Afrisson

Biographie

Youssou Ndour


Artistes Sénégal | Naissance : 1959 | Site internet

Ambassadeur de l’Unicef, de la FAO et du BIT, locomotive du mbalax, auteur, compositeur, arrangeur, chanteur et percussionniste, Youssou Ndour dit « You » a largement contribué à valoriser et à faire connaître le courant musical le plus populaire du Sénégal.

Ndour contre Ndour

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Né le 1er octobre 1959 à la Médina à Dakar, un quartier populaire de Dakar, Youssou Ndour est issu, du côté maternel, d’une famille de célèbres chanteurs du Sénégal. Surnommé le « Gawlo » (il est griot par sa mère et noble par son père), le jeune artiste fait ses classes en chantant dans les kassaks et les fêtes de circoncision. Au début des années 1970, il intègre le Sine Dramatique, la troupe théâtrale de la Médina où il est repéré, à 13 ans, par Pacheco de Dounia Orchestra qui en parle à son ami Charly Diop du Diamono qui l’engage comme chanteur.
Lors d’un concert de soutien à la famille du défunt chef d’orchestre du Star Band, Papa Samba Diop alias « Mba », à Saint-Louis, Youssou Ndour interprète un morceau dédié à son idole. Aussitôt, il est adopté par le public local qui découvre la voix juvénile et haut perchée du jeune chanteur. Encensé, bientôt, par la radio nationale qui salue son timbre déjà exceptionnel, il devient rapidement une vedette de la scène nationale mais se heurte très vite à l’opposition paternelle qui préfère le voir poursuivre ses études. L’adolescent s’entête et rejoint en 1974 le Diamono de Dakar avec Babacar Faye dit « Mbaye Dièye Faye ». Un an plus tard, il « fugue » en partant avec ce groupe pour un concert à Banjul (Gambie) sans prévenir ses parents. Sur décision paternelle, il rentre au bercail entre deux gendarmes. A son retour, il réussit après moult explications à convaincre son père de le laisser poursuivre sa passion et s’inscrit à l’Ecole des Arts de Dakar, section musique. En 1976, alors qu’il n’a que 17 ans, conseillé par son père, il signe un contrat avec Ibra Kassé, le patron du club Miami, et intègre le Star Band de Dakar, orchestre mythique du pays. Auprès de musiciens chevronnés, Youssou Ndour se perfectionne et devient bien vite le chouchou des mélomanes sénégalais. Conscient de son talent et surtout guidé par son ambition, il tente de renégocier son contrat mais se heurte au refus de Kassé. C’est la séparation au bout de trois ans.

Etoile de Dakar

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En 1978, Youssou Ndour (« You » pour les intimes) rencontre l’auteur, compositeur et chanteur, El Hadji Faye, et ensemble ils décident de fonder l’Etoile de Dakar, avec Badou Ndiaye (chef d’orchestre, guitare), Babacar Faye dit Mbaye Dièye Faye (percussions), Assane Thiam (tama = talking drums), Kabou Guèye (basse), Abdou Fall (timbales), Alla Seck (choeurs, maracas, animateur), Eric Mbacké Ndoye (voix, chœurs), Alpha Seyni Kanté (guitare rythmique), Matar Guèye (congas) et Rane Diallo (sax), Diogomaye (sax)…A cette période où l’afro-cubain est encore dominant dans le pays, l’Etoile de Dakar, conscient de la nécessité de créer une musique urbaine sénégalaise, tente de trouver sa voix, s’éloignant de plus en plus des titres à sonorités cubaines comme « El hombre misterioso » d’Eric Mbacké Ndoye.

