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map-burkina.gifSalsa et folklore mandingue

volta.jpgDepuis les années 1960, Le Burkina Faso vit sous l’emprise de la salsa et de la rumba congolaise. Ses groupes les plus populaires sont Volta Jazz, Echo d’El Africa, Les léopards du Camp Ouézzin, VD, Les Djinns de St Camille et Suprême Kobemba, et son groupe phare L’Harmonie Voltaïque qui a vu défiler les plus grands artistes du pays en est le meilleur exemple. Progressivement, certains artistes vont intégrer dans leur musique des rythmes et des instruments mandingues et mossis. C’est le cas de Jean-Claude Bamogo, adepte dans les années 1970 de la funk qu’il fusionne à des rythmes traditionnels : le warba, le zonga et le wennega.
_Membre du Bozambo de l’Ivoirien Jimmy Hyacinthe, George Ouedraogo, batteur et joueur de tumba, va enrichir son style de rythmes mossis. Sous l’influence d’Amadou Balaké, une des grandes figures du folklore mandingue et de la salsa qui a mené une carrière en Guinée au sein de l’Horoya Band, du groupe de Balla et ses Baladins et du Bafing Jazz de Ségou avant de réintégrer l’Harmonie Voltaïque . La musique burkinabé commence alors à chercher son identité.

Rock et Rhythm and blues

to-finley2.jpgDans les années 1970, le rock, le funk et le Rhythm & blues influencent des artistes comme Tô Finley. Cet artiste qui ne se cantonne pendant longtemps dans des imitations de James Brown et d’Otis Redding rajoute progressivement à sa formation des arcs à bouche, des flûtes locales et surtout, des bendré, des tambours typiquement mossis.

Colombes de la Révolution et crise musicale

Dans les années 1980, l’arrivée au pouvoir de Thomas Sankara, guitariste à ses heures, signe la volonté de faire de la musique un puissant outil d’éducation et de symbole de l’identité nationale. Des groupes au service des idées du pouvoir voit le jour comme Les petits chanteurs aux poings levés et Les Colombes de la Révolution, un orchestre totalement conçu sur le modèle des Amazones de Guinée et destiné à promouvoir la libération de la femme. Des manifestations comme le fameux festival de la chanson féminine sont organisées avec comme invitée prestigieuse la sud-africaine Miriam Makeba. Le chanteur compositeur Henri Tapsoba, grand amateur de musique cubaine et congolaise (il a joué au sein de l’orchestre Antonio et les Tcha Tcha) participe au « lifting » de l’Harmonie Voltaïque rebaptisée depuis 1984 l’Harmonie Burkinabé. L’orchestre intègre alors des instruments mandingues.

samirama.jpgMais certaines mesures prises par le régime créent une véritable crise de la scène musicale. « La musique burkinabée est en crise » titrent les journaux burkinabés en 1987. Un débat national est lancé, des musiciens de tout le pays sont consultés. Ils dénoncent l’augmentation exagérée des tarifs douaniers sur les instruments de musique (101% d’augmentation), l’obligation pour les artistes de jouer gratuitement à l’occasion des cérémonies officielles et surtout le drame des bals populaires. L’Etat a en effet décidé de fixer le prix du ticket d’entrée des bals à 300 FCFA, une catastrophe pour les organisateurs et les musiciens. Le nombre de bals chute. Les artistes quittent massivement le pays, s’exilant en Côte d’Ivoire et en Europe.

Les musiques de l’exil

farafina_bolomakote.jpgOn retrouvera ainsi de nombreux artistes produit par les labels ivoiriens comme JBZ et des artistes installés en Suisse, en Italie et en France qui font un très gros travail d’exploration et de promotion du patrimoine musical burkinabé. Ainsi, Le percussionniste Adama Dramé maître dans l’art du djembé signe plusieurs rencontres avec le pianiste classique Marc Vella et l’orchestre contemporain des Percussions de Strasbourg. Installé en Italie, Dabiré Gabin multi-instrumentiste et chercheur, revisite les instruments du terroir et diffuse ses recherches en Europe et en Inde. Dans les années 1980, le groupe Farafina crée sous l’impulsion de Mahama Konaté tourne en Europe et certains de ses membres s’installent en Suisse.

Home studios et renaissance musicale

ouaga.jpgDans les années 1990, l’installation de home studios numériques re-dynamise la scène nationale faisant émerger des artistes comme Zedess révélé sur la scène internationale grâce à sa musique de fusion et son humour goguenard pointant les tares de la société burkinabé. Eugène Kounker, ancien leader l’OUO (l’Orchestre de l’Université de Ouagadougou) et le Kilimandjaro Soul Blues Band qui signe les premières parties de BB King, s’affirment dans une musique aux confluents du blues, du jazz-rock et des musiques nationales.

En 2002, le Burkina accueille une toute nouvelle maison de disques, Seydoni avec laquelle émerge une nouvelle génération d’artistes et groupes de talent comme Fodfango, Pierre Sandwidi, Max Ray Ibrango, Bil Aka Kora, Tim Winse, Tantié Sanogo, Yé Lassina Coulibaly, Marcello Ouedraogo & Jet 8, Sala Radji, Alif Naaba, Emilien Sanou, Sami Rama formée dans Les Colombes de la Révolution et Solo Dja Kabako. Sur la scène hip-hop, très vivace, triomphe le groupe Yeleen qui allie rythmes et chants « Ngambay » du Tchad et hip hop mélodique. Des festivals sont organisés comme Ouaga Hip Hop et Jazz à Ouaga.
La musique burkinabé essaie de s’imposer sur le plan continental et international grâce à des jeunes talents dont les rythmes les plus prisés sont le rap, le zouk, le reggae, le coupé décalé, le genre mandingue, le soukous, le jazz-fusion, l’afro beat. Divers rythmes du terroir sont également modernisés comme le Warba, du Wannega, du Yarm, du Liwaga, du Wiré du pays mossi, des danses Balafon de l’Ouest Burkina, du Biir du sud-ouest, du Binon et du Djongo du pays Gourmantché, des danses peulhes

taki.jpgAu milieu de années 2000, le Takiborse, mouvement musical burkinabé dansant lancé par Hamed Smani fusionne zoblazo de Cote d’Ivoire, ndombolo du Congo et divers rythmes du Burkina (danses Liwaga, Tanciala et peulhes). D’autres artistes contribuent à populariser ce genre comme Yoni, les Premières dames, le Pouvoir, la Cour Suprême et le Gouvernement.

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Sylvie Clerfeuille

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