“Né en 1915 en Syrie et mort en 1977 à Addis-Abeba en Éthiopie, Nersès Nalbandian, est un musicien et pédagogue d'origine arménienne naturalisé éthiopien en en 1959. Il est le neveu du chef d'orchestre Kevork Nalbandian (1887-1963), compositeur de l'hymne national éthiopien utilisé de 1925 à 1974. ll devient musicien (violon, piano, saxophone, formé de manière autodidacte et chef d'orchestre. Il dirige notamment l'orchestre de la Garde impériale ( Imperial Body Guard), l'Orchestre de la Police, l'Orchestre municipal d'Addis Abeba (où il est professeur dès 1946) qui devient l'orchestre du théâtre Haïlé-Sélassié (dirigé par Franz Zelwecker), ainsi que les écoles musicales Yared et Nazret. Son influence est essentielle dans les évolutions de la musique éthiopienne à partir des années 1940, à la suite du travail de son oncle Kevork Nalbandian, dont il intègre les bases traditionnelles instrumentales et stylistiques (gamme pentatonique, rythmique) pour leur insuffler des principes de la musique classique occidentale et du jazz (dont l'utilisation des cuivres), en la modernisant sans l'occidentaliser. Ses apports sont à l'origine de la création de l'éthio-jazz dans les années 1950 dont la plupart des musiciens — Tlahoun Guèssèssè, Bezunèsh Bèqèlè, Alèmayèhu Eshèté, Mahmoud Ahmed, Hirut Bèqèlè, Menelik Wèsnatchèw — ont joué ou chanté au sein des deux principaux orchestres d'Addis-Abeba que Nersès Nalbandian a dirigés.”

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Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille

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