Le mbalax

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Sur le sillage de leurs aînés (Xalam de Dakar, Super Eagles de Banjul (actuel Ifang Bondi) et Ouza Diallo), précurseurs d’un afro jazz rock intégrant des rythmiques de « sabar » wolof et d’autres sonorités africaines, Youssou Ndour et l’Etoile de Dakar lance un courant musical, le « mbalax ». Compromis entre chants, mélodies et rythmes directement tirés du « sabar » (nom du rythme, de la danse et des tambours wolofs du Sénégal) et de petites doses de jazz, pop, rock, soul et funk, le « mbalax » est joué avec des instruments traditionnels (sabars, tama des Laobés (bûcherons), djembé...) et modernes (guitare, basse, batterie, claviers, cuivres). Les Sénégalais se reconnaissent bien vite dans cette musique proche de leur sensibilité culturelle et gravée la même année sur Xalis (l’argent). Composé par Badou Ndiaye, le titre « Xalis » va asseoir la notoriété de Youssou Ndour à la voix de soprano et devenir son premier tube national. On découvre dans cet album des titres comme « Laye souma Laye » de Fatou Kassé, « Sama xalatu adouna » chanté par El Hadji Faye, « Banana » de Sallo Dièye ou encore « Thiely », une reprise du fameux tube de Pape Serigne Seck interprété par Youssou Ndour. Dans « Nit kou gnoul » (l’homme noir), un titre sur l’exploitation (cassette « Tolou Badou Ndiaye » - 1980), Youssou Ndour « règle ses comptes » avec son ancien boss Ibra Kassé. Jusqu’au milieu de l’année 1981 et des divergences de vue sur le professionnalisme et le sérieux entre Youssou Ndour et El Hadji Faye, l’Etoile de Dakar enregistre plusieurs titres devenus des classiques au Sénégal : « Thiapathioly » (Youssou Ndour), « Diandioli » et « Defal gnou guiss » (Eric Mbacké Ndoye) ou « Dounya » (El Hadji Faye)...

Super Etoile / Marc Samb

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Le trompettiste Marc Samb décédé en 1982

Youssou Ndour décide alors de voler de ses propres ailes en créant le groupe Super Etoile de Dakar avec Ousseynou Ndiaye dit « Ouzin » (voix), Alla Seck (voix, animation), Jimmy Mbaye (guitare solo), Assane Thiam (tama – talking drums), Pape Omar Mgom (guitare rythmique), Kabou Guèye (basse), Rhane Diallo (sax, voix), Maguette Dieng (batterie), Marc Samb (trompette), Mbaye Dièye Faye (percussions sabars), Benjamin Valfroi (claviers), Nicolas Menheim (voix) - plusieurs de ses artistes comme Ouzin Ndiaye, Mbaye Dièye faye, Jimmy Mbaye enregistreront des albums solos...
Youssou Ndour et le Super Etoile se tournent alors vers un « mbalax » plus « roots » et enregistrentent pour Les Editions Madingo des titres devenus des classiques : « Walo », « Indépendance », « Ndakaru »…Ils lancent ensuite de nouvelles danses comme le « ventilateur » (un tournoiement des fesses à la manière d’un ventilateur en action) et le « xapati », une danse aérienne consistant à soulever une jambe après l’autre avec une rotation des hanches. En 1982, l’année où le talentueux auteur, compositeur et chanteur Manel Diop les rejoint, le groupe est frappé de plein fouet par la disparition tragique de leur excellent trompettiste, Marc Samb. Aussitôt, Youssou Ndour et le Super Etoile lui rendent hommage dans leur 7ème volume À la mémoire de Marc Samb (Daby).

Sorano / Demba Diop / Taximen sénégalais

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Youssou Ndour et le Super Etoile de Dakar
photo : Mi Yoko

Après avoir révolutionner le rythme et la danse populaires wolofs, Youssou Ndour tente d’en faire autant sur le plan professionnel en 1983 : il acquiert à Dakar son propre club, le Thiossane, crée la Saprom, la Société Africaine de Production Musicale, salarie son personnel (une trentaine comprenant musiciens, roadies, techniciens et administratifs) et lance plus tard son propre label de production, Jololi.
Les premiers concerts majeurs de Youssou Ndour et le Super Etoile ont lieu au théâtre Daniel Sorano puis au stade Demba Diop à Dakar. Son répertoire musical et linguistique s’est développé : Youssou Ndour chante en bambara, en sérère, en halpulaar et bien sûr en wolof. En 1983, il sort pour la première fois du Sénégal et se produit à Bamako où, dès son arrivée à la gare, il rencontre une vieille dame qui lui prédit son avenir. En remerciement de prédictions qui se sont avérées, il lui dédiera dans Gaïendé le titre « Bamako ». En décembre de la même année, il s’offre son premier concert français au club Phil’One à La Défense, invité par l’Amicale des chauffeurs de taxi sénégalais de Paris dont un certain Moustapha Ndiaye dit « Tapha » qui deviendra un de ses managers européens. Ses compatriotes installés dans la capitale française découvrent alors sa magnifique voix griottique aux multiples octaves.

