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“4.033~km² - 418.224~h 4.033~km² - 418.224~p”

map-capvert.gifUn entrepôt d’esclaves

Colonisé par les Portugais pendant six siècles, le Cap-Vert, utilisé comme entrepôt d’esclaves, est une terre de métissage. Dans les îles de Sotavento s’installèrent des esclaves parmi lesquels des Guinéens devenus plus tard cultivateurs. Ils apportèrent leurs talking-drums (tambours d’appel), empruntèrent les tumbas aux Portugais et imposèrent leurs rythmes d’origine : le batuque de Santiago joué par les femmes, le funana dont le nom est tiré du fun gaga (rythme de Guinée) et le batanka (nom guinéen signifiant village).

Morna et coladeira

Née dans l’île de Boa Vista, la morna installée ensuite à Boa Vista se chante pour la partida (sentiment de départ). Très nostalgique, elle se chante dans les années 1950 avec les «~violas~» (guitares à 10 cordes), la nuit au clair de lune pour donner la sérénade à sa belle. Le plus grand chanteur de cette époque est Lela de Maninha. Les grands compositeurs de morna sont Eugenio Tavares et B. Leza.

La coladeira de Sao Vicente vient du mot «~cola~» (collé serré), une danse exécutée pour la fête de Sao Joao. Extraite de la morna et accélérée, elle devient une musique de danse. Dans les années 1950, des groupes amateurs animent les bals, jouant une musique acoustique (guitare, cavaquinho, pandeiro et cuivres). Radio Club Mindelo et Radio Barlovento diffusent alors des musiques du Portugal et du Brésil reprises par les musiciens de l’archipel.

Les capverdiens à la conquête du monde

Après la Seconde Guerre mondiale, des Capverdiens s’exilent aux Etats-Unis, en Europe et au Sénégal. Luis Vieira Da Fonseca plus connu sous le nom de «~Fonseca~» crée dans les années 1950 à Bruxelles «~Les Anges Noirs~», un groupe dans lequel joue Manu Dibango. Afro-cubain, highlife, cha-cha, coladeira, morna, bolero, merengue feront sa popularité en Belgique, en Afrique et aux Antilles.

Voz di Cabo Verde et Bulimundo

A partir des années 60, ces exilés rapportent l’instrumentation électrique (guitare, orgue, batterie) : la coladeira renaît avec l’album «~damsando com Voz di Cabo Verde~» du groupe Voz di Cabo Verde créé par Luis Moraïs et Joaquim Almeida alias Morgadinho.

Dans les années 1970, le groupe «~Bulimundo~» de Katchass et des frères di Reinhalda relance le funana, musique rurale longtemps méprisée tandis que Os Tubaroes, spécialiste de coladeira triomphe grâce à son chanteur de morna Ildo Lobo. A la même période, la formation «~Cabo Verde Show~» popularise tous ces genres en Occident.

Cesaria Evora l’internationale

Les années 1980 voient l’apparition du groupe Finaçon (nom d’un chant improvisé de l’île de Santiago) qui crée la funacola, mélange de funana et de coladeira alors que la morna s’impose au niveau international avec des chanteurs tels Bana, Celina Pereira, Titina, Gardeinha Benros et surtout Cesaria Evora dont la voix séduit la planète entière.

Le retour du funana

Dans les années 1990, revient en force le funana avec le groupe Ferro Gaita puis Rabelados dirigé par Betu Dias, les compositeurs Orlando Pantera, Ze Henrique, Norberto Tavares et Kaka Barbosa et Kino, un showman basé à Rotterdam. Tandis que Tito Paris impose sa morna symphonique, Vasco Martins propose une intéressante symbiose entre divers styles capverdiens et musiques électroniques.

Colazouk et Creole Rap

D’autres styles s’imposent dans les communautés de l’immigration (Etats Unis, Hollande) : le colazouk ou coladanse et le cabo zouk ou Cap zouk notamment avec des artistes comme Calu Bana. Beto Dias, Djedje, Roger, Philip Monteiro, etc…

Le rap fait son entrée avec des jeunes capverdiens de France : Ize MC qui le mâtine de ragga, de funana et de morna donnés par le ferro-gaïta, Elizio, Philip M et Jacky Brown. Basé à New Bedford, aux Etats-Unis, Djédjé lance le créole rap. Trois jeunes groupes percent sur la scène hollandaise : the Real Vibe qui décroche un concours de free style en 1991, Black Side de Rotterdam mêlant rap, ragga et zouk et E-Life dont le single sorti en 1997 a été numéro 1 du top 40 hollandais.

