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“Le boléro est une danse de bal et de théâtre à trois temps, apparue en Espagne au xviiie siècle. En 1780, le maître à danser de Charles III, Sebastián Lorenzo Cerezo, le codifie et lui donne ses lettres de noblesse à la scène, participant ainsi à la naissance de la danse académique espagnole, l'"escuela bolera".”

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La vogue du boléro devient telle qu’en 1795, Juan Jacinto Rodríguez de Calderón rédige « La Bolerologia o quadro de las escuelas del bayle bolero, tales quales eran en 1794 y 1795, en la corte de España », dans laquelle il fustige la multiplication des écoles de boléro et leur tendance à négliger la bienséance.

L’origine étymologique du boléro reste incertaine : pour certains, le mot fait référence au chapeau ou au gilet que portaient les Andalous ; pour d’autres il désigne le danseur de bolas (boules), mais l’origine la plus vraisemblable paraît être le surnom de « Volero » (le danseur volant) qu’on donnait à Sebastián Cerezo.

Le boléro cubain

Le boléro cubain apparaît à la fin du xixe siècle, dans la province d’Oriente, comme variante binaire et syncopée du boléro espagnol, marqué par la clave. Avec « Tristeza », composée en 1883 par José Sanchez, il est adopté ensuite par les Mexicains, puis par toute l’Amérique latine. Influencé par la musique de variété américaine, le boléro cubain se transforme progressivement avec des pas proches du son ou du danzón.

La danse de salon appelée rumba, née aux États-Unis, se danse en fait (malgré son nom) (pourquoi ?) sur des boléros.

Le boléro et la musique

Le boléro a été utilisé en 1937 par Django Reinhardt dans sa fameuse pièce intitulée Boléro. Cette composition a été inspirée par celui de Ravel, à partir duquel Django a mis au point une technique rythmique de guitare particulière.

Le boléro mexicain le plus célèbre est sans doute Bésame mucho, composé par Consuelo Velásquez en 1941, interprété entre autres par Joséphine Baker, les Beatles, Plácido Domingo, Diana Krall, João Gilberto, Cesária Évora, Rosa Passos, Sara Montiel, Sylvie Rodriguez et aussi, dans les coulisses du Festival de Bayreuth, par la basse wagnérienne finlandaise Matti Salminen.

Une fois adapté en français par Francis Blanche en 1945, l’ont repris Tino Rossi, Dalida, Céline Dion, Arielle Dombasle, Michel Petrucciani, Marc Lavoine, Nicole Louvier, Guy Marchand, Lili Boniche.

Quelques boléros connus

Quizás, quizás, quizás (Peut-être, peut-être)

Historia de un amor (Histoire d’un amour)

Piensa en mí, interprété par Luz Casal, entendu dans le film Tacones lejanos de Pedro Almodóvar

Dos gardenias

Perfidia

Lágrimas Negras de Miguel Matamoros (1929)

Parmi les interprètes renommés, il y eut María Dolores Pradera, Luis Miguel, Olga Guillot (surnommée « la Reine du boléro »), Nana Mouskouri, Nat King Cole, le trio Los Panchos, Tito Rodríguez, Daniel Santos, Julio Jaramillo, Gloria Estefan (quelques titres tels que Como me duele perderte).

En République dominicaine est apparu dans les années 1960 la bachata, un genre musical assez proche du boléro influencé par le merengue.

Le répertoire de la tuna (groupes folkloriques d’étudiants espagnols) comporte de nombreux boléros.

De nombreux boléros ont été adaptés en salsa romántica.

Le boléro dans la musique classique

Ce genre musical a inspiré de nombreux compositeurs de musique classique :
Les Deux Aveugles de Tolède, boléro sur des thèmes espagnols, d’Étienne Nicolas Méhul (1806)
Boléro pour deux guitares et Boléro pour trois voix de femme et piano, de Fernando Sor
Boléro de l’opéra La Fête du village voisin, de François-Adrien Boïeldieu (1816)
Vendôme en Espagne, boléro de Daniel-François-Esprit Auber pour orchestre symphonique (1823)
Boléro en la mineur pour piano, opus 19, de Frédéric Chopin (1833)
Air Quand j’aurai votre âge, tiré de Benvenuto Cellini (acte I n° 2) d’Hector Berlioz (1838)
Zaïde, boléro pour chant et piano ou chant et orchestre d’Hector Berlioz (1845)
Air Merce, dilette amiche, tiré des Vêpres siciliennes (acte V) de Giuseppe Verdi (1855)
Boléro de la Grande Sérénade pour guitare, opus 30, de Napoléon Coste (1856)
Tirana alla spagnola, extrait des Péchés de vieillesse de Gioachino Rossini (1864)
Danse espagnole (tempo di bolero), du Lac des cygnes de Piotr Ilitch Tchaïkovski (1876)
Scènes historiques, Tempo di bolero, suite pour orchestre opus 25 n° 3, de Jean Sibelius (1912)
Boléro pour violon et piano, opus 16 n° 2, de Moritz Moszkowski (1913)
Boléro de Ravel (1928)
Boléro (Closing Credits) de Steve Sharples pour le film Moulin Rouge! (2001)
Boléro de Mikhail Glinka pour voix et piano

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Nago Seck

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