Higelin / You / Mory

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Youssou Ndour (face), Jacques Higelin (piano) et Mory Kanté

Quelques mois plus tard, il réalise sa première tournée européenne qui s’ouvre sur le festival Africa Fête de Mamadou Konté le 18 mai 1984 à l’Espace Balard à Paris, avec le groupe ghanéen Osibisa à l’affiche. La communauté sénégalaise venue de plusieurs pays d’Europe, les médias et le public français sont aussitôt séduits par les tenues traditionnelles des musiciens, la voix haut perchée de Youssou Ndour et le « mbalax » sénégalais. Cette polyrythmie frénétique à base de tambours sabars wolofs sera gravée par Celluloïd/Mélodie pour un premier album international, Immigrés/Bitim rew. C’est le succès immédiat. Suivent deux concerts mémorables à Lilles et à Lyon puis une tournée européenne (Allemagne, Scandinavie, Angleterre…), l’occasion de rencontrer pour la première fois la pop star anglaise, Peter Gabriel avec qui il va se lier d’amitié. A leur retour au bercail, Youssou Ndour et le Super Etoile sont invités en Côte d’Ivoire et en Mauritanie avant de se rendre au Printemps de Bourges 1985. Invités par Jacques Higelin, Youssou Ndour et le Super Etoile et Mory Kanté assurent, une vingtaine de soirs durant (12 septembre/12 octobre), les premières parties du chanteur français au POPB (Palais Omnisport de Paris Bercy).

Peter Gabriel et Alla Seck, l’ami disparu

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Alla Seck décédé le 14 juin 1987 en pleine tournée

La fin de l’année le voit occuper le Théâtre de la Ville de Paris pendant une semaine puis participer au Maxi 45T, « Tam-tam pour l’Ethiopie », une opération initiée par Manu Dibango en soutien à la lutte contre la famine qui frappe ce pays. L’année 1985 voit Youssou Ndour signer l’une de ses oeuvres les plus funky, le Maxi 45T, The Rubberband Man/Nelson Mandela et organiser dans le tout nouveau stade de l’Amitié à Dakar un concert de solidarité pour la libération de Nelson Mandela. Après la sortie, en 1986, de Jamm (la paix) et de la compilation Djamil (inédits 1984/1985) chez Mélodie, Youssou Ndour et le Super Etoile rejouent plusieurs soirs au Théâtre de la Ville à Paris, s’envolent pour l’Amérique et le Canada où ils sont salués par la critique, notamment par le Time Magazine et participe au titre « In your eyes » de l’album So de son ami Peter Gabriel. Un an plus tard, Youssou Ndour et son groupe font les premières parties de la tournée européenne et américaine de l’Anglais, dont une soirée mémorable au Madison Square Garden de New York. Mais un drame vient frapper le groupe en pleine tournée avec le décès, le 14 juin 1987, du chanteur, danseur et animateur, Alla Seck. Youssou Ndour et le Super Etoile de Dakar lui rendront hommage à travers leur 13ème volume, Kocc Barma (1987).
Si « You » et le Super Etoile ont la douleur de perdre un grand ami, ils tirent de cette expérience internationale une sérieuse formation à la scène, aux nouvelles technologies et à la langue anglaise.

