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“801.590~km² - 19.100.000~h 801.590~km² - 19.100.000~p”

map-mozambique.gifGénéralités

Marqué au Nord par les musiques arabes dont le taarab, au sud par les musiques d’Afrique australe et dans son ensemble par le fado portugais et les musiques brésiliennes, le Mozambique est un ensemble de peuples qui parlent plus de 65 langues. On y trouve des styles multiples: le «~mapika~» et le «~muganda~» au nord, le «~makwayala~», le «~xigubo~» et le «~Muthimba~» du sud du pays (deux rythmes joués par Ghorwane). Le «~zukuta~» et le «~magica~» du sud sont les ancêtres du «~marrabenta~» et le «~tufu~», rythme à base de tambours, est joué dans la province de Nampula (Eyuphuro). Le peuple chopi, originaire de la côte sud du pays, pratique le «~timbila~», un xylophone popularisé par Eduardo Durao, Venancio qui donne des conférences à travers le monde, et plus récemment par le groupe Silita. La guitare est un instrument central de la musique mozambicaine et a marqué de nombreux styles du pays depuis le début du siècle. Le Mozambique a également développé dans les plantations une tradition de chants de travail qui a nourri l’histoire sociale du peuple mozambicain et son sentiment de révolte contre le colonisateur portugais.

Les guitaristes des années 1950

Les guitaristes shangaan, une région frontalière de l’Afrique du Sud, se rendront célèbres dans ce pays où ils vont massivement immigrer dès les années 1920: par leur jeu fluide et nostalgique, ces mineurs s’érigent bientôt en sérieux rivaux des guitaristes zulus imposant un jeu plus rythmique. Les guitaristes du sud du pays s’imposent rapidement, popularisant notamment le style magica du sud qui donnera naissance au «~marrabenta~». «~Les guitaristes du sud avaient un style bien à eux, le tempo «~andamendo~», qui donnaient une couleur jazz à leur musique~», précise le journaliste mozambicain Teodore Mpfumo. Dans cette mouvance, on trouve Francisco Mahekuane, guitariste et compositeur des années 50 et Eusebio Joao Taniele , créateur du marrabenta. Viendront ensuite Alexandre Langa dans les années 60 puis Hortencio Langa.

L’explosion du marrabenta

A Maputo, centre de la vie culturelle, les grands orchestres jouent dans les fêtes populaires ou verbenas. Dans cette ville cosmopolite se croisent le jazz, la kwela music d’Afrique du Sud et les musiques brésiliennes. «~Tout le monde imitait Roberto Carlos, le Julio Iglesias du Brésil~», précise David Macuacua : chanteur percussionniste de Ghorwane…

«~Le marrabenta est né dans les années 1950, dans le quartier Mafalala à Maputo~» précise Teodore Mpfumo, «~un quartier où se mélangeaient Portugais, Indiens, et Shangaan qui revenaient d’Afrique du Sud et ramenaient les rythmes de ce pays. Les gens se rencontraient, buvaient, dansaient ensemble. Le marrabenta est le fruit de ces rencontres~». Le marrabenta est à la fois un symbole de plaisir mais aussi de contestation politique. Fany Mpfumo, une des grandes figures du genre, se rendra célèbre pour son titre dénonçant à termes voilés le pouvoir portugais. «~Si tu arrives à me dominer, tu auras dominé le lion~». «~C’est le groupe Conjunto Djombo qui popularisera réellement le marrabenta dans les années 1960/70~» , explique David Macuacua en citant également Fany Mpfumo et Joao Domingos.

Traversée du désert

Dans les années 1970 , face à un marrabenta déclinant, le funk fait son apparition avec des groupes comme Africa Power et Hokolokwe. «~C’est une période pauvre musicalement~», avoue David Macuacua. «~Les structures de production ont fermé à l’indépendance . Seule la radio nationale enregistrait sur son petit studio huit pistes. La scène nationale était totalement dans l’imitation de ce qui se faisait à l’extérieur, du Brésil notamment et des Etats-Unis~».

Roots Revival

Il faut attendre les années 1980 et l’intérêt que portent l’Europe aux musiques africaines pour que la scène mozambicaine se ressaisisse. Un véritable «~roots revival~» s’empare du pays et l’on voit émerger Ghorwane lancé internationalement par Peter Gabriel , un groupe qui réhabilite certains rythmes du sud comme le xigubo et le Muthimba., Eyuphuro revalorisant les musiques du Nord dont le «~tufu~» et les chants traditionnels de Nampula. Suivront Eduardo Durao , le maître des timbila, Silita adepte d’une musique chopi modernisée et Kapa Dech entre jazz et rythmes mozambicains, un groupe soutenu par le CCF de Maputo. Wazimbo, le roi des ballades, triomphe aux Etats-Unis lorsqu’il réalise la bande originale du film  » The Pledge  » de Sean Penn. Le groupe Mabulu, relance la carrière du pionnier du marrabenta Dilon Djindi.

