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“342.000~km² - 3.894.336~h 342.000~km² - 3.894.336~p”

map-congob.gifMusiques traditionnelles

Le bassin du fleuve Congo est profondément marqué par les polyphonies pygmées («~Aka~» ou «~Baka~» du Nord, «~Twa~» de la Haute Sangha ou «~M’Benga~» du Sud). Au nord du Congo-Brazza, la musique des Kaka, un peuple bantou, se rapproche de celle des Pygmées. Les Batéké du Sud-ouest pratiquent la sanza tandis que les Bangala jouent du tambour mokoto.

Musique des Coastmen et naissance de la rumba

Dans les années 1930, les «~Coastmen~», marchands et marins originaires du Dahomey, du Ghana et du Nigeria font danser Léopoldville et Brazzaville aux accents du highlife ghanéen.
_paulkamba.jpgNaissent les premiers ensembles vocaux congolais, synthèse des polyphonies traditionnelles et du chant choral chrétien. En 1938, le musicien antillais Jean Réal signe avec la création du groupe Congo Rumba l’acte de naissance de la rumba. L’année suivante, Bernard Massamba fonde le groupe Jazz Bohême. Mais c’est véritablement Paul Kamba qui popularise la rumba en 1942 avec son groupe Victoria Brazza. Son succès est tel que Wendo Kolosoy fonde à Léopoldville en 1948 un groupe au nom similaire : «~Victoria Kin~»…

Rumba, sanza et musique vocale

Au lendemain de la II° Guerre Mondiale, Brazzaville prend un essor considérable. La capitale prospère qui attire les populations rurales adopte bientôt le lingala, langue véhiculaire des piroguiers et vecteur de la sensualité et de la poésie de la rumba qui rythme les nuits de Bacongo et de Poto-Poto, les deux quartiers où se créent en 1950 des «~cercles culturels~».

C’est là que naissent les orchestres Négro-Jazz (1950), Cercul-Jazz (1953), Négro-Band (1957) formé de Max Massengo, Michel Boyibanda et Démon Kasanaud et Les Bantous (1959) .
edonganga.jpgA l’indépendance, un groupe de musiciens brazzavillois de retour de Léopoldville fondent «~Bakolo Mboka~» (les Grands du pays – «~Les Bantous de la Capitale~» en français) qui réunit Jean-Serge Essous, Dieudonné Nino Malapet, Edo Ganga, Célestin «~Célio~» Kouka, Dicky Baroza, Daniel Lubelo «~De La Lune~», Saturnin Pandi et Dignos Dingari. En 1965, Ya Honda et Balla créent la «~danse du boucher~» . Antoine Moundanda préfère la sanza aux instrument européens. Ensembles vocaux et orchestres sont légion, et l’adoption du marxisme-léninisme n’y change rien, bien au contraire. A Brazza on écoute , «~Les Nez Épatés~», «~Les Ombres~» ,«~Les Pieds Noirs~» , «~Les Cheveux Crépus~» (dont fait partie Jacques Loubelo) et «~Les Anges ~» , un groupe vocal où chante Kim Douley.

La décennies des orchestres

boukaka.jpgLes années 1970 voient l’émergence de nombreux orchestres. Deux formations de rumba, Ndimbola de Poto Poto copiant le style de Isifi Lokolé et Zimbabwé de Moungali influencé par le groupe Zaïko rivalisent à Brazzaville. En 1972 est assassiné le grand chansonnier Franklin Boukaka auteur du fameux «~Pont sur le Congo~» qui appelle à l’unification des deux Congos. Pamelo Mounk’a quitte les Bantous de la Capitale pour fonder à Brazza le trio Cepakos (Célestin Nkouka, Pamelo et Kosmos Moutouari), leaders de «~l’Orchestre du Peuple~».

En 1976, Youlou Mabiala, fonde «~Les Trois Frères~» avec Michel Boyimbanda et Loko Massengo. L’année suivante, le groupe Mbamina pionnier de la musique de fusion (rumba afro-cubaine, congolaise et R&B) fait la premiere partie du concert de James Brown à Paris. Theo Blaise opte pour la rumba avec des titres comme « Belle Amicha » puis triomphe avec «~l’Eden~». Nzongo Soul préfère la variété alternant rock, jazz, blues, valse musette et soul.

