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Les musiques traditionnelles

La musique traditionnelle occupe une place très importante. Au sud du Tchad, les Sara utilisent une très grande variété d’instruments : tambours, harpes, sifflets et le fameux koundou (ou balafon), une espèce de xylophone portable. Dans l’ouest du Tchad, les populations ont développé un style tout à fait particulier, mêlant les instruments à vent comme les flûtes aigrelettes des kotoko, ou comme les trompes allongées à son unique des kanembou et le chant. Au nord, existent depuis des siècles des castes de musiciens professionnels aussi bien narrateurs que chanteurs. Dans les régions sahéliennes, les deux instruments les plus répandus sont le balafon et la kora. Les musiques traditionnelles ont été portées par des artistes comme Ngon Koutou, Maman Ildjima, Martine Djingayam, Moussa Chauffeur, Alifa Day. Aujourd’hui, on trouve le groupe Gosrabe.

Une scène contemporaine sous influences congolaise et soudanaise

La musique moderne est introduite au Tchad dans les années 1960 et elle s’est reposée sur plusieurs facteurs  : le retour de l’étranger des étudiants tchadiens qui ramènent au pays des danses, des disques,  des électrophones et lancent les premières surprises-parties  dans la capitale et les provinces et l’influence des musiques européennes et africaines dont la rumba congolaise popularisée par des artistes comme Tabu Ley et Prince Nico M’Barga, le cha-cha-cha, la pachanga, et le  twist  rendu célèbre par le titre « Souvenir, souvenir » de Johny Halliday . Le président Tombalbaye qui invite en 1963 l’orchestre Négro Band pour agrémenter le congrès de son parti à Doyaba (dans l’actuelle ville de Sarh) contribue à populariser la rumba congolaise. Le pays assiste alors à la naissance de petits orchestres jouant des guitares sèches à Fort-Archambault et Moundou. Les groupes se produisent dans quelques lieux comme le King Club, Bar de l’Est, Bar Concorde, Amical Bar Etoile et le Centre Culturel Tchadien, enregistrent sur des nagras ou se rendent au Nigeria comme l’Africa Melodie produit par le label nigérian RAS. Les femmes se comptent alors sur les doigts d’une main sur la scène nationale : on trouve Bintou de l’Orchestre Écho Tchad, Fatima Dorsi, Amina Houra, Kafani et Falie de Faloula.

 

Rumba congolaise et soukouss

Dans les années 1960/70, le pays est donc dominé  par la rumba congolaise, un style repris  par ces premiers groupes locaux que sont   le Chari Jazz créé à Fort-Archambault dans les années 1963-1964 et Maître Gazonga suivi au début des années 1970 de l’ African Mélodie (« Zenaba » et « Mariam », Grand Za-zu, Vox Tandjilé) . Maître Gazonga a marqué l’histoire musicale du pays avec son groupe International Challal et des tubes comme « Troum-troum », « Démocratie » et « les Jaloux Saboteurs ».  D’autres groupes moins connus dominent la scène de cette période : l’orchestre Sao Junior avec la chanson « yaya rouda », Nguemta Florent, Djindo Joël Blagué, Goum Philippe et Souleymane Kindja de l’orchestre du lycée Ahmed Mangué dénommé « Mangué Star », Chari-Jazz B, né sur les traces de Chari-Jazz parti en formation au Zaïre et le Logone Band dirigé par le guitariste Tekpa accompagné de Benjamin au chant et de Franchi à la basse. Cette tendance musicale encore très présente est aujourd’hui incarnée par des artistes comme Talino Manu et le groupe Tchuna Katchu.

Style soudanais

La musique tchadienne a aussi bénéficié d’une influence soudanaise amenée par le groupe Wordi  invité au Tchad dans les années 1960. Ce courant est représenté par des artistes comme Issa Moussa, le pionnier du genre, qui s’impose avec son tube « Achitella » et Al Hadj Ahmat Pecos, connu pour sa chanson « Enfant du Tchad ».  Il est aujourd’hui incarné par Yasmine qui lui donne des couleurs pop et rap.

Afro-pop et afro-folk

Victime des fluctuations des politiques culturelles, la scène musicale tchadienne  se développe difficilement . Ainsi,  sous Hissen Habré, apparaissent les « groupes chocs » destinés à l’animation des soirées officielles et dont les chansons portent sur des thèmes comme l’amour, l’unité, la paix, la tolérance, le travail, le patriotisme… Seront issus de cette mouvance des artistes comme Ramadingué, Talino Manu, Saint Mbété Bao et les artistes de Soubiana Music, Bâton Magic, Abdoulaye Nderngué, Ngass David… Sous le régime d’Idriss Déby Itno, la scène musicale voit l’apparition  de plusieurs salles de spectacles et la multiplication des lieux de production.

Il faut attendre les années 1980/1990 pour qu’ émerge un courant afro pop intégrant les rythmes nationaux.  Ainsi, Ingamadji Mujos, popularise le rythme ndala sur fond de rumba congolaise, Saint Mbété Bao lance le Rogondo. Ils seront suivis de l’Orchestre Leul Bôh, de Saï Sig de Carlos, de Ngass David, de Mimi La Tchadienne et de Talino Manu accompagné de  son groupe Toumaï Star Académy. Cidson  a choisi d’évoluer dans la musique de variétés,  Béral Mbaïkoubou opte pour une  forme de protest song. L’Afro-folk a pour chef de file Mounira Mitchala suivie de Melodji, Matania Sanko Star et Jorio Star.

Rap/rock/reggae/R&B/gospel

La scène reggae est dominée par Placide Ayreh tandis que Tibesti lance le rock au pays. Depuis 1995 , un rap made in Tchad s’est imposé marqué par  des textes de dénonciation et de conscientisation chantés en français, arabe et sarah. De nombreux artistes se pressent sur la scène hip hop : Dynamitt, D6bel, Secteur M, Gladiator, Dynastie Soul, Ray’Skim, Crazy Missy, Massood Dgam, Samouraï, Obie-G,  Otentic, Sultan, Pif Pikini , Gladiator, Dogg Fadah et Audrey Linda Shey oscillant entre électro, pop et rap. Daïsson est le chantre du R&B.

Années 2000 : une industrie naissante et une diaspora dynamique

Dans les années 2000, l’apparition des home studios favorisent l’émergence de labels comme Mangaral Production, Preston Concept Records et Homeland Empire  qui contribuent à dynamiser une scène encore embryonnaire mais qui tend à se développer.  Elle est en effet  soutenue par les artistes de diaspora comme  le rappeur franco-tchadien Mc Solaar, Clément Masdongar, amateur de pop et de rock, et la diaspora du Canada :   H’Sao entre folk, pop et gospel basé à Montréal,  Caleb, le membre de la fratrie Rimtobaye,  alias Afrotronix devenu une star internationale de l’électro-pop et   le rappeur Mawndoé révélé d’abord au sein du groupe Yeleen.

Installé en France, Kaar Kass Sonn  oscille entre chanson française et rap tandis qu’Achille Baldal, basé aux USA, a choisi le reggae. Vivant en Côte d’Ivoire, Renta Victorine représente le gospel. Installé au Mexique puis au Rwanda, Koulsy Lamko, est le co-auteur avec Wasis Diop de l’Opéra du Sahel et a choisi la chanson aux couleurs pop et reggae.

*Sources :
http://witantoua-la-tchadienne.over-blog.com/article-28269124.html
http://www.ialtchad.com/musique.htm
Histoire de la musique tchadienne des indépendances à nos jours – Université de NDjamena, 2018/2019,

 

 

 

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

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Gérard Daliam

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