Aujourd’hui, la scène mozambicaine se structure et se professionnalise. Des producteurs privés y ont installé des studios. La passada (zouk local) triomphe ainsi que le R&B et des musiques plus roots : Ghorwane fait ainsi des émules dans le nouvelle génération avec des artistes comme Dullio, Kawai Kio , Filipe Nhassavali et Joao Bata. Le développement d’un espace lusophone qui multiplie les rencontres culturelles favorise ce dynamisme.On trouve également l’afro-house et le kuduro popularisé par des groupes comme Os Do Momento sans oublier le shangaan électro etle hip hop popularisé par Duas Caras, Azagaia, LCD.

Sources :
– Itw de David Macuacua , Festival musiques métisses , Angoulême, juin 2001
– Itw de Teodore Mpfumo, Musiques Métisses, Angoulême, juin 2001. map-mozambique.gifGeneral information

Marked in the North of the country by Arabic music and especially taarab, and in the south by music of Southern Africa, Mozambique is also under the influence of Portuguese fado and Brazilian styles. In that country which speak more than 65 languages, one can find
many traditionnal styles: mapika and muganda in the north, makwayala, xigubo and Muthimba of the south of the country (two rhythms played by Ghorwane Band). Zukuta and magica of the south are the ancestors of marrabenta and tufu, a rhythm based on drums, is played in the province of Nampula (Eyuphuro). The Chopi, a people from the southern part of the country, practise the timbila, a xylophone popularized by Eduardo Durao, a master of the instrument, Venancio, an artist which gives lectures throughout the world, and more recently by Silita. Guitar is a central instrument of the Mozambican music and has marked many styles of the country since the early century. Mozambique also developed, in the plantations, a tradition of work songs which nourished the social history of the Mozambican people and his feeling of revolt against the Portuguese colonizer.

Guitarists of the Fifties

Shangaan guitarists, coming from a a border region of South Africa, made themselves famous in this country where they massively immigrated since the 1920s: by their fluid and nostalgic touch, these minors set up as serious rivals of Zulu guitarists, more rhythmic. The guitarists from the south of the country popularized magica, a style which gave birth to marrabenta. “~ the guitarists of the south had a personal style, the “~ andamendo ~”, a tempo which gave a jazzy color to their music ~”, explains Mozambican journalist Teodore Mpfumo. The trend setters were Francisco Mahekuane, a guitarist of the Fifties, and Eusebio Joao Taniele, creator of the marrabenta. Came later Alexandre Langa, in the Sixties, and Hortencio Langa.

The explosion of marrabenta

In Maputo, the cultural life center, big bands used to perform in verbenas (balls). In this cosmopolitan city crossed jazz, kwela music of South African and Brazilian music. “~ Everyone used to imitate Roberto Carlos, the Brazilian Julio Iglesias ~”, specifies David Macuacua, Ghorwane’s singer and percussionnist.
‘Marrabenta was born in the Fifties, in the Mafalala district in Maputo’ specifies Teodore Mpfumo, ‘a district where mixed Portuguese, Indians and Shangaan who returned from South Africa and brought back home the rhythms from this country. People met, drank, danced together. Marrabenta is the fruit of these meetings. Marrabenta symbolized at the same time, pleasure and political commitment’. Fany Mpfumo, one of the great figures of the kind, made famous for his critical title denouncing with insinuations the Portuguese power. ‘If you are able to dominate me, you will have to dominate the lion’. ‘Conjunto Djombo Band was the main figure of marrabenta in the 1960s/1970s’, explains David Macuacua by also mentioning Fany Mpfumo and Joao Domingos.

Crossing of the desert

In the 1970s, vis-a-vis a declining marrabenta, funk burst out on the nationale scene popularized by two bands, Africa Power and Hokolokwe. ‘This period has been quite poor on a musical point of view’, acknowledges David Macuacua. ‘The production structures closed with independence. Only the national radio recorded LPs in its small eight tracks studio. The national scene was imitating foreign styles, mostly from Brazil and the United States’.

Roots Revival

One has to wait the Eighties and the passion of Europe for African music to notice a roots revival of Mozambican scene. Emerged then Ghorwane, launched internationally by Peter Gabriel, a group which rehabilitated various rhythms of the south like xigubo and Muthimba. Eyuphuro revalorized musics of the North of which tufu and traditional songs of Nampula. Eduardo Durao is considered as the Master of the timbila, Silita, rediscovered chopi music in modern arrangements, Kapa Dech, a group supported by the CCF of Maputo, created a style fusing jazz and Mozambican rhythms. Wazimbo, the king of ballads, triumphed in the United States when he recorded the original soundtrack of the film “The Pledge” of Sean Penn. The Mabulu group, relaunched marrabenta pioneer Dilon Djindji’s career.

Today, the Mozambican scene is creating structures and becomes more professionnal. Private Producers are installing studios. Passada (zouk local) is triumphing as well as R&B and roots musics: Ghorwane thus makes followers in the new generation with artists like Dullio, Kawai Kio, Filipe Nhassavali and Joao Bata. The development of a Portuguese-speaking space which multiplies cultural meetings supports this dynamism.

Sources :
– Itw de David Macuacua , Festival musiques métisses , Angoulême, juin 2001
– Itw de Teodore Mpfumo, Musiques Métisses, Angoulême, juin 2001.

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille

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