Nouveaux styles

zao.jpgDans les années 1980, certains artistes acquièrent une image internationale comme Zao aux textes surréalistes et à l’humour corrosif et Rido Bayonne ex- percussionniste des Bantous de la Capitale qui fonde un big band aux couleurs blues, funk, jazz et antillaises. Borrina Mapaka est un artiste aux couleurs folk. Au pays, Rapha Bounzéki, se rend célèbre avec l’album Sapologie. Au début des années 1990, Mapro Liwa adopte le reggae suivi par Black Spirit Melody. Pierre Moutouari , frère de Kosmos Moutouari, renoue avec la rumba originelle tout comme Theo Blaise basé a Paris.

Une scène qui s’ouvre

A la fin des années 1990, le pays sorti de la guerre civile tente de reconstruire une scène détruite par des années de conflits. Largement dominée par le ndombolo (Achille Muebo, Fofana Moulady, le groupe Extra Musica), elle voit progressivement renaître de nouveaux styles musicaux. Installés en France, les Tambours de Brazza explorent les richesses des percussions congolaises sur lesquels ils font souffler l’esprit du jazz tandis que Bisso Na Bisso, groupe de la diaspora, propose un rap qui sample des titres de Franklin Boukaka, Ismaël Lo et Kassav.

Oupta & Jacques Loubelo.

Oupta & Jacques Loubelo.

Installés à Dakar, Saintrick et les Tchelly inventent le yeketi, un compromis entre rumba et mbalax sénégalais et Lang’i basé dans le quartier bacongo de Brazza oscille entre rumba, folk et blues. Sheryl Gambo chante en mbochi sur du R&B. Hardos Massamba s’affirme comme un héritier de Jacques Loubélo. Le guitariste Jean Goubald fusionne reggae, Blues, R’n’B, Jazz et Rumba congolaise. Simbou Vili propose une musique spirituelle passant de la rumba lente au reggae et au zebola chantée en trois langues (punu, vili et lingala.

Le jazz refait surface avec des groupes comme New Jungle Quartet, de Pointe Noire, un des pionniers, Ultrason adepte d’un style entre jazz et racines congolaises, Jazz Big Band et le trompettiste ponténégrin basé en Suisse Ya Tatchi. Popularisée par le quatuor Palata, la musique religieuse devient très populaire et voit émerger de nombreuses formations : Yoany, les Bons Bergers, Sikama Singers, etc…

Renaissance

Les festivals se multiplient (Brazza Jazz Fusion, U’Sangu Ndji Ndji, etc…) , des trophées se mettent en place (les Tam Tam d’Or) , de petites structures de spectacles comme l’espace Yaro à Pointe Noire ou l’espace Tiné de Bacongo à Brazzaville se créent faisant émerger de jeune talents et de petits labels comme Dee Soul in Town tentent de revitaliser une scène longtemps marginalisée par la guerre civile et l’ombre du géant voisin, la République Démocratique du Congo. map-congob.gifTraditional music

The Congo-Zaire river area is deeply marked by Pygmies polyphonies (“Aka” or “Baka” from the North, “Twa” from Upper Sangha or “M’Benga” from the South). In Northern Congo, the Kaka music, a bantu style, sounds like the Pygmies’ music. The Bateke from the South-West of Congo play the sanza and the Mangala , the mokoto drum.

Coastmen’s music and birth of Congolese rumba

In the 1930’s, ‘Coastmen’, merchants and sailors from Dahomey, Ghana and Nigeria made people from Léopoldville and Brazzaville dance on Ghanaian highlife. At that time, the first Congolese vocal ensembles, merging traditional polyphonies and Christian choir singings, were born.
paulkamba.jpg_ In 1938, Caribean musician Jean Réal launched the Congolese rumba when he set up the Congo Rumba Band. The following year, Bernard Massamba founded the Jazz Boheme Band. But Paul Kamba was really the one who made rumba popular in 1942 with his group, Victoria Brazza. He became so famous that Wendo Kolosoy decided to create in 1948 in Léopoldville a band named “Victoria Kin”…

