“Cette biographie consacrée à une des plus grandes stars de la chanson congolaise se présente surtout comme la vision d'un inconditionnel de la chanteuse, Berthrand Nguyen Matoko, le Président de son fan club. ”

Abeti Masikini la Voix d’Or du Zaire


Cet ouvrage ne brille pas par l’excellence de sa forme (manque de distanciation par rapport au sujet, absence de citations de la star, sentimentalisme excessif) mais nous apporte néanmoins un éclairage intéressant sur diverses facettes de la personnalité d’Abeti.

On découvre ainsi ses origines bourgeoises: elle est la fille métisse du député gouverneur d’origine belge Jean-Pierre Finant, futur lumumbiste assassiné par Mobutu; sa famille lui pardonnera d’ailleurs difficilement son statut d’artiste quasi officiel du régime.
On apprend avec étonnement son succès en Chine où son répertoire fut repris et popularisé par «~l’Abeti chinoise~» Chu Mi Yin. On y constate ses galères de femme au sein d’une scène musicale machiste mais aussi ses mesquineries à l’égard de sa rivale MPongo Love dont elle moqua sur scène les handicaps physiques.

Mais il reste de ce parcours chaotique les rencontres providentielles et les moments magiques: Tino Rossi venu l’applaudir à l’Olympia, le couturier Pierre Cardin qui lui signe son premier contrat discographique et lui ouvre les portes de l’Amérique (elle sera d’ailleurs l’une des rares artistes africaines à se produire à l’Apollo de New York et au Carnegie Hall). Demeure également sa complicité artistique avec son compatriote Franco, un des seuls à n’avoir pas boudé la chanteuse swahili (boycottée par la majorité lingala) et Bernard Lavilliers qui l’invita le temps d’un duo dans son, album Noir et Blanc avant d’aller la rejoindre sur scène au Zenith. «~Tantine Abeti~» a marqué par sa voix et son soukouss parfumé l’histoire de la musique congolaise.

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Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille

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