“Recueil de poèmes - Texte imprimé, monographie - 47 pages
Auteur : Keïta Fodéba (1921-1969)
Editeur : Seghers – 1950
Collection : Poésie 50 ”

Poèmes africains.


Les “Poèmes africains” de [Keïta Fodéba sont un recueil de poèmes comprenant : “Minuit”, “Moisson à Faraba”, “Aube Africaine”, “Sini-Mory”, “La légende du toubab Bailleux”, “Chansons du Djobila”…

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“… Des oeuvres publiées par la première génération des poètes noirs de langue française, qu’on pourrait appeler génération de la négritude, les Poèmes Africains sont certainement l’une des plus originales. Sans doute le lecteur occidental pour qui la poésie implique une forte individuation du style et de la pensée n’accordera-t-il ni poids ni prix à une prose (car, comme Sissoko, Keïta refuse toute versification, tout découpage linéaire), une prose banale, riche en clichés, parfois approximative (“il faisait tard”), sans autre apprêt que quelques refrains (“C’était l’aube”, “il défricha… défricha…”) ou d’exceptionnelles marques lexicales (“Hommes et femmes (…) achalandèrent les ruelles naguère taciturnes”). Mais ce n’est à l’esthète occidental que ces textes sont adressés.

Un seul des sept longs poèmes qui composent la seconde édition fait appel à une expérience individuelle, le dernier, “Noël de mon enfance” ; encore s’agit-il d’une scène collective : la bande des écoliers allant chanter de maison en maison dans le quartier blanc. Tous les uatres sont des scènes ou des récits concernant la collectivité et dans lesquels l’individualité du narrateur n’a pas à se manifester et ne se manifeste pas : un hymne au Niger (“Chansons du Djobila”), une scène paysane (“Moisson à Faraba”), un conte (“Sini-Mory”), une histoire de chasse (“La légende du toubab Bailleux”) et deux récits de caractère politique fondés sur des faits authentiques (“Minuit” et “Aube Africaine”). Africains, ces poèmes le sont donc effectivement par leur contenu et la tranparence du sujet qui les énonce, indifférent à ses émotions propres, simple porte-parole des croyances, des préoccupations et des intérêts du peuple pour lequel il écrit.

Africains, ils le sont par la forme qui leur est donnée. En effet, Keïta ne pratique pas l’adaptation littéraire comme le font, entre autres, un Birago Diop ou un Dadié qui, sous le nom de contes ou de légendes, donnent à lire des versions très “écrites” conformes aux habitudes du public occidental, il donne à voir et à entendre, au sens propre, un mélodrame…”

Michel Hausser

* Source : http://books.google.fr/

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Nago Seck

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