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map-ivory.gifUn lieu de passage

Lieu de passage des artistes africains à la recherche de reconnaissance continentale, la Côte d’Ivoire est un pays où foisonnent, depuis les années 1920/1930, divers courants musicaux d’importation comme la valse, le bolero, la rumba cubaine, le pachanga, le tango, le highlife, la rumba congolaise, l’afro-cubain, le jazz, le blues et la pop occidentale.

Prémisses de l’ivoirité

Ces tendances mâtinées de rythmes locaux (ziglibithy, appolo, musique mandingue, sopi, gbégbé, alloukou, digba, ayô, akô, zaglobi) sont interprétées dans les années 1950/1960 par des précurseurs tels que Anoman Brouh Félix, Les Sœurs Comoé (un duo féminin), Mamadou Doumbia, Fax Clark ou Amédée Pierre, auteur du fameux «~Djoro~». Ce dernier, surnommé «~le roi du dopé~», du nom d’un rythme local, est l’un des premiers à tenter une modernisation de la musique ivoirienne…

Jimmy Hyacinthe et Ernesto Djédjé

Ces pionniers vont éperonner ou engager des artistes de la génération 1970 dont Bailly Spinto, François Lougah, Jimmy Hyacinthe adepte du «~goly~» et Ernesto Djédjé, créateur d’une orchestration moderne du «~ziglibithy ~», le rythme traditionnel du peuple Bété. Le succès de son morceau «~Ziboté~» (1977) populaire dans toute l’Afrique de l’Ouest contribue à ériger le «~ziglibithy ~» en courant fédérateur.

Voix féminines et rythme appolo

Les années 1980/1990 révèlent de nouveaux talents dont les voix féminines Reine Pélagie, Nayanka Bell, Antoinette Konan, G.G. Léopoldine, Monique Séka, Chantal Taïba, Awa Maïga, Mathey, Elali, Joëlle Séka (ou Joëlle C)…

Quant à Aïcha Koné, elle exploite harmonieusement une composante de la musique mandingue, le poro, un rythme sénoufo du nord du pays.

Les garçons ne sont pas en reste avec Luckson Padaud, Déka Koma, Doh Albert, Jean-Pierre Kouakou, Kassiry, l’homme du fougueux «~gnama-gnama~» et Meiway lanceur du zoblazo tiré du rythme appolo et adopté par son frère Deza XXLou encore Oren’Tchy.

Zouglou et reggae

Réapparu à la fin des années 1980 à la suite des mouvements estudiantins à Yopougon, le «~zouglou~» revu et corrigé est popularisé par Didier Bilé, Les Parents du Campus, Les Les Garagistes, Les Salopards, Les Poussins Chocs, Soum Bill. Il est internationalisé par Magic System et son tube «~1er Gaou~». A la même période le traditionnel mapouka incarné par Ningui Saff connaît une seconde jeunesse notamment avec Aboutou Roots et Les Youlés.

Créateur d’un reggae très mélodique aux couleurs mandingues et aux messages inspirés et symbole d’une jeunesse marginalisée, Seydou Koné alias «~Alpha Blondy~» collectionne depuis 1982 et la sortie de «~Brigadier Sabari~» des succès planéraires. Ses disques d’or ou de platine («~Cocody Rock~», «~Apartheid is Nazism~», «~Jerusalem~», «~Masada~», «~Itzhak Tabin~», «~Elohim~») font de lui l’un des fers de lance d’un reggae made in Africa adopté par Zoanet Comes, Abou Smith, Beta Simon, Serges Kassy, Ismael Isaac, Tiken Jah Fakoly, Ismaël Wonder et bien d’autres encore.

A partir de l’année 2000, apparaît le coupé-décalé, une danse et un courant musical nés de l’expression «~coupé-décalé-travaillé~» popularisé par divers artistes dont Douk Saga et son groupe Jet Set, Molare, DJ Arafat, DJ Serpent Noir, DJ Alan, Tata Keni et bien d’autres encore…

A crossing point

A Crossing point for African artists looking for continental recognition, Ivory Coast is a country where abounded since the 1920s/1930s various imported streams: waltz, tango, hilife, Congolese rumba, Afro-cuban music, jazz and Western pop music.

Premises of ‘Ivoirité’

These tendencies crossbred with local rhythms (ziglibithy, appolo, mandingue, sopi, digba, zaglobi) were played in the 1950s/1960s by pioneers Anoman Brou Felix, the Comoé Sisters (a female duet), Mamadou Doumbia, Fax Clark and “senior” Amédée Pierre, author of famous hit ‘Djoro’ . The latter, called “the king of dopé”, the name of a local rhythm, was one of the first artists who modernized ivorian music.

Jimmy Hyacinthe and Ernesto Djédjé

These pioneers supported or engaged 1970s’ artists like Bailly Spinto, François Lougah, Jimmy Hyacinthe, promoter of goly, and Ernesto Djédjé, creator of a modern orchestration of “ziglibithy”, a traditional bété rhythm. ‘Ziboté’ (1977), a hit in all West Africa, contributed to make of “ziglibithy” a prominent style.

Feminine voices and appolo

The 1980s/1990s revealed new talents and especially female singers Reine Pélagie, Nayanka Bell, G.G. Léopoldine, Mathey, Elali and Awa Maïga. Aïcha Koné promoted poro, a sénoufo rhythm of the north. Some men too became popular at that time : Kassiry and his lively gnama-gnama and Meiway, launcher of zoblazo, an appolo rhythm adopted later by Oren’ Tchy.

Zouglou and reggae

In the late 1980s, zouglou, the expression of students movements in Yopougon, made famous with artists like Didier Bilé, Les Parents du Campus, Les Gazeurs and Les Salopards (the Bastards). It has been internationalized by Magic System and its hit “Premier Gaou”. At the same time, traditional mapouka rediscovered by Ningui Saff knew a second breath with Aboutou Roots.

Creator of a very melodic reggae enriched with mandingo instruments (djembé, balaphon, kora) and lyrics expressing the ideas of a marginalized youth, Seydou Koné alias Alpha Blondy made famous all over the world since 1982 with famous hit ‘Brigadier Sabari’ . His gold and platinium albums, Cocody Rock, Apartheid is Nazism, Jerusalem, Masada, Itzhak Rabin, Elohim),made of him athe spearhead of African reggae, a style adopted later by Serges Kassy, Ismaël Isaac and Tiken Jah Fakoly.

About the author

Sylvie Clerfeuille

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