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Biographie

Vicky Edimo


Bassiste phare de la scène congolaise et internationale, Vicky Edimo dit « le roi du slap » a influencé des artistes tels Etienne Mbappé et Richard Bona. Sa collaboration avec James Brown pour un album a fait de lui une star au pays.

D’abord guitariste au Castel, un club de Douala où il interprète du R&B, de la variété et du musette, Vicky Edimo se laisse rapidement séduire par la basse qui devient son instrument de prédilection. « J’aime la son de la basse, cette impression de solidité et d’indestructibilité qu’elle dégage ». Quand les artistes de Tamla Motown explosent sur la scène internationale, Vicky se jette sur tout ce qui sort, tombe amoureux des lignes de basse de James Emerson. « Quand j’écoutais un disque, je jouais exactement comme le bassiste puis une fois que j’avais parfaitement maîtrisé sa technique, je reprenais le morceau et je jouais selon mon feeling ».

Son slap fait le tour du Cameroun. Il devient rapidement le Marcus Miller du makossa et sur 100 disques qui sortent au pays, 80 ont son empreinte. En 1972, il entame des études bancaires à Paris et s’impose comme musicien de studio. « J’ai joué avec Johnny Halliday, Sacha Distel, Manu Dibango, Dalida, Les Gibson Brothers. Le studio m’a appris la rigueur, la précision ». En 1978, installé aux Etats-Unis, il est sollicité par James Brown et devient un mythe au Cameroun. « Je me suis retrouvé à jouer avec Bobby Bird et Vicky Enderson, j’ai en fait très peu vu James Brown ».

En dépit de sa notoriété, Vicky s’inscrit en 1980 à la Berklee School of Music. « Je voulais apprendre la composition et travailler le côté harmonique de la basse, j’ai fait des rencontres sympa comme Bruno da Costa, et James Gadson, le batteur de Quincy Jones. En 1981, j’ai joué au Fifty Five, à New-York, l’équivalent du Baiser Salé. On faisait beaucoup de boeufs. J’ai joué avec Vernon Reed de Living Colours, le trompettiste Wallace Rooney, Gerry Allen, Steve Coleman ».

Tournant le dos à l’Amérique, Vicky rejoindra plus tard Paris devenue la « capitale de la world music » où il sort en 2000 l’album Ongwanemo chez Zagora. Cet album fait suite à plusieurs 45 tours , « Onguele » en 1977, « You are too young » en 1978, « Let me love you tonight » en 1979, « This is my song » en 1980 sans oublier l’album « Thank you mama » en 1982. Dans cette oeuvre réalisée après plus de dix-huit ans d’absence discographique, ce gaucher génial compose, chante, arrange et se libère de la basse. A la même période, Il tourne un clip à Dakar (Sénégal) puis, en 2002, il travaille quelques mois comme chef d’orchestre au BURJ AL ARAB à Dubaï (Emirats Arabes).

De retour à Paris, Vicky travaille sur différents projets et en 2006, il participe au « Jazz Festival de Tabarka » en Tunisie, en première partie de Stanley clarke et George Duke et sort en 2007 en Jambo Afrika auquel participe Manu Dibango. En 2008, Viclky edimo participe à la tournée européenne et américaine de Fred Wesley et Pee Wee Ellis en hommage à James Brown.

Modèle de toute une génération de bassistes camerounais devenus des internationaux comme Etienne MBappé et Richard Bona, Vicky Edimo s’est imposé par sa musicalité extraordinaire et ses lignes de basse imprévisibles et inspirées. « Il a vraiment réussi à sortir la basse de ce jeu de quinte très terre à terre qui caractérise la makossa pour la mettre au premier plan » dit de lui Etienne MBappé.

 

par   Sylvie Clerfeuille  7 mai 2007 - © Afrisson

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