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map-ghana.gifLes prémisses du highlife

A l’aube du XXe siècle, les pays anglophones ouest-africains et plus particulièrement le Ghana et la Sierra Leone voient apparaître les premiers groupes orchestrés de la région. Fondé en 1914 à Accra et considéré comme le premier groupe d’Afrique de l’Ouest, l’Orchestre Excelsior de Frank Torto au Sierra Leone est suivi dans les années 20 par les groupes ghanéens Jazz Kings, Cape Coast Sugar Babies, Winneba Orchestra, Cape Coast Light Orchestra qui vont annoncer les prémisses du highlife, un style incarné dans les années 50 par des compositeurs phares comme E.T. Mensah, Koo Nimo et E.K. Nyame.

Le highlife : symbole du panafricanisme

Ces figures emblématiques d’un style qui va symboliser le panafricanisme vont marquer de leur empreinte tout le continent et influencer des générations de musiciens. Largement diffusé dès les années 40 dans les pays voisins (Nigeria, Sierra Leone) et même au Congo Belge (actuel RDC) où il influence le jeu de guitare des artistes locaux, le highlife s’implante à partir des années 50 dans toute l’Afrique de l’Ouest, soutenu par la plupart des gouvernements ghanéens. Cette influence décline dans les années 50 lorsqu’il devient le porte-parole de la lutte anti-coloniale.

Déclin culturel et exil des artistes

Les troubles politiques et économiques qui suivent la destitution, en 1966, de l’Osagyefo ou rédempteur (le surnom donné à Kwame Nkrumah) entraîne un affaiblissement de la vie artistique. Arrivé en 1969 au pouvoir, le Docteur Kofi Busia entraîne le pays dans une véritable catastrophe. Incapable de juguler la crise économique, il multiplie également les erreurs politiques, privilégiant systématiquement les membres du peuple ashanti dans la fonction publique et l’armée, établissant un dialogue avec le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud et expulsant des dizaines de milliers d’Africains en promulguant «~l’Aliens Order~» (loi sur les étrangers). Ancien champion du panafricanisme sous Kwame Nkrumah, le Ghana se met alors à dos nombre de pays du continent. L’instabilité politique et économique entraîne la fermeture de nombreux night-clubs et pousse les musiciens privés de contrats à s’exiler au Nigeria, en Côte d’Ivoire, en Allemagne, aux Etats-Unis et surtout en Angleterre. C’est dans la ville de Londres où les artistes confrontent le style national aux musiques occidentales que s’opère l’internationalisation du genre avec des artistes comme Osibisa et son tube «~music for gong gong~».

Le courant «~ga~»

La version cosmopolite du highlife offerte par Osibisa n’entame en rien le retour aux sources amorcé au Ghana à la même période. Le courant «~Ga~» qui réhabilite une musique donnée par des percus et des choeurs féminins s’impose avec comme chefs de file le groupe acoustique Wulomei de Nii Ashitey invité par son inspirateur Kwaa Mensah à participer à une de ses tournées américaines et le maître-tambour Mustapha Tettey Addy. Le Panafrican Orchestra quant à lui s’attachera à promouvoir une musique symphonique acoustique dans les années 70/80.

R&B et afro-cubain

Parallèlement à ce «~roots revival~» le pays connaît une irrésistible poussée des musiques importées. Soul, Rhythm’n blues et afro-cubain font une percée remarquée sur la scène ghanéenne en 1971 à l’occasion de la venue de Wilson Picket, Ike & Tina Turner et Carlos Santana, invités du festival Soul to Soul à Accra. Inaugurée par le succès du guitariste Geraldo Pino dont les prestations scéniques à la «~James Brown~» font aussi un tabac au Nigeria, la mode des musiques américaines branche de nombreux artistes dont Bunny Mac, promoteur du discocalypso, ou C.K. Mann à la fusion hilife-salsa diffusée en Angleterre et au Canada. L’installation à Accra du producteur zaïrois Henry Bowane attirant dans les années 70 des groupes comme l’Orchestre Vévé et Zaïko Langa Langa ouvre également la porte à la rumba congo-zaïroise.

Renouveau du highlife

En dépit de ce bouillonnement musical, le highlife reprend ses droits dans les années suivantes avec Okukuseku, groupe majeur de «~guitar-band~» et le chanteur AB Crentsil. Le développement des initiatives privées face à la défaillance économique et structurelle de l’industrie musicale habituelle marque dans les années 80 le retour en force des institutions religieuses dans la gestion comme dans l’évolution artistique du highlife. Les puissances financières que sont les églises apostoliques et évangélistes contribuent ainsi à soutenir matériellement certaines formations, favorisant l’éclosion d’un «~gospel-highlife~». Soumis à des influences multiples, les artistes de la diaspora essaiment le highlife aux quatre coins de la planète dans les années 80. On trouve Pat Thomas et George Darko et Lady Eugenia Assabia Cropper, ex-chanteuse des Sweet Talks et protégée de Koo Nimo.

