Afrisson

Biographie

Xalam


Groupes Sénégal | Création : 1969 | Site internet

Groupe référence de la scène sénégalaise par sa technique musicale, ses innovations et ses idées, Xalam, fondé en 1969, est sans conteste, avec Ifang Bondi et Ouza et ses Ouzettes , l’un des précurseurs du mbalax sénégambien moderne.

Une bande de copains

Une bande de copains de Dakar (Sénégal), de jeunes adolescents réunis par un nom, « Xalam » (lyre de 3 à 5 cordes) et une date, 1969, animent les fêtes de quartier de rythmes afro-cubain, reggae, R&B et variété internationale : Henry Guillabert (claviers), Ibrahima Coundoul « Brams » (voix, percussions), Abdoulaye Prosper Niang « Pros » (batterie, percussions, voix), Moussa Diong (voix), Abdourahmane « Abdou » Mboup (percussions) et plus tard Samba Yigo Dieng (guitare), Moustapha Cissé « Tapha » (percussions), Yoro Guèye (trombone), Ansoumana Diatta (sax, percussions, voix), Baye Moussa Babou (basse)….Il faut six ans et une tournée avec Hugh Masekela et Miriam Makeba à travers le continent pour que se dessine le projet de créer leur propre musique.

Mbalax jazz rock

Après plusieurs années de recherches dans les villages du pays, « Xalam » bouleverse le paysage musical sénégalais. Ils introduisent la notion de concerts et crée à partir de leurs propres référents culturels, une musique ouverte aux autres courants. Passe alors sur les ondes de la radio nationale ce nouveau genre aussitôt appelé « mbalax-jazz-rock » : une rythmique mbalax jouée avec des sabars, tamas, djembés et sahouroubas sur laquelle se greffent du jazz, du R& B, du rock et des rythmes du terroir (« yela » halpulaar, musique mandingue, sahourouba et beat « diola » casamançais...Leurs morceaux deviennent des tubes : « Mbaye Sasu », « Andado », « Daïda », « Yumbèye », « Bëre Daxu gor » sont chantés en wolof, mandingue, créole capverdien, halpulaar…Composé de membres d’origines diverses (wolof, capverdienne, mandingue, diola, halpulaar), Xalam (dit Xalam II) connaîtra vraiment la célébrité à la séparation de ses aînés du groupe Xalam I.
Invité au festival Horizonte de Berlin 1979, le groupe fait résonner depuis les loges ses tambours wolofs (sabars) amenant progressivement la rythmique mbalax, sa référence constante vers une structure jazz-rock donnée par les claviers (Henry Guillabert), guitares basse et solo (Yigo, Baye), cuivres (Yoro), entrecoupés de solos de sabars (Tapha) pour accélérer ou relever le tempo. Nous sommes en 1979 et leur disque « Ade » fait un tabac en Afrique de l’Ouest avec des thèmes sur les maux de l’Afrique, les problèmes des jeunes (enfants des rues et « talibés »), les politiciens véreux, les « paradis fiscaux », l’unité, la paix…L’année suivante, ils jouent au festival de jazz de Gorée en compagnie de Dizzie Gillespie, Dexter Gordon, Stan Getz et Kenny Clark.

Disney et le cinéma

En 1981, ils sont choisis par les Productions Walt Disney pour participer à un film consacré aux musiques africaines puis composent l’illustration sonore du pavillon d’Afrique à Epcot en Floride (Disney World). Fin 1982, ils sont au Ridge Farm Studio de Londres pour enregistrer et mixer « Gorée », une page sombre de l’histoire du monde.

 

par   Afrisson  10 mai 2007 - © Afrisson