opus aux couleurs afro-beat, funk, rock, hip hop, réalisé avec Sébastien Martel (guitare), César Anot (basse) et Liam Farrell aka Doctor L. (percussions), et acclamé par la critique. En 2001, sort The Allenko Brotherhood Ensemble, un opus réunissant des remix aux parfums techno-funk, électro-afro-beat, dub et rap de certains morceaux de Tony Allen initialement enregistrés avec son groupe Afrobeat 2000. Suit en 2002 Every Season, un single afro-beat, afro-rock, afro-funk, électro, hip hop, réalisé en featuring avec l’auteur, compositeur et pianiste anglais Damon Albarn (chanteur de Blur-Gorillaz). On retrouve ce dernier au chant sur “Every Season” de HomeCooking, un album afro-beat, funk, électro, dub, enregistré au studio Soho à Londres, avec, entre autres, Kehinde Allen aux chœurs, Show Boy aux sax ténor et baryton, Cesar Anot à la basse, Jeff Kellner à la guitare, Afola Bi Mufutau aux percussions, Anthonia Pagulatos au violon, Eska Mtungwazi aka Eska au chant (“What’S Your Fashion”) ou encore Ben Chijioke aka Ty au rap (“Every Season”, “Woman To Man”). Tony Allen Live (2004), réunit des titres interprétés au Commodore Ballroom à Vancouver, au Canada (1,2), à Montreux Jazz Festival, en Suisse (3,4,5,7) et au Forum Social Mondial à Sao Paulo, au Brésil (6).
Batteur expert à la polyrythmie puissante et inimitable, Tony Allen a collaboré avec de nombreux artistes, dont Charlotte Gainsbourg, Ernest Ranglin, Roy Ayers, Sébastien Tellier, Ray Lema, Paul Simonon et Simon Tong, King Sunny Ade ou encore Manu Dibango.

Lagos No Shaking, le retour aux sources

Pour l’enregistrement de son disque Lagos No Shaking, les responsables du label indépendant anglais Honest Jon’s Records et Tony Allen se sont rendus en 2006 à Lagos (Nigeria), pour qu’il y effectue ses premiers enregistrements depuis ses années passées avec Fela Kuti & Africa 70 (après 22 ans passés en Europe). On entend le doyen de la musique nigériane à la voix enrouée Olagunju Fatai Olayiwola aka Fatai Rolling Dollar né en 1926 sur “Awa Na Re”, une fusion de musique apala yoruba, d’afro-beat et de fuji des musulmans Yoruba, ainsi que de belles trouvailles rythmiques, notamment un duo batterie/percussions entre Tony Allen et le percussionniste Yinka Ogunye. Cet album afro-beat aux parfums soul music donnée par la chanteuse nigériane Yinka Davies, Lagos No Shaking est réalisé, entre autres, avec des musiciens tels que Onyeka Okorie (basse), Oscar Elimbi (guitare), Omoiolu Ogunleye (claviers), Yinka Ogunye (percussions), Rilwan Faqbeni (sax baryton), Deolu Ogunsanya et Lekan Animashaun (sax ténor), Fred Fisher (trombone), Biodun Adebiyi et Olufesobi Afoiabi (trompettes), sans oublier le rappeur Muritala Adise et les choristes Elizabeth Deacha, Iyabo Ganiyu, Joanne Emi, Larry Azuka et Mama Eke.

Tony Allen et Damon Albarn

En 2007, Tony Allen rejoint The Good, The Bad and The Queen, le nouveau groupe de son ami Damon Albarn avec lequel il tourne, puis rend hommage, sur l’opus In The Name of Love : Africa Celebrates U2 (2008), à l’Irlandais Bono, chanteur lead, guitariste et harmoniciste du groupe de rock U2 pour son angagement humanitaire en Afrique : annulation la dette des pays du tiers monde, lutte contre le SIDA, la tuberculose et la malaria, militantisme pour une meilleure réglementation du commerce équitable…

Après la sortie de Secret Agent (2009), Tony Allen est à nouveau avec Damon Albarn sur l’album Rocket Juice and The Moon (2012), aux côtés du bassiste Flea de Red Hot Chili Peppers, de la chanteuse Fatoumata Diawara ou du claviériste Cheick Tidiane Seck. L’année 2013 le participer à Red Hot + Riot, une compilation hommage à Fela Anikulapo Kuti.
Un an plus tard, en avant-première de son album Film of Life (2014 - Jazz Village), Tony Allen sort le 2 juillet le "Go Back", une ballade poignante écrite et composée avec Damon Albarn, invité ici au chant et aux claviers. Sur une trame rythmique sensuelle et hypnotique, les deux musiciens l’ont réalisée en hommage aux réfugiés d’Afrique qui échouent sur l’île de Lampedusa au large de l’Italie. Un nouveau joyau dans les aventures communes du génial touche-à-tout anglais et d’un des pionniers de l’afro-beat nigérian, qui ont démarré il y a plus de dix ans avec l’album Homecooking et se sont poursuivies avec The Good, the Bad and the Queen, Rocket Juice and The Moon et Africa Express.

 

par   Nago Seck - Sylvie Clerfeuille  7 mai 2007 - © Afrisson

Discographie

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Pat Thomas, la voix d’or du highlife en tournée européenne
A l’occasion de la sortie de son nouvel album, Pat Thomas and Kwashibu Area Band, Pat Thomas s’offre une tournée dans toute l’Europe et relance ainsi le highlife en compagnie d’une brochette de prestigieux pionniers comme Tony Allen, Osei Tutu et Ebo Taylor, un genre qui a séduit l’Afrique et le monde depuis les années 1950. Mais celui que l’on surnomme au Ghana « The Golden Voice of Africa » a choisi également de faire appel à des artistes de la nouvelle génération comme le bassiste Emmanuel Ofori, le percussioniste “Sunday” Owusu et la chanteuse Nanaaya. Pourn promouvoir l’album, le chanteur ghénéan s’offre une tournée européenne qui passe par l’Allemagne, l’Italie, la Hongrie et Paris, au New Morning le 8 Octobre 2015.
 
Charlotte MBango n’est plus
Quand un artiste disparaît, flotte dans l’air un parfum de musique, des instants de vie, des souvenirs associés à des moments de légèreté. Quand un artiste disparaît, c’est un peu de notre bonheur personnel qui l’accompagne. Charlotte MBango qui s’illustra à la fin des années 1980 sur les scènes africaines avec son tube « Konkai makossa » était aussi une adepte du gospel et des cantiques. Elle nous a quitté le 2 juin à la suite d’un diabète. Elle avait tout juste 49 ans. Paix à son âme.