“ Symbole d'une nouvelle image de la femme africaine, Angélique Kidjo propose (avec Jean Hébrail) un style entre soul, funk, jazz, pop, rock, juju music, highlife et rythmes du Bénin (akinta, akohoun, toba, agbotchébou, Kpanouhoun, gogbahoun, zilin, tchinkoumey…), chanté en fon, en mina, en yoruba, en français ou en anglais. Ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF depuis 2002, elle sera lauréate de trois Grammy Awards aux USA, dans la catégorie "Meilleur album de musique du monde" : "Djin Djin" en 2008, "Eve" en 2015 et "Sings" en 2016... Angélique Kidjo, qui a chanté pour Nelson Mandela ou Barack Obama, créera la Fondation Batonga qui soutient les études secondaires de jeunes filles africaines en leur offrant des bourses... Symbole d'une nouvelle image de la femme africaine, "la diablesse" poursuit une carrière internationale, proposant, avec Jean Hébrail, un style entre funk, jazz, rock, juju, gogbahoun, zilin, afro-beat et tchinkounmey chanté en fon, mina ou yoruba.”

Une famille d’artistes

Originaire de la région de Ouidah au Bénin où elle est née le 14 juillet 1960, Carmen Angélique Bonaventure Kidjo aka Angélique Kidjo naît dans une famille d’artistes : son père est photographe et sa mère dirige une troupe de théâtre et chante. La “petite” découvre les planches à l’âge de 6 ans, puis, quatre ans plus tard, se tourne vers la musique et monte avec son frère Oscar Kidjo, un groupe de musique moderne. Le Beach Club lance alors la lycéenne qui chante des morceaux des Beatles, de Simon and Garfunkel et des Rolling Stones. Elle continue néanmoins sa vie d’étudiante et suit parallèlement une solide formation musicale. Au lycée, elle fonde le groupe Swings : son premier enregistrement, une reprise de la chanson (en swahili) “Malaïka” de Fadhili William et Fundi Konde (1958) popularisée par Miriam Makeba aura lieu dans les studios de la Radio Nationale.

Une plongée au cœur du Bénin

En 1980, sort son premier disque, Pretty, où elle utilise un rythme de sa région, le gogbahoun. Elle effectue bientôt des tournées dans plusieurs pays africains puis arrive en 1983 à Paris (France) et y passe le concours d’entrée des Ateliers-Chansons. Contactée par le pianiste hollandais Josef Van’t Hoft qui tente une fusion entre jazz classique et rythmes africains, elle rejoint le groupe Pili Pili à Rotterdam : le problème majeur sera d’adapter des chansons écrites par Angélique Kidjo sur des compositions jusque là instrumentales. Le 30 cm, Hôtel Babo, est consacré à son pays natal, le Bénin. En 1987, elle décide de rester à Paris. En compagnie de Jean Hébrail, un compositeur-bassiste rencontré au CIM (école de jazz de Paris), elle explore les rythmes du Bénin et découvrira à Abomey le “zilin”, une technique vocale proche du blues. Elle s’aperçoit aussi que les musiques du sud comme du nord du pays supportent sans problème un habillage funk, rock et jazz.

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L’Olympia : une clé pour Paris

A Paris, Angélique Kidjo assure la première partie du spectacle à l’Olympia de Miriam Makeba, puis réalise son premier album, Parakou (1991), chanté en fon, sa langue maternelle. Mélange de rock, d’afro-jazz, de gogbahoun, de tchinkoumey, de juju music, d’afro-beat et de highlife, le disque lui vaut une large couverture médiatique. Elle donne dès lors, avec Jean Hébrail, des concerts en Europe et en Afrique. L’opus Logozo, fidèle au genre, rassemble des artistes de renom tels Manu Dibango, Ray Lema, Brandford Marsalis et révèle une Angélique au look futuriste, à la voix riche et puissante. En 1992, elle est une des premières africaines à se produire en Australie.

