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Voix et ensembles de pipeaux

Un des principaux peuples d’Afrique australe avec les zulus, les Sotho sont localisés traditionnellement sur les hauts plateaux d’Afrique du Sud, au Botswana, au bord du désert du Kalahari et dans les montagnes du Lesotho. Le peuple Sotho est formé de sous-groupes dont les Tswana (localisés au Botswana), les Sud Sothos (concentrés au Lesotho et dans la province de Free State en Afrique du Sud), les Nord Sotho ou Pedi vivant dans les provinces nord d’Afrique du Sud et au Mpumalanga et les Lozi vivant dans la partie occidentale de la Zambie et dont la musique s’apparente à celle des Chokwe, des Lunda et des Lubas. Les Sothos sont originellement un peuple d’éleveurs et de « cow boys » qui a remplacé les San (Bushmen) lors des grandes migrations du peuple bantou vers le sud du continent africain et se caractérisent par une musique traditionnelle à base de polyphonies accompagnées d’ensembles de pipeaux (ditlhaka) et d’arcs à bouche (lesiba). Chaque arc à bouche peut produire au moins deux notes fondamentales et possèdent de riches harmonies.

Le lesiba

Le peuple sud-sotho a préservé très fortement une culture musicale traditionnelle marquée par les flûtes, les pipeaux et les arcs musicaux dont le lesiba dérivé du gora khoi et reconnu aujourd’hui comme l’instrument national. Le chant, principale forme musicale du peuple sotho est caractérisé par des introductions par des voix de basses et accompagne divers styles de danse dont le mahobelo exécutée par les hommes ou le mokgibo exécuté par les femmes. Les chants mokorotlo accompagnent les longues chevauchées à poney (un animal introduit au XIXe siècle) ou servent à chasser les souris.

L’accordéon touches piano : Tau Oa Matsheka

L’accordéon touches piano est devenu une spécialité de la musique urbaine Sotho. Accompagné de percussions et de basse, il soutient le Famo combinant chants sotho et beat mbaqanga joué à l’accordéon et à la basse. Les représentants les plus connus de ce style lancé dans les années 1920 par les mineurs exilés en Afrique du Sud, et devenu très populaire dans les années 1960 grâce au groupe Tau ea Matšekha. Il est adopté plus tard par des artistes comme Mahosana Akaphamong, Puseletso Seema, Tau Ea Linare, Amatso Makaota et Limano Lingaka Mabili. Avec un rythme tout aussi entraînant que celui des zulus, ces groupes électriques sothos ont évolué du concertina à l’accordéon chromatique. Ils utilisent une gamme sextatonique et privilégient un style vocal dans lequel le lead vocal a une voix de groaner (comme Mahlatini).

Afro-jazz, style vocal et R&B

Dans les années 1980/1990, la scène urbaine est influencée par la country, le gospel, le jazz, le reggae et le mbaqanga suivi du kwaïto dans les années 2000. On trouve au Lesotho des artistes comme le chanteur folk Molahleli qui a enregistré «~The Lost One~», un album populaire en 1986 puis a disparu, le groupe Sankomota entre jazz, rock et gospel, qui s’est taillé un franc succès dans les années 1980/1990, le saxophoniste Budhaza Mapefane (ex membre de Sankomota) qui a formé son propre groupe «~Bhudaza and friends~», Khotso Thahane spécialisé dans le R&B et Thabiso Mokoena, qui maintient la tradition vocale du sud sotho. Dans les années 2000, Mosotho Chakela perpétue la tradition du famo. Le gospel a ses adeptes comme Tsepo Kherenchane

map-lesotho.gifSongs and pipeau ensembles

Sothos are one of the main people of southern Africa with Zulus.They are traditionnally localized on the highlands of South Africa, in Botswana, at the edge of the desert of Kalahari and in the mountains of Lesotho.
The Sotho people are made of sub-groups whose Tswana (localised in Botswana), South Sothos (concentrated in Lesotho and in the province of Free State in South Africa) North Sotho or Pedi living in the Northern provinces of South Africa and Mpumalanga and Lozi settled in the Western part of Zambia: their music is similar to Chokwe, Lunda and Luba music.
Sothos are originally stockbreeders. They replaced San (Bushmen) during the great migrations of the Bantu people to the south of the continent and are characterized by a traditional music based on polyphonies accompanied by pipeaux ensembles (ditlhaka) and mouth bows (lesiba). Each mouth bow can produce at least two fundamental notes and has a large range of harmonies.

The lesiba

The South-Sotho people preserved a very strong musical tradition marked by flutes, pipeaux and musical bows. One of them, the lesiba, derived from gora khoi, is recognized today like the national instrument.

The singing, the main characteristic of sotho music, is introduced by bass vocals and accompanies various dances (mahobelo carried out by men or mokgibo carried out by women.The mokorotlo songs accompany pony long rides (an animal introduced at the XIXe century) or are used to drive out mice.

Accordion : Tau Oa Matsheka

The piano accordion became a speciality of Sotho urban music . Accompanied by percussions, it supports the difela, the only form of ballads existing in Lesotho. The lyrics tell the life of miners in South Africa. The most known representatives of this style are Tau Oa Matsheka, Puseletso Seema, Tau Ea Linare, Amatso Makaota and Limano Lingaka Mabili.
Playing a vivid rhythm close to zulu style, these electric sotho groups first played concertina and adopted later chromatic accordion. They use a sextatonic scale and privilege a vocal style in which the lead vocal sings in the groaner style ( very bass and rough accents) like Mahlatini.

Afro-jazz, vocal style and R&B

In urban music, on can find many artists playing various styles : folk singer Molahleli recorded in 1986 «~The Lost One~» then died, Sankomota Band specialized in afro-jazz, were popular in the 1980s/1990s. Sax player Budhaza Mapefane (ex member of Sankomota) founded his own group, «~Budhaza and friends~», Nico van Rensburg is a legend of sotho singing , Khotso Thahane chose R&B and Thabiso Mokoena promotes vocal tradition of South Sotho.

Sources :
– Banning Eyre (Afro Pop Worldwild) and Historical Recordings by Hugh Tracey – Tswana and Sotho Voices, Botswana, South Africa, Lesotho 1951 ’57 ’59.

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille

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