Solidarité, droits de l’homme et écologie

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Son évolution professionnelle se double d’une confirmation de son ouverture aux problèmes qui touchent le continent. Youssou Ndour se lance bientôt dans des missions de solidarité, monte une tournée nationale pour récolter des fonds destinés aux écoles, participe en 1988 à la tournée Amnesty International, « Human Rights Now ! », en compagnie de Sting, Tracy Chapman, Bruce Springsteen et bien sûr de Peter Gabriel. Reconnu par ses pairs et sur la scène mondiale, « You » enchaîne alors les tournées (USA, Mexique, Japon, Australie, Europe, Afrique...) et les albums à succès comme Gaïendé (le lion), un album produit en 1988 et qui fait référence à l’emblème du Sénégal. La même année, Youssou Ndour pose ses percussions sur les titres « We are the wave », « Amandla » et « Sisiwami (sweet sister) » de l’album Paradise in Gazankulu de Harry Belafonte.
En 1989, il sort internationalement The Lion (Gaïendé), une production de son compatriote Georges Acogny qui mêle mbalax, soul, jazz et funk. On y retrouve Peter Gabriel dans le titre « Shaking the tree ». Set (propreté), produit en 1990 par Michael Brook, traite d’écologie, d’environnement et de paix : le titre de l’album, « Set », parle d’hygiène, « Jaam » (la paix), composé en 1986, est une chanson sur l’unité et le désarmement tandis que « Toxiques » est une dénonciation du déversement des déchets toxiques sur le continent africain. Son leitmotiv, « Set-Setal » (être propre et rendre propre), provoquera une gigantesque prise de conscience de la jeunesse sénégalaise qui entreprend de nettoyer les villes, quartiers par quartiers. L’année suivante, « You » fonde à Dakar, à l’initiative de son frère Bouba Ndour (un de ses managers) l’un des studios les plus perfectionnés du continent, Xippi (ouvrir l’œil, conscience), qui donne son nom à la première cassette qu’il y enregistre. La jaquette de celle-ci arbore un grand X, un clin d’œil à l’engouement des jeunes Noirs Américains pour Malcom X. Il enregistrera dorénavant la presque totalité de ses albums dans son studio. Le 3 avril 1991, l’enfant de la Médina devient une voix importante pour les enfants en étant nommé Ambassadeur Itinérant de l’Unicef.

Youssou Ndour et Spike Lee

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En 1992, Youssou Ndour participe à la Journée de la Terre au Foxboro Stadium de Boston puis sort des remix de Xippi et des inédits qui lui valent une nomination aux Grammy Awards : Eyes open, un CD au beat flamenco, halpulaar, rap, funk et bien sûr mbalax, co-produit par le claviériste Jean-Philippe Rykiel et le bassiste Habib Faye, laisse apparaître le cinéaste Spike Lee, un des producteurs exécutifs du CD et fondateur du label « 40 acres and a mule » (en référence à la promesse mensongère qu’Andrew Johnson faisait aux esclaves affranchis). Titre phare de cet opus, « Live Television » (« Live TV ») dénonce les séries télévisées américaines comme « Dallas » (véritable opium du peuple sénégalais) et l’absence de programmes culturels. Suivent Bir Sorano 93, l’album live de son concert au théâtre Daniel Sorano, et trois réalisations en 1994 : Undecided au beat électro/dance/mbalax coproduit et co-réalisé avec Deep Forest d’Eric Mouquet et de Michel Sanchez, Jean-Philippe Rykiel et Habib Faye, The Best of Youssou Ndour regroupant des remix des disques Immigrés, Set et The Lion (Gaïende) et l’album de la consécration, The guide (wommat en wolof).
Titre pop extrait de l’album, le single 7 seconds, chanté en duo avec la suédoise Neneh Cherry, devient bien vite un disque d’or puis un méga tube vendu à plus de 3.000.000 d’exemplaires. Il sera d’ailleurs nommé Meilleure chanson mondiale aux European MTV Awards 1995 et sera primé en Hollande. Quant à « Chimes of freedom » (les carillons de la liberté), c’est une adaptation d’un titre de l’album Another side of Bob Dylan paru en 1964 chez Columbia, leur label commun. La même année, Youssou Ndour et le Super Etoile enregistrent Diapason + 95 dont « Casamance », un appel à la paix et à l’unité en Casamance puis croise ses intonations wolofs à celles, sérères, de la diva Yandé Codou Sène dans Gaïende - Voices from the heart of Africa. Un an plus tard, il est sacré Meilleur Artiste Africain aux Kora Awards à Sun City en Afrique du Sud.

