“Né le 18 septembre 1958 à Saint-Denis-du-Sig (actuel Sig), à 50 km d'Oran, en Algérie, fondateur du groupe de rock français Carte de séjour en 1980, Rachid Taha est un auteur-compositeur et chanteur algérien ayant résidé durant la majorité de sa vie en France. Sa musique est inspirée par différents styles : raï, chaâbi, techno, rock'n'roll, pop-rock, punk rock, dans le contexte qui a suivi le mouvement punk avec la vague new wave au début des années 1980. En 2015, il reçoit un trophée des Victoires de la musique pour l'ensemble de sa carrière.
Artiste conscient, engagé et panafricaniste, Rachid Taha décède de la maladie d’Arnold-Chiari le 12 septembre 2018 aux Lilas, en Seine-Saint-Denis (Ile-de-France) où il a vécu de nombreuses années.”

Carte de séjour

Carte de séjour est un groupe de rock français, originaire de Lyon, en Rhône-Alpes. Il est formé en 1980 à Rillieux-la-Pape par Rachid Taha (chant), Djamel Dif aka Def (batterie), les frères Mokhtar Amini (basse) et Mohammed Amini (guitare) et Jérôme Savy (guitare) qui remplace Éric Vacquer en 1982.

De par son histoire, son style musical et son nom, ce groupe participa grandement à l’émergence en France, sur le plan artistique, de la communauté française d’origine maghrébine dite de « la seconde génération » (les Beurs), notamment avec la reprise de la chanson « Douce France » de Charles Trenet en 1986. Il est le premier groupe à avoir réussi la fusion entre rock français et musiques méditerranéennes (dont le raï).

Rachid Taha a enregistré trois albums avec le groupe, dont « Halouf Nar » (1982) comprenant le hit reggaerock oriental « Zoubida », « Rhorhomanie » (1984) qui a connu un énorme succès ou encore « 2 ½ » (1986).

Douce France

Quant à « Douce France » (1986), c’est une reprise (version rock oriental) de la fameuse chanson de Charles Trenet. C’est aussi une confirmation de son appartenance à la France. Le titre « Douce France » fut interprété en 1943 par Charles Trenet, « le fou chantant », pour soutenir le moral des prisonniers français et des jeunes gens réquisitionnés pour le STO (Service du travail obligatoire) dans les territoires du Troisième Reich.
Ce 45T du groupe qui a défrayé la chronique fut distribué aux députés de l’Assemblée nationale par Jack Lang, à l’époque ministre de la Culture.
Carte de séjour est alors honoré du « Titre de meilleur groupe français de l’année 1986 » et reçoit le « Bus d’Acier ».
Appelé aussi « Grand Prix du rock français », le Bus d’Acier   fut créé par Sylvie Jouffa, entre 1981 à 1996, parrainé par la discothèque parisienne Le Bus Palladium, sponsorisé par la Sacem et décerné, lors d’un déjeuner en présence d’un huissier de justice, à l’issue du vote d’un jury composé d’une trentaine de journalistes spécialisés et de représentants des médias audiovisuels).

Rachid en solo

A la séparation du groupe, Rachid Taha entame une carrière solo et lance en 1990 son premier album intitulé « Barbès », écrit à Oran, dans sa région natale, et enregistré aux États-Unis avec Don Was (producteur et guitariste américain) et Godwyn Logie (producteur britannique). Edité en 45T, « Barbès » lancera la carrière de Rachid Taha en solo. A travers cet opus, cet artiste éclectique et précurseur est l’un des premiers à explorer le rap et le dub version arabe, en lançant les titres « Arab Rap » et « Arab Dub ».

Après les sorties de l’album éponyme « Rachid Taha » (1993) et « Olé Olé » (1995), paraît en 1997 « Carte blanche », une compilation de Rachid Taha et Carte de séjour comprenant des hits comme « Ya Rayah », « Douce France », « Bleu de Marseille », « Rhorhomanie », « Zoubida », « Ramsa » ou encore « Barbès »…

Suivront plusieurs autres projets : « Diwân » (1998), « 1,2,3 soleils » avec Khaled et Faudel (2CD – 1998), « Made in Médina » (2000), « Tékitoi » (2004), « Diwân 2 » (2006), « The Definitive Collection » (2007), « Rock’n’Rai » (2008), « Bonjour » (avec Gaëtan Roussel du groupe de pop-rock français Louise Attaque) (2009), « Voilà voilà le Best Of » (2011), « Zoom » (2013). En 2015,  Rachid Taha reçoit un trophée des Victoires de la musique pour l’ensemble de sa carrière.

Je suis africain

L’année 2019 voit la sortie de son album posthume, « Je suis africain », une affirmation de son identité africaine à travers des compositions marquées par des sonorités du continent et des textes profonds. Cet opus fut enregistré entre autres avec le bassiste Idriss Badarou, co-auteur avec Yves Aouizerate du titre « Like A Dervish », Yacouba Sissoko (tama, percussions, shaker, chœurs) ou encore Déné Issébéré, Lassana Diabaté et Assaba Dramé (chœurs).

« Le début du projet a commencé avec une résidence qu’Alain Lahana, notre tourneur, nous a trouvée. C’est lui qui a initié notre voyage à Bamako, on devait rencontrer des musiciens maliens cinq jours après notre arrivée. On faisait des feedbacks entre ce qu’ils nous apprenaient, ce qu’on leur apprenait et c’est comme ça qu’est née l’idée de faire l’album « Je suis africain ». Ensuite, toute la préproduction s’est faite entre la maison de Thomas Feterman et celle de Rachid aux Lilas », précise Yves Aouizerate, clavier et manager de Rachid Taha.

Rachid et Steve Hillage

Rachid Taha a beaucoup collaboré avec le guitariste britannique Steve Hillage du groupe Gong. Ce dernier a produit huit de ses albums intervenant également à la guitare et s’occupant du mixage de plusieurs d’entre-deux

Le rocker franco-algérien n’est plus

Artiste conscient, engagé et panafricaniste, Rachid Taha décède le 12 septembre 2018 aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, en Ile-de-France, de la maladie d’Arnold-Chiari, diagnostiquée vers 1987.
« J’en ai marre que les gens me prennent pour quelqu’un de « bourré » sur scène. Alors que ce sont les symptômes de la maladie d’Arnold-Chiari. Je titube, car je perds l’équilibre. Je vacille. Cela génère un dérèglement dans le corps. »

Les Lilas – Seine-Saint-Denis

A propos de Rachid Taha qui a vécu aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, son clavier et manager Yves Aouizerate témoigne : « Rachid s’est installé aux Lilas en 2008. Il y a vécu une douzaine d’années. Je m’y suis installé avec lui. C’est dans son studio qu’on a enregistré son dernier album « Je suis africain ». L’enregistrement a débuté à Bamako et s’est terminé dans son studio aux Lilas… Rachid avait un lieu de prédilection à côté de chez lui, le Melting Potes. Il y avait une super ambiance, le patron en avait fait un lieu culturel. Beaucoup de musiciens jouaient là-bas. »
** Yves Aouizerate clavier et manager de Rachid Taha

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Sylvie Clerfeuille

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Nago Seck

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