De nouvelles voix s’imposent dans les années 2000 comme Lura et Mayra Andrade. map-capvert.gifA slaves wharf

Colonized by the Portuguese during six centuries, Cape Verde, used as a slaves wharf, is a ground of interbreeding. In Sotavento islands settled slaves among whom Guineans became later farmers. They brought their talking-drums, borrowed tumbas from the Portuguese and imposed their own rhythms: batuque from Santiago played by women, funana, a name that comes from ‘fun gaga’ (a rhythm of Guinea) and batanka (a Guinean name meaning village).

Morna and coladeira

Born in Boa Vista Island, morna moved later to Brava. Morna is sung for the partida (homesickness). This nostalgic style was played in the 1950s with violas (10 strings guitars), at moonlight to serenade a lover. The most famous singer of this time was Lela de Maninha. The great morna composers are Eugenio Tavares and B. Leza.

Coladeira from Sao Vicente comes from the word “cola” (stuck and tight), a dance carried out for Sao Joao festival. Extracted from morna and accelerated, it turned into a music of dance. In the 1950s, amateur groups animated dance-floors, playing an acoustic music (guitar, cavaquinho, pandeiro and brass). Radio Club Mindelo and Radio Barlovento diffused then music from Portugal and from Brazil gradually adopted by local musicians.

World Conquerors

After WWII, many people from Cape Verde exiled in the United States, Europe and Senegal. In the 1950s, Luis Vieira Da Fonseca usually named ‘Fonseca’ founded in Brussels “the Black Angels”, a group Manu Dibango used to play in. Afro-Cuban music, highlife, cha-cha, coladeira, morna, bolero, merengue were very popular at the time in Belgium, Africa and in the Antilles and facilitated his career.

Voz di Cabo Verde and Bulimundo.

Since the 1960s, exiled artists brought back home electric instruments (guitar, organ, battery). Coladeira re-appeared with Damsando com Voz di Cabo Verde, an album by Voz di Cabo Verde, a band created by Luis Moraïs and Joaquim Almeida alias Morgadinho. In the 1970s, Bulimundo formed by Katchass and di Reinhalda brothers rte-launched funana, a rural music which has long been scorned. Os Tubaroes, specialists of coladeira, triumphed thanks to morna singer Ildo Lobo. At the same period, Cabo Verde Show popularized all these musical styles in Europe.

Cesaria Evora: a world star

In the 1980s, Finaçon band (the name of a song from Santiago island) created ‘funacola’, a fusion of funana and coladeira. Morna was spread internationally by various singers, Bana, Celina Pereira, Titina, Gardeinha Benros and the Great Cesaria Evora whose voice charmed the whole world.

Funana come back

In the 1990s, funana came back, rediscovered by many artists: Ferro Gaita Band, Rabelados, a group led by Betu Dias, composers Orlando Pantera, Ze Henrique, Norberto Tavares and Kaka Barbosa and showman Kino, an artist settled in Rotterdam. At the same period, Tito Paris composed symphonic mornas and Vasco Martins experimented an interesting symbiosis between various national styles and electronic music.

Colazouk and Creole rap

New styles, colazouk and capzouk, became popular among immigrant communities (USA, Holland, France) promoted by artists as Calu Bana, Beto Dias, etc…

The young generation adopted rap music. In Paris, one could find Ize Mc who mixed rap with ragga, funana, morna and played ferro gaïta, Elizio, Philip M and Jacky Brown. Based in New Bedford, USA, Djedje invented creole rap. In Holland, three crews were quite successful: the Real Vibe who won a Dutch Free Style Dance in 1991, Black Side from Rotterdam mixing rap, ragga and zouk and E-Life whose 1997 single got number 1 in the Dutch top 40 chart.

In the 2000s, new singers took a lead in the international scene : Mayra Andrade and Lura.

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Sylvie Clerfeuille

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