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Angélique Kidjo aux USA

Installée plus tard aux Etats-Unis, Angélique Kidjo explore l’influence des musiques africaines dans le monde à travers divers albums, comme Aye (1994), Fifa (1996), la trilogie Oremi (1998), Black Ivory Soul (2002) et Oyaya (2004), Djin Djin (2007) qui lui vaut un Grammy Awards en 2008 dans la catégorie « Meilleur album contemporain de musique du monde » ou Õÿö (2010). Elle a aussi participé à plusieurs bandes originales de films, séries télévisées et documentaires, dont, entre autres, “Journal intime” de Nanni Moretti et “Ma saison préférée” d’André Téchiné (1993), “Street Fighter” de Steven E. de Souza (1994), “La Tribu de Krippendorf” de Todd Holland (1998), “La Vérité sur Charlie” de Jonathan Demme (2001), “Les Temps qui changent” d’André Téchiné (2004), “Kirikou et les bêtes sauvages” de Michel Ocelot et Bénédicte Galup, “Sahara” de Breck Eisner et “Six Feet Under (Dancing for me)” (2005), “FBI : Portés disparus (Lost Boy)” (2007), “Pray the Devil Back To Hell” de Gini Reticker (prix du meilleur documentaire au Festival du film de TriBeCa 2008), “Le Code a Changé” de Danielle Thompson où elle apparaît en interprétant la chanson “We we” (2009) ou “Le Roi Lion 2 : l’Honneur de la Tribu” de Darrell Rooney et Rob LaDuca (2011).

Ces multiples explorations la conduisent dans des univers aussi divers que le calypso, l’afro-cubain (salsa, merengue), le funk, le jazz et le ska. Tout au long de sa carrière, Angélique Kidjo a réalisé plusieurs albums et collaboré avec des artistes aussi divers et populaires que Carlos Santana, Gilberto Gil, Alicia Keys, Joss Stone, Peter Gabriel, Branford Marsalis, Amadou et Mariam, Josh Groban, Ziggy Marley, Joy Denelane ou enore Carmen Consoli. Son travail lui a valu deux autres nominations aux Grammy Awards et aux New Music Awards. Artiste engagé dans de nombreuses causes, Angélique Kidjo a rencontré de grandes figures politiques, dont Bill Clinton, Nelson Mandela, Desmond Tutu et a été invitée à assister, à Washington, à la cérémonie d’investiture du Président Barack Obama qu’elle a soutenu lors de sa campagne électorale.

Le 10 juin 2010, Angélique Kidjo partage la scène avec Alicia Keys, Shakira et Black Eyed Peas au concert de lancement de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud. cette année 2010 voit aussi Angélique Kidjo nommer Docteur honoris causa de la Berklee College Of Music aux USA, pour son travail exemplaire pour l’Afrique.

Spirit Rising : My Life, My Music

En 2011, elle sort la compilation Spirit Rising (Live from Guest Street), réalisée en “live” avec certains de ses amis comme Dianne Reeves, Branford Marsalis, Josh Groban ou encore Ezra Koenig du groupe Vampire Weekend. Elle y interprète le “Boléro” de Maurice Ravel (1928), “Summertime” de George Gershwin (1935) ou encore “Redemption Song” de Bob Marley (1980). La suite de cette compilation sera un livre.

En effet, en janvier 2014, Angélique Kidjo sort son autobiographie, “Spirit Rising : My Life, My Music” (en anglais), co-écrite avec Rachel Wenrick, Angélique Kidjo parle de son parcours et révèle comment une fille née dans un pays pauvre et a commencé à chanter à l’âge de 6 ans a échappé au communisme en Afrique pour aller vivre en France puis aux États-Unis afin de réaliser ses rêves et devenir plus tard une artiste primé aux Grammy Awards aux Etats Unis. Le même mois, paraît Eve, un opus où elle chante en duo avec sa mère Yvonne (“Bana”). Produit par Patrick Dillett (David Byrne, Fatboy Slim), Eve, chanté en fon, en yoruba ou en mina, est une ode aux femmes en général, à la féminité africaine, à leur élégance, à leur fierté, à leur beauté et à leur influence socio-culturelle dans le monde. Enregistré entre le Bénin, le Kenya et les Etats Unis (New York), cet album est réalisé avec divers invités, dont Trio Teriba, Gangbé Brass Band, Asa (prononcer Asha), Lionel Loueke (guitare), Rostamm Btmanglij (Vampire Weekend), l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg Kronos Quartet, Steve Jordan (batterie), Christian McBride (basse), Magatte Sow (percussions) ou encore Dr. John…

Eve

Enregistré entre le Bénin, le Kenya et les Etats Unis (New York), et sorti en janvier 2014, Eve est un album réalisé avec divers invités, dont Trio Teriba, Gangbé Brass Band, Asa (prononcer Asha), Lionel Loueke (guitare), Rostamm Btmanglij (Vampire Weekend), l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg Kronos Quartet, Steve Jordan (batterie), Christian McBride (basse), Magatte Sow (percussions) ou encore Dr. John…

Produit par Patrick Dillett (David Byrne, Fatboy Slim), Eve, chanté en fon, en yoruba ou en mina, est une ode aux femmes en général, à la féminité africaine, à leur élégance, à leur fierté, à leur beauté et à leur influence socio-culturelle dans le monde. Angélique Kidjo y fait un duo avec sa mère Yvonne (“Bana”) : “Ma mère chante une chanson de son enfance qu’elle m’a apprise. Elle a une très belle voix, mais qui s’est altérée à force de crier sur ses dix enfants… Elle m’a beaucoup inspirée dans la vie et dans ma carrière… Je suis fière d’avoir enregistré avec elle, j’aurais voulu faire un duo avec mon père, mais hélas, il est parti avant.

