“Quarante ans après le festival d'Alger qui signait la proclamation du panafricanisme version culturelle, la capitale algérienne accueille aujourd'hui les délégations de 52 pays membres de l'Union Africaine et 5860 artistes. Un évènement grandiose pour réaffirmer un panafricanisme mis à mal par des évènements douloureux comme le Darfour ou les problèmes raciaux en Mauritanie. ”

Une occasion pour le Maghreb de réaffirmer ainsi une africanité longtemps occultée. En 2006, à l’occasion du cinquantième anniversaire du Congrès panafricain de 1956, Wole Soyinka, grand dénonciateur du génocide au Darfour, ne déclarait -il pas mort le rêve des années soixante de réunir les deux Afrique, Maghreb et Afrique subsaharienne ? Pourtant depuis les années 1990/2000, le Maghreb fait des efforts notoires dans l’exploration de son africanité : festivals, instituts, échanges se multiplient et le Festival d’Alger représente dans ce processus une étape majeure Nous voulons faire de ce festival un carrefour d’expressions pour les jeunes Africains et susciter de nouvelles vocations tout en permettant l’expression de nouveaux talents, a déclaré Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture de la République algérienne. Une déclaration qui aurait fait chaud au coeur à Kwame N’Krumah grand promoteur de la culture comme fer de lance du rapprochement des peuples. Toutes les informations et le programme sur http://www.panafalger2009.com.

Tlahoun Gessesse nous a quitté le 19 avril des suites d’un diabète. il avait 68 ans. Ce chanteur éthiopien fut une des plus grandes voix de la scène nationale des années 1970 et le premier chanteur de l’Imperial Body Guard band. Paix à son âme. Signalons la sortie chez Buda de la compilation Hot in Dar qui nous plonge dans la swing des années 1970 de Tanzanie pays du Taarab et du kidumbak. Baaba Maal vient de sortir Télévision, un album crossover prochainement chroniqué sur ce site.

Un petit mot puisque c’est d’actualité sur Michael Jackson et l’Afrique. Nago Seck et moi même l’avions rencontré en 1999 à Sun City en Afrique du Sud alors qu’il remettait un chèque à Nelson Mandela pour sa fondation à l’occasion des Kora Awards. Personnage lunaire, fasciné par les jeux (Sun City est une sorte de Las Vegas sud-africain) , il assista à cet occasion au déploiement des plus grands talents africains (Femi Kuti, Angélique Kidjo, Brenda Fassie, etc…) dans le SuperBowl, la plus salle de spectacles d’Afrique, mais cette découverte ne déboucha pas sur une idée de collaboration. Dommage !!! Il semble pourtant que Michael s’intéressait aux sonorités africaines. Quelques années après avoir emprunté des extraits de Soul Makossa à Manu Dibango, nous croisâmes son équipe à la Grande Halle de la Villette à Paris : elle assistait au concert du grand artiste éthiopien Mahmoud Ahmed.

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Sylvie Clerfeuille

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