Reconnaissance institutionnelle

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En 1997, année de la parution chez Mélodie de Best of 80’s, Youssou Ndour est choisi par le Comité d’Organisation de la Coupe du Monde de Football 1998 en France dirigé par Michel Platini pour composer l’hymne officiel de ce grand évènement sportif. Youssou Ndour invite alors la chanteuse belge, Axelle Red, pour un duo sur le single La Cour des grands (A ton tour de jouer). Le 11 décembre, les deux artistes l’interprètent à la remise du Prix Nobel de la Paix à Oslo en Suède. Un an plus tard, il met en musique « Kirikou », une chanson écrite par Boubacar Mendy pour la bande originale du dessin animé « Kirikou et la sorcière ».
Fidèle à sa fusion mbalax/pop et aux collaborations qui lui ont tant réussi, il enregistre en 2000, Joko (from village to town), dont le magnifique « Birima » avec de jeunes choristes sénégalais. Mais « Birima », c’est surtout l’histoire de Birima Fatma Thioube, le Damel (roi) du Cayor (royaume de l’ex empire Djolof) mort en 1832. Son frère Meïssa Thinde Dior Samba lui succédera au trône.
Youssou Ndour réalise ensuite plusieurs duos : « Don’t walk away » avec Sting, « This dream » avec son ami Peter Gabriel, « How come ? » et « Birima » (remix) avec le producteur, rappeur, reggaeman et chanteur d’origine haïtienne Wyclef Jean. Le 21 octobre 2000 le voit drainer son nombreux public au Palais Omnisport de Paris Bercy pour Le grand bal à Bercy. Ce rendez-vous aura lieu annuellement.
A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Alimentation, le 16 octobre de la même année à Rome, Youssou Ndour est nommé, en même temps que l’actrice chinoise Gongli, Ambassadeur de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), en présence de Miriam Makeba, Dee Dee Bridgewater et la comédienne italienne Gina Lollobrigida, toutes trois nommées l’année précédente. Moins d’un mois après, le 8 novembre, il devient Ambassadeur Honoraire de la Campagne Mondiale de l’O.I.T (Organisation Internationale du Travail) contre le travail des enfants. Février 2001 le voit s’associer au HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) pour la direction artistique de Building Bridges, un album réalisé avec plusieurs autres artistes et dont la recette des ventes est entièrement destinée à financer des projets dédiés à l’éducation des enfants réfugiés. Quelques mois plus tard, Youssou Ndour enregistre pour l’association française Aide et Action, « La ronde des écoliers du monde », une chanson qu’il intègre dans la compilation Youssou Ndour et ses amis enregistré au profit de l’Association Ecoliers du Monde.

Egypt : Grammy Award

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Après la sortie et la tournée, en 2002, de Nothing’s in vain (Coono du réér) (« le travail paie toujours » en wolof) dont est extrait le single, « So many men » (tant de monde), en duo avec le Français Pascal Obispo, Youssou Ndour est aux côtés de ses voisins marocains touchés par le tremblement de terre qui a secoué la région d’Al Hoceima le 24 février 2004. La même année, il rend hommage au prophète Mohamed et aux dignitaires religieux sénégalais dans Sant Allah (merci à Dieu). Sorti internationalement sous l’intitulé Egypte, croisement de mélodies, rythmes et instruments sénégalais et orientaux, cet album co-réalisé avec l’orchestre cairote de Fathy Salam (co-producteur du CD) lui vaut le 13 février 2005 aux Etats Unis un Grammy Award dans la catégorie Musiques du monde. Entre-temps, il enregistre, avec le soutien de sa Fondation Youssou Ndour, 4.4.44, comprenant un duo avec Ouza Diallo (« Défilé ») et des titres de Pape & Cheikh (« Ande »), de Tity (« Damay latche ») et de Sidy Samb (« Nda–Ndan »). En avril 2007, il réalise pour Global Voice, Alsaama day, un album mbalax pure souche reflétant les mutations de la société sénégalaise, et au-delà, africaine...La même année, dans le cadre de la mobilisation pour le dénouement de la crise au Darfour, il participe, avec plusieurs autres artistes, à Make some noises, une reprise de l’album Imagine de John Lennon, interprétant « Jealous Guy ».
Artiste éclectique et prolifique (il sort généralement au Sénégal deux disques par an), « You » fait la part belle aux sonorités pulaar (peules) du Nord Sénégal dans Rokku mi Rokka (Give and take) (donner et recevoir en halpulaar), un double album sorti six mois plus tard. On y retrouve le titre « 4.4.44 » composé pour le 44ème anniversaire de l’indépendance du Sénégal qui a eu lieu en 1960.
Depuis le 13 février 2008, Youssou Ndour a lancé un programme de micro crédit appelée Birima et qui a pour but « d’offrir des services financiers adaptés, et dans la mesure du possible, sans garantie (PME, commerçants dont les besoins ne sont ni couverts par les banques, ni par les institutions de micro finance). »

