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Zambie

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PaysSite internet  | Indépendance-Libération : 1964 | 

752.614 km² - 11.658.000 h

Musiques traditionnelles : un patrimoine riche

Les musiques traditionnelles zambiennes sont variées : elles servent à enseigner, guérir, à faire appel aux esprits et à s’amuser. Elles présentent de nombreuses techniques musicales comme les polyrythmies, les polyphonies et les chants en répons. Malgré leur déclin, ces musiques jouent encore un rôle de premier plan, influençant des formes contemporaines comme le kalindula dont le jeu de basse est calqué sur le jeu du mbabadoni ou kalindula, basse traditionnelle à 4 cordes.
Les musiques traditionnelles s’appuyent sur plusieurs types d’instrument. Les tambours (du nom générique ngoma) sont de toutes tailles et de tous usages : ainsi « le lion drum » (Namalwa in Tonga), un tambour frotté à l’aide d’une baguette glissée dans la tête du fût est utilisé dans les cérémonies funéraires. Le budima de la Tonga Valley, série de petits tambours en forme de gobelets alignés et de taille différente, sert lui-aussi à rythmer les funérailles. Le silimba de l’Ouest de la Zambie est un xylophone à 17 clés. Instrument du voyageur ou instrument mystique chez certains peuples, le piano à pouces est largement pratiqué en Zambie et se nomme différemment selon les peuples : « kankobela » chez les Tonga, « kalimba » chez les Nsenga, « kathandi » chez les Mbunda, « chisanzhi » chez les Lunda. On trouve aussi dans la Tonga Valley des cornes comme le « nyeele » et le « kalumbu », un arc musical que frappent les jeunes hommes en quête d’épouses.

Un collectage remontant aux années 1950

Les musiques traditionnelles zambiennes ont fait l’objet d’enregistrements multiples dont les premiers remontent aux années 1950. Le musicologue sud-africain Hugh Tracey se focalise en 1958 sur la région du Zambèze tandis que son homologue, Arthur Morris Jones enregistre de nombreuses musiques de la province méridionale de Mapanza. Deux Missionnaires catholiques, JJ Corbeil et Wafer Frank ont également contribué au collectage de la musique zambienne. Le Père Corbeil a recueilli de nombreuses musiques du peuple Bemba du nord du pays. Le père Wafer Frank, un prêtre jésuite basé à Chikuni, a collecté la musique Batonga. Sa mission a créé une radio communautaire dédiée à la promotion de la culture Batonga et organise chaque année un festival dédié à cette culture et qui attire 10.000 visiteurs. Dans les années 1990, le britannique Michael Baird, né en Zambie, batteur et fondateur du label SWP a sorti une série de 22 cds intulée Historical Recordings by Hugh Tracey of African music from the 40’s and 50’s, incluant des enregistrements du fameux musicologue sur les musiques d’Afrique centrale, orientale et australe. Il a lui-même réalisé entre 1996 et 2008 des enregistrements au Zimbabwe, au Lesotho et dans le sud de la Zambie. Des musicologues zambiens ont complété ces premiers collectages et ouvrages sur les musiques zambiennes. Formé à UCLA (Etats Unis), Mwesa Isaïe Mapoma s’est spécialisé dans les musiciens de cour du peuple Bemba et leur influence dans la musique des congrégations chrétiennes Bemba. Joseph Ng’andu, un spécialiste des musiques du peuple bemba, est enseignant au département musique de l’Université Adventiste de Zambie. John Anderson Mwesa est spécialiste des musiques chrétiennes, du silimba, et a publié un ouvrage sur le rôle pédagogique de la musique en Zambie.

Les années 1960 : naissance d’une industrie

A l’indépendance en 1964, la scène nationale est alors sous l’influence de la rumba congolaise qui fait danser tout le continent. Le grand diffuseur de la musique est la Zambia Broadcasting Service et le groupe de la radio, Lusaka Radio Band devenu The Gold Big Six. A la même période, apparaissent les premières maisons de disques ; la plupart des enregistrements sont alors réalisés dans les studios de Peter Msungilo de DB à Lusaka, et les albums pressés à Ndola par Teal. Le personnage clé de cette période est Alick Nkhata. Auteur, compositeur, arrangeur, guitariste, musicologue, journaliste, directeur adjoint de la Radiodiffusion et directeur des Services Culturels de la Zambie, Alick Nkhata, influencé par le jazz, le blues et le gospel, a enregistré des centaines de titres du patrimoine musical de son pays, du Malawi et du Zimbabwe.

