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map-comores.gifUne terre plurielle

L’archipel des Comores a un peuplement très ancien et très divers lié à son histoire politique et économique. Il se situe dans le canal du Mozambique à égale distance de la Côte orientale d’Afrique et de la côte nord-ouest de Madagascar. Il est constitué de quatre îles , la Grande Comore (Ngazidja), Moheli (Mwali), Anjouan (Ndzuani) et Mayotte (Maore).

Selon certaines théories, le peuple originel, d’origine mélano-polynésienne, se serait installé au VIe siècle (d’autres affirment que les proto-malgaches seraient les premiers habitants). En 1600, soit mille ans plus tard, les Comores se trouvant sur la route des Indes, une multitude d’immigrants venus de Perse (les shirasiens), d’Indonésie, du Golfe Persique, de Madagascar ,d’Afrique de l’Est, ainsi que des Européens (Portugais, Français, Hollandais) et même des Chinois et des Indiens en font leur terre d’adoption.

Mélange de swahili et d’arabe, la langue comorienne est à l’image de ce métissage tout comme les instruments, le gambus, un luth yéménite, la ganza (guitare orientale), le ndzedzi (cithare proche du valiha malgache), les percussions négro-africaines – patsu (cymbale), ngoma (tambour bantou, mbius (castagnettes) – les tablas indiennes, l’accordéon, la guitare et l’harmonica occidentaux…Ces instruments accompagnent des rythmes africains (sambe, djalika, zifafa), orientaux (tari la nzia, shigoma) malgaches (mgodro proche du salegy) et le taarab de Zanzibar.

Les mambwahamwé, griots des sultans du golfe persique

Les premiers artistes seront les mambwahamwés, griots des sultans du golfe persique qui dominent les îles jusqu’à l’arrivée des français à la fin du XIXe siècle. Porte-paroles des sultans, ils développent parallèlement une forme de satire sociale comme Ibedi Boungala qui se fait connaître dès la fin du XIXe siècle et complote contre l’ancien sultan de la Grande Comore avant d’échapper aux gardes de ce dernier puis de résister en 1916 au pouvoir colonial français qui le déporte à Madagascar: ses chansons feront état de la souffrance des déportés. Les héritiers de ces artistes disparus avec l’apparition du pouvoir colonial seront Dafiné, connu pour sa belle voix et ses talents d’improvisateurs et Tanchiki qui dans les années 1950 va s’affirmer comme un véritable chroniqueur social qui s’accompagne au oud.

Les nrema bandakomé et le twarab

Ils seront remplacés jusqu’à l’arrivée de la radio par les nrema bandakomé, sorte d’annonceurs qui soufflent dans une corne de buffle. Dans les années 50 et surtout à partir de 1964, date du retour de la communauté comorienne de Zanzibar expulsée à la suite de la création de la Tanzanie (qui réunit le Tanganyika et Zanzibar), le taarab devient très populaire. Les artistes comoriens vont lui donner une touche personnelle en le chantant en comorien et en le jouant avec une technique particulière : Mohamed Hassan utilise le gamboussy (oud comorien) mais utilise une gamme différente. Originaire de Zanzibar, Saïd Youssouf se spécialise dans le répertoire de Farid El Atrache. Mohamed Hassan de Tsaweni joue la twarab en s’accompagnant d’un gambous. Said Mohamed Turki y infuse des airs occidentaux et cubains et chante en comorien.

Le folkomor Océan d’Abou Chiabi

Marqué par le R & B et le rock, Abou Chiabi lance en 1968 un véritable courant musical, le «~folkomor ocean~». En 1976, le président Ali Soilih lui demande de composer l’hymne national. Il devient une star nationale. A la chute de ce dernier en 1978, Abou Chihabi voit son hymne interdit et doit fuir le pays. En 1980, il s’installe en France et son style fait école, une flopée de jeunes artistes approfondissant sa démarche comme Nawal, Maalesh, Chebli, Laher et Bako. map-comores.gifA plural ground

The archipelago of the Comoros has a very old and diverse settlement related to its political and economic history. It is located in the channel of Mozambique at equal distance of the Eastern Coast of Africa and the north-western coast of Madagascar. It consists of four islands, Grande Comore (Ngazidja), Moheli (Mwali), Anjouan (Ndzuani) and Mayotte (Maore).

According to certain theories, the original people, melano-Polynesians, would have settled in the VIth century (others affirm that the proto-Madagascans would be the first inhabitants). In 1600, thousand years later, the Comoro Islands being on the road of the Indies, became the adopted country of a multitude of immigrants from Persia, Indonesia, Persian Gulf, Madagascar, East Africa, Europe (Portuguese, French, Dutch), China and India.

Comorian language, a crossing of Swahili and Arabic, is a good example of this interbreeding just like musical instruments: gambus is a Yemeni lute, ganza is an oriental guitar, ndzedzi is a zither close to Madagascan valiha, patsu (cymbal), ngoma (a Bantu drum) and mbius (castanets) are African percussions, tablas come from India, accordion, guitar and harmonica from Europe. All of them accompany rhythms from Africa ((sambe, djalika, zifafa) , the East (tari la nzia, shigoma) and Madagascar ((mgodo close to salegy) ).

Mambwahamwé, griots of the sultans of the Persian Gulf

The first artists were mambwahamwés, the griots of the sultans of the Persian Gulf who dominated the islands until the arrival of the French in the late XIXth century. They were spokesmen of the sultans and in parallel they developed a form of social satire. Ibedi Boungala made known at the end of the XIXth century. He plotted against the last sultan of Grande Comore, escaped the sultan’s guards and resisted in 1916 to the French colonial power which interned him in Madagascar: its songs reported on the deportees’ sufferings. The mambwahamwés disappeared with the set up of the colonial power but some artists followed their footsteps: Dafiné became famous for his beautiful voice and his talents of improviser and Tanchiki became popular in the 1950’s for his skill to the oud and his social chronicles.

Nrema bandakomé and twarab

They were replaced until the arrival of the radio by nrema bandakomé, kind of advertisers who blow in a horn of buffalo. In the Fifties and especially since 1964, when the Comorian community was expelled from Zanzibar at the creation of Tanzania (the federation of Tanganyika and Zanzibar) and came back home, taarab became very popular. Comorian artists gave a personal touch to this style by singing it in Comorian and playing it with a particular skill: Mohamed Hassan played gamboussy (a Comorian oud) on a different scale. Saïd Youssouf from Zanzibar specialized in Farid El Atrache’s repertory. Mohamed Hassan from Tsaweni played twarab accompanied by a gambous. Said Mohamed Turki infused Western and cuban meloodies and sang in Comorian.

Abou Chiabi’s folkomor Ocean

Marked by R & B and Rock, Abou Chiabi launched in 1968 a musical trend, “folkomor ocean”. In 1976, President Ali Soilih asked him to compose the national anthem. He became a national pop star. With the fall of Ali Soilih in 1978, Abou Chihabi ‘s anthem was prohibited and the artist had to flee the country. In 1980, he settled in France and his style made school, a lot of young artists, Nawal, Maalesh, Chebli, Laher and Bako, looking further into his step.

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Sylvie Clerfeuille

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