J’apporte ce que j’aime

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La même année, « Youssou Ndour : I Bring What I Love » (J’apporte ce que j’aime), le film documentaire d’Elisabeth Chai Vasarhelyi retrace sa vie et son oeuvre depuis l’enregistrement du disque Egypt (2004), avec Peter Gabriel, Moustapha Mbaye, Kabou Guèye et Fathi Salama. Prix Spécial du Jury à la 2ème édition du Festival International du Film du Moyen Orient à Abou Dhabi (10 au 17 octobre), cette réalisation apporte un éclaircissement sur la vision musicale de l’artiste sénégalais : J’ai « toujours voulu faire des musiques aux styles différents et ceux qui ne comprennent pas cela ne comprennent pas ma démarche... »

« You » le boss

Propriétaire de nombreuses sociétés dont un club (Thiossane), un studio d’enregistrement (Xippi), une radio thématique (Set FM), un site internet, une usine de production de cassettes, une fondation (Fondation Youssou Ndour) et un label (Jololi) qui produit les nouveaux talents de la scène nationale comme les jeunes rappeurs et chanteurs, Youssou Ndour qui fait travailler près de 170 personnes est non seulement l’une des locomotives de la scène sénégalaise mais aussi un artiste engagé et un homme d’affaires averti.

* Crédits photos : Michel Bocandé (Youssou Ndour)
Terrasson (Higelin/You/Mory)

 

par   Nago Seck  9 mars 2008 - © Afrisson

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Youssou Ndour
 

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Youssou Ndour
 
Salif Keïta rentre dans la légende

Avec la sortie simultanée d’un nouvel album, Différence et de deux biographies, Salif Keïta, la voix du mandingue et Salif Keïta, l’ambassadeur de la musique du Mali, l’interprète de Mandjou est sans aucun doute l’artiste du moment. Le Sénégal baigne dans la nostalgie avec la disparition de Bira Gueye, compositeur de l’hymne du Festival mondial des arts Nègres avec le titre « Festival » et la sortie de "disques mémoire". Omar Pène nous offre en effet un nouvel album 25 ans, plongée nostalgique dans l’aventure du Super Diamono tandis que Youssou Ndour, propose en sortie nationale Spécial fin d’année 2009, une série de réenregistrements dont le très beau « Less ». On parle également d’un projet de collaboration de la star sénégalaise avec Cat Stevens pour un hommage à Bob Marley (information encore très confidentielle). Dans l’émergence de nouveaux talents, on peut signaler le jeune artiste malien Pedro Kouyaté, et son album One, Ahmed Cissé fan de jazz et de warba dans Teng Taaga, et Paco Koné, qui rend hommage à Thomas Sankara dans Ko Tesse. Saraaba, l’espace culturel africain de Paris, vient de fêter sa première année d’existence, programmant de nombreux musiciens de la diaspora ou de passage en France, un premier anniversaire salué par Le Monde. Au programme des prochains mois, une semaine en Mars sur la culture touareg avec en vedette Sidi Ag Issa et le groupe Tiwitine et un week-end en Avril sur le Zimbabwe avec à l’honneur le mbira, instrument clé des Shona et l’artiste parisienne Chengetaï.

Bonne lecture.et bonne écoute .....