Les années 1970 : l’époque du zamrock

Dans les années 1970, le président Kenneth Kaunda désire édifier un sentiment d’identité nationale et ordonne que 95% de la musique diffusée à la radio soient zambiennes. Mais les artistes négligent le patrimoine national et se tournent vers les musiques importées, en imitant les stars du rock, de la soul et du funk. Ils lancent bientôt le « zamrock », fusion de rock, de soul, de funk et de rythmes africains.
Le copperbelt, la ceinture de cuivre au nord du pays, est alors une région phare sur le plan musical et se rend célèbre grâce à ses guitaristes et chanteurs : John Lushi, William, Stephen Mapulanga Tsotsi Kasumali, Paul Ngozi, Rikki Lilonga et surtout Jaggari Chanda, leader du groupe The Witch et star du zamrock. Amanaz , the Witch et Paul Ngozi voit leurs oeuvres rééditées dans les années 2010 par un label californien.

Les années 1980 : l’émergence du kalindula

Au milieu des années 1980, le kalindula fait son apparition, devenant la première musique urbaine puisant dans le répertoire national : les stars du genre sont Masasu Band, Serenje Kalindula & Junior Mulemena Boys, Distro Kuomboka, John and Joyce Nyirongo, Mashombe Blue Jeans, Shalawambe, et surtout Amayenge, considéré comme le groupe phare du genre...Un festival de musique traditionnelle est organisée chaque année par la Chikuni Radio Station de Chikuni au sud du pays. Les têtes d’affiches de ce folk revival sont Green Mamba et Mashombe Blue Jeans. Des artistes dont Alfred Chisala Kalusha Jr. s’inspirent de l’infuku, la musique traditionnelle du peuple Bemba.

Les années 1990 : la crise

Dans les années 1990, la crise économique que traverse le pays provoque l’effondrement de l’industrie de la musique zambienne. La fermeture en 1993 de l’usine de la maison de productions Teal qui presse alors la grande majorité des disques zambiens et l’abandon des réglementations sur la diffusion de la musique zambienne favorise les musiques importées comme le ragga et reggae de la Jamaïque, le hip hop et le R & B venus des États-Unis. Un label, Mondo Music Corporation, ouvre ses portes à Lusaka, accueillant dans son écurie des artistes marqués par ses courants comme JK, K’Millian, Danny, Tribal Cousin, Shatel, Joe Chibangu, Black Muntu, Tasila Mwale, Chilu Lemba, adeptes du Zambeat ou Zed Beat (mélange de pop, de rap, de soul et de kalindula), et Daddy Zemus, pionnier du zam ragga, mais revalorisant dans une série de classiques les grands noms de la musique zambienne comme Akim Simukonda. Chaque année, les Ngoma Awards récompensent les meilleurs artistes du pays révélant des artistes comme K’Millian.

Le Banjo

Un nouveau style musical puisant dans la tradition de picking de certaines guitares traditionnelles est le zambian banjo, un genre musical pratiqué avec une guitare de fortune ou traditionnelle (mbabadoni) aux tailles, aux accords et aux nombres de cordes variables. Il se joue en picking avec deux ou trois doigts. Un expatrié, basé en Belgique, Dominic Kakolobango, opère un folk blues imprégné de kalindula. Maureen Lupo Lilanda propose un style au carrefour de la soul music, du jazz, reggae et des musiques africaine, Mumba Yachy, héritier des guitaristes des années n1950 opte également pour l’afrofolk. Uncle Rex relance le jazz

Le nouveau souffle des Les musiques chrétiennes

Sous l’influence des sonorités nouvelles, les musiques chrétiennes évoluent elles-aussi, donnant naissance à deux courants, le « gospel urbain contemporain » et « la musique chrétienne contemporaine », intégrant des instruments comme le synthé et des chants interprétés dans diverses langues de Zambie. Ainsi émergent aujourd’hui des groupes comme The Glorious Band, Zambian Acapella brothers et Glorious Hosanna Band...L’Eglise Adventiste du Septième Jour impose son propre système de notation musical, le tonis sol fa, et reprend nombres d’hymnes venus d’Europe et des Etats-Unis. The Heritage Singers Choir et Heritage Brothers sont les deux principales formations représentantes de ce courant musical. Ephraim est un des artistes de gospel les plus populaire de Zambie.

Sources :

- http://journals.cambridge.org/actio...
- http://www.swp-records.com/Profiles...
- http://en.wikipedia.org/w/index.php...

 

par   Nago Seck  11 mai 2007 - © Afrisson

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