Lors de la 57ème édition des Grammy Awards organisée le dimanche 8 février 2015 au Staples Center de Los Angeles (USA), Eve vaut à la diva béninoise le prix du « Meilleur album de musique du monde ».

Sings

Le 27 mars 2015, Angélique sort Sings, un opus regroupant des chansons interprétées avec l’orchestre philharmonique du Luxembourg.

Ce nouvel album lui vaut en 2016 le Grammy du « Meilleur album de musique du monde » pour la deuxième année de suite, lors de la 58ème édition des Grammy Awards aux Etats-Unis où elle s’est installée depuis quelques années déjà. Le troisième Grammy, après Djin Djin en 2008 et Eve en 2015.

« Je veux dédier ce Grammy à tous les musiciens traditionnels d’Afrique, à mon pays et la jeune génération. L’Afrique monte. L’Afrique est positive, l’Afrique est joyeuse« , dit-elle.

Une famille d’artistes

Originaire de la région de Ouidah, Angélique naît dans une famille d’artistes : son père est photographe et sa mère dirige une troupe de théâtre. La  » petite  » découvre les planches à l’âge de six ans puis, quatre ans plus tard, se tourne vers la musique et monte avec son frère un groupe moderne. Le  » Beach Club  » lance alors la lycéenne qui chante des morceaux des  » Beatles « , de  » Simon and Garfunkel  » et des  » Rolling Stones « . Elle continue néanmoins sa vie d’étudiante et suit parallèlement une solide formation musicale. Au lycée, elle fonde le groupe  » Swings  » (son premier enregistrement, une reprise de  » Malaïka  » aura lieu dans les studios de la Radio Nationale.

Une plongée au cœur du Bénin

En 1980 sort son premier disque  » Pretty  » où elle utilise un rythme de sa région, le gogbahoun. Elle effectue bientôt des tournées dans plusieurs pays africains puis arrive à Paris en 1983 et passe le concours d’entrée des Ateliers-Chansons de la capitale française. Contactée par le pianiste hollandais Josef Van’t Hoft qui tente une fusion entre jazz classique et rythmes africains, elle rejoint le groupe  » Pili Pili  » à Rotterdam : le problème majeur sera d’adapter des chansons écrites par Angélique sur des compositions jusque là instrumentales. Le 30 cm ,  » Hôtel Babo  » est consacré au Bénin. En 1987, Angélique décide de rester à Paris. En compagnie de Jean Hébrail, un compositeur bassiste rencontré au CIM (l’école de jazz de Paris), elle explore les rythmes du Bénin et découvrira à Abomey le zilin, une technique vocale proche du blues. Elle s’aperçoit aussi que les musiques du sud comme du nord du pays supportent sans problème un habillage funk, rock et jazz.

L’Olympia: une clé pour Paris

A Paris, elle assure la première partie du spectacle de Myriam Makeba à l’Olympia puis réalise l’album  » Parakou  » chanté en fon, sa langue maternelle. Mélange de rock, jazz, gogbahoun, juju music et afro-beat, le disque lui vaut une large couverture médiatique. Elle donne dès lors, avec Jean Hébrail, des concerts en Europe et en Afrique.  » Logozo  » paru en 1991, rassemble des artistes de renom tels Manu Dibango, Ray Lema, Brandford Marsalis et révèle une Angélique au look futuriste, à la voix riche et puissante. En 1992, elle est une des premières africaines à se produire en Australie.

Installée plus tard aux Etats-Unis, elle explore l’influence des musiques africaines dans le monde à travers une trilogie :  » Oremi « ,  » Black Ivory Soul  » et  » Oyaya !  » qui la conduisent dans des univers aussi divers que le calypso, la salsa, le funk, le jazz, le merengue et le ska. Tout au long de sa carrière, elle a collaboré avec des artistes aussi divers que Santana et Gilberto Gil. Son travail lui a valu trois nominations aux Grammy Awards.

Nago Seck

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