Apparue à la fin des années 1980 dans la capitale ivoirienne, le zouglou est la musique qui a accompagné la révolte étudiante de 1990.
A l’origine genre plutôt comique, satirique, le zouglou est une synthèse de tout ce qui se joue en Côte d’Ivoire avec des percussions inspirées de la tradition mandingue et des mélodies plaintives de l’Ouest du pays.
Les Parents du Campus
Musique à l’origine animée par des chanteurs qui s’accompagnent de percussions lors des mariages, des matchs de foot ou des fêtes de quartier, il devient vite la musique emblématique de la jeunesse estudiantine et s’impose avec le groupe précurseur " les Parents du Campus et son tube " Gboglo Koffi ". Sont également présents les Salopards, cinq jeunes issus de Yopougon, un immense quartier populaire d’Abidjan. - " Bouche bée ", une des premières cassettes du groupe remporte un énorme succès avec plus de 100.000 ventes grâce notamment au titre " Vive le maire " .
La musique des maquis
Les messages tiennent un rôle de premier plan dans le zouglou et différentes couches sociales s’y retrouvent, lycéens comme chômeurs diplômés. Les maquis, ces restaurants populaires de Côte d’Ivoire, ont contribué en partie à la popularité du zouglou alors que le genre est boycotté par nombre de médias et discothèques : un disc-jokey sera même renvoyé pour avoir passé un morceau de zouglou.
Second souffle
D’autres groupes s’imposeront sur la scène nationale comme Shuken Pat, Aboutou Roots, Didier Bilé, Zougloumania, Surchoc, Petit Denis, Maga Dindin, Cure Dent Gouro, Espoir 2000 ou l’Enfant Siro et Petit Yodé. Retombé au milieu des années 1990 pour cause de difficultés logistiques (problèmes de productions et de distribution), le genre connaît un second souffle en 1996 grâce à divers groupes dont le System Gazeur, Les Officiers Publics, Manné Star, Baba Nico, Les Nawa You et surtout Les Poussins Chocs, Les Surchocs et Les Salopards de Soum Bill, Bloco et Colin. Mais il faudra attendre l’avènement de la formation Magic System pour que le zouglou connaisse une renommée internationale...
par Nago Seck 12 mai 2007 - © Afrisson