Les Bantous and Franklin Boukaka

Shortly after WWII, Brazzaville made considerable great strides. That boom attracted rural populations who adopted lingala, the common language of boatmen and the vector of the rumba sensuality and poetry. The rumba entertained then Bacongo and Poto Poto nights, two districts where in the 1950’s “cultural circles” were opened. These circles allowed the birth of various orchestras: the Négro-Jazz (1950), the Cercul-Jazz (1953), the Négro-Band (1957) and the Bantous (1959).
edonganga.jpg_ At the time of independence, musicians settled in Léopoldville went back to Brazzaville and founded ‘Mokolo Ya Mboka’ (Country Roots) – Les Bantous de la Capitale in French. Antoine Moundanda prefered the sanza to European instruments. Vocal ensembles and orchestras were numerous and the adoption of Marxism-Leninism changed nothing to it. In Brazza people listened to ‘Les Anges’ (where used to sing Kim Douley), ‘Les Cheveux crépus’ (The fuzzy Haired) fampous with Jacqes Loubelo, ‘Les nez épatés’ (The Flat Noses), ‘Les Ombres’ ( The Shades) or ‘Les Pieds Noirs’ (the Black Feet) ! In 1965, ‘Ya Honda and Balla’ created ‘the butcher’s dance’ .

The decade of orchestras

boukaka.jpgIn 1972, the great protest singer Franklin Boukaka was assassinated. He was the author of the famous hit “Bridge on Congo River” which called with the unification of both Congos.
During this decade, many orchestras playing rumba and soukouss were founded. In 1976 , Youlou Mabiala, set up ‘Les trois Freres’ (the Three Brothers). Pamelo Mounk’a left the African Fiesta of Kinshasa to found in Brazza ‘l’Orchestre du peuple’ (the People’s Orchestra). Mbamina Band combining congolese and afro-cuban rumba and R & B was James Brown guest star in Paris in 1977. Theo Blaise opted for the rumba with titles such as ‘Belle Amicha’. Two rumba bands, Ndimbola from Poto Poto copying the style of Isifi Lokolé and Zimbabwe from Moungali influenced by the group Zaïko competed in Brazzaville.

New styles

zao.jpgIn the 1980s, some artists made an international career like Zao, with surrealist texts and corrosive humour and Rido Bayonne ex- percussionnist of Les Bantous de la Capitale, led a big band merging blues, funk, jazz and Carribean styles. Denis Tshibayi , formerly named Bibi Den’s opted for a style merging rumba and folk, a style adopted later by Borrina Mapaka. Pierre Moutouari and his brother Kosmos and Theo Blaise based in Paris play original rumba. Nzongo Soul plays a style merging rock, jazz, blues, waltz and soul.

Renaissance

In the late 1990s, the country emerged from civil war trying to rebuild a scene destroyed by years of conflict. Largely dominated by the ndombolo (Achilles Muebo, Fofana Moulady, the group Extra Musica), it is gradually reviving new musical styles. Based in France, the Tambours de Brazza explore the richness of Congolese percussions on which they breathe the spirit of jazz while Bisso Na Bisso, a group settled in France, plays a rap sampling titles by Franklin Boukaka , Ismael Lo and Kassav’.

Oupta & Jacques Loubelo

Oupta & Jacques Loubelo

_ Settled in Dakar, Senegal, Saintrick and Tchelly invented the yeketi, a compromise between rumba and Senegalese mbalax and Lang’i based in the district of Bacongo (Brazzaville) fuses rumba, folk and blues. Sheryl Gambo sings in mbochi on R & B. Hardos Massamba claims to be an heir of Jacques Loubelo. Guitarist John Goubald merges reggae, blues, R & B, Jazz and Congolese Rumba. Simbou Vili offers a spiritual music from rumba to reggae and zebola sung in three languages (punu, Vili and Lingala).

Jazz resurfaced with groups like New Jungle Quartet of Pointe Noire, a pioneer band, Ultrasound follower of a style between jazz and Congolese roots, Jazz Big Band and trumpeter Ya Tatchai from Pointe Noire based in Switzerland . Popularized by Palata->953] Quartet , christian music is getting very popular and many choirs perform all over the country, in churches and festivals: Yoany, the Good Shepherd, Sikama Singers, etc …

In the 2000s, the festivals are multiplying (Brazza Jazz Fusion, U’Sangu Ndji Ndji, etc …), Awards ceremonies are organized (Les Tam Tam d’Or), small venues appear (Yaro in Pointe Noire or Tiné in Bacongo, Brazzaville) promoting young talents. Some small labels like Dee Soul in Town try to revitalize a scene long marginalized by civil war and the shadow of giant neighbor, the Democratic Republic of Congo.

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille

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