L’adoption du reggae

Musique populaire depuis le succès planétaire de Bob Marley, la première star du Tiers-Monde, le reggae est devenu, dès la fin des années 70, une couleur importante de la scène musicale ghanéenne avec des artistes comme Kojo Antwi. map-ghana.gifHighlife Premises

At the dawn of the XXth century, the West African anglophone countries and more specifically Ghana and the Sierra Leone gave birth to the first orchestras of the area. In 1914, Franck Toto, a musician from the Sierra Leone, founded in Accra the Excelsior Band, considered as the first modern band of West Africa. In the 1920s, many Ghanaian groups were created : Jazz Kings, Cape Coast Sugar Babies, Winneba Orchestra, Cape Coast Light Orchestra. They prepared the birth of highlife, a style incarnated in the 1950s by trend-setters E.T. Mensah, Koo Nimo and E.K. Nyame.

Highlife : a symbol of panafricanism

These emblematic figures of a style which symbolized panafricanism marked of their print the whole continent and influenced generations of musicians. Highlife has been widely spread since the 1940s in the neighbouring countries (Nigeria, Sierra Leone) and influenced the Congolese musicians’ guitar touch. Promoted by successive Ghanaian governments, highlife was adopted by most countries of Western Africa in the 1950s and gradually disappeared when countruies got their independence (highlife has been the music of anti-colonial struggle).

Cultural decline and artists in exile

In 1966, when Kwame Nkrumah ‘Osagyefo’ aka ‘The Redeemer’ resigned, a period of political and economic disturbances started and weakened artistic life. Doctor Kofi Busia came to power in 1969 and the political situation got worse. He couldn’t suppress the economic crisis, multiplied political errors and sytematically privileged ashanti people in the Civil Service and the Army. He established relations with South African racist government and expelled thousands of Africans out of Ghana after he promulgated «~the Aliens Order~», a law against foreigners. Ghana which was regarded as the champion of panafricanism under Kwame Nkrumah’s regime, became then quite unpopular in Africa. The bad economic and political situation involved the closing of many night clubs. Many musicians were unemployed and decided to go into exile in Nigeria, Ivory Coast, Germany, the United States. Most of them settled in London and experimented a fusion of highlife and western styles and Osobisa made famous all over the world with their hit, ‘music for gong gong’.

Ga style

While Osibisa led an international career with their cosmopolitan version of highlife, a roots revival was operated in Ghana. Ga style revived a music based on percussions and female vocals : the leading group of this trend was acoustic band Wulomei of Nii Ashitey. They made an american tour with their mentor Kwaa Mensah and master drummer Mustapha Tettey Addy. Panafrican Orchestra promoted an acoustic symphonic music in the 1970s/1980s.

R&B and afro-cuban music

At the same period, Ghana felt in love with imported music. Soul, &B and afro-cuban music made an opening on the Ghanaian stage in 1971 when Wilson Picket, Ike & Tina Turner and Carlos Santana performed in Accra as guest stars of Soul to Soul Festival. Soul music started to be popular with Sierra Leone’s guitarist Geraldo Pino whose imitations of James Brown on stage were even popular Nigeria. American trends were quickly adopted by local musicians : Bunny Mac promoted disco calypso, C.K. Mann who toured in England and Canada fused hilife and salsa. Zairian producer Henry Bowane settled in Accra in the 1970s and organized tours for Orchestre Veve and Zaïko Langa Langa, promoting thus congolese rumba.

Highlife revival

In spite of this musical boiling, highlife prevailed in the following years with Okukuseku, the leading group of “~guitar-band~” style, and with singer AB Crentsil. The development of private initiatives vis-a-vis the economic and structural failure of usual music industry marked in the Eighties the strong come back of religious institutions in the management as in the artistic evolution of highlife. The financial powers of apostolic and evangelic churches contributed to support materially certain bands, giving birth thus to a new style, “~gospel-highlife~”. Artists of the diaspora, influenced by many styles, contributed however to spread highlife all over the world in the Eighties. Among them were Pat Thomas and George Darko and Lady Eugenia Assabia Cropper, ‘protected’ by Koo Nimo and ex-singer of Sweet Talks.

Adoption of the reggae

Since the world success of Bob Marley, Third World’s first star, reggae became, in the late 1970s, an important color of Ghanaian music scene with artists like Kojo Antwi.

Sylvie Clerfeuille – Graeme Ewens

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Sylvie Clerfeuille

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