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Enfant, le chant était, pour lui, aussi naturel que parler, courir ou s'amuser. Maxime Laope est la référence du séga réunionnais. Depuis 1949 et son premier 78T ("Cour créole"), il a réalisé 75 albums et a chanté avec divers artistes dont Ziskakan. Maxime Laope is the reference of séga from La Réunion. Since 1949 and his first 78T (" Creole Court "), he recorded 75 albums and sang with various artists among whom Ziskakan.”

Tino Rossi et Luis Mariano

tino-rossi.jpgMaxime Laope est né au Plate à Saint-Leu en 1922, mis au monde par sa grand-mère, sage femme de profession, ancienne esclave affranchie à l’âge de douze ans. Une ascendance qu’il n’oubliera jamais. Arrivé à Saint-Denis à l’âge de 5 ans, il passe son enfance dans le quartier de la Petite-île (Saint-Denis) et se passionne dès son plus jeune âge, pour la chanson ( il arrive souvent en retard à l’école distrait par un magasin de disques qui se trouve sur son chemin). Sa voix est remarquée à l’église où il fait partie de plusieurs chorales (plus tard, il s’initie au chant grégorien au sein de la chorale de l’église Saint-Jacques). On se l’arrache également dans les fêtes familiales de son quartier. Il fait alors des reprises d’artistes tels Tino Rossi, Luis Mariano, Reda Caire et Georges Guéthary.

Maxime Laope et Benoîte Boulard

benoiteboulard.jpgEn 1947, alors qu’il travaille comme coursier à la Société Foucque, il participe à son premier radio crochet et obtient le second prix. Il enchaîne bientôt les concours de chants et les prix et en 1949, enregistre son premier 78T où figurent deux morceaux de sa composition :  » Cour créole  » et « Mi aime mon patois « . Invité à se produire dans les galas de la bonne société (le grand bal de la Croix-Rouge au Casino de Saint-Denis), il s’associe en 1952 à la chanteuse Benoîte Boulard rencontrée lors d’un radio crochet. L’année suivante, le duo obtient le premier prix d’interprétation pour la  » La rosée tombée « , une composition de Maxime Laope. Les deux chanteurs cumulent bientôt les succès en chantant du séga encouragés par Georges Fourcade (chanteur, poète et dramaturge réunionnais) qui leur écrit plusieurs textes.

Un artiste incontournable

Jules Arlanda

Jules Arlanda

Avec ou sans Benoîte Boulard, Maxime Laope s’est produit sur toutes les scènes de la Réunion, a enregistré environ 75 disques et interprété plus d’une centaine de titres (séga, maloya, romances) comprenant des compositions personnelles et des oeuvres d’auteurs compositeurs réunionnais comme Georges Fourcade, Antoine Nativel, Pierre Vidot et Jean Albany. Il a été accompagné par toutes les générations de musiciens de la Réunion : de Loulou Pitou, Jules Arlanda,Claude Vinh-San, Narmine Ducap, Le Club Rythmique, les Soul-Men, les anciens, à Henri-Claude Moutou, AlainMastane, Ti-Fock et ses propres petits-enfants, les générations suivantes. Il a chanté avec tous les chanteurs de l’île : Henri Madoré, Luc Donat, Jacqueline Farreyrol, la Troupe de Bernadette Ladauge, Tropicadéro, Ziskakan et Laurence Beaumarchais. Maxime Laope a également tourné à l’extérieur : il a chanté plusieurs fois à l’île Maurice, notamment en 1975 pour l’anniversaire de la République aux côtés du poète Edouard Maunick et du chanteur Jean-Jacques Debout. En 1976, il a représenté La Réunion aux Seychelles pour la fête de l’indépendance et a, à cette occasion, chanté devant la famille Royale d’Angleterre. En 1991, il est l’invité d’honneur des fêtes du 1er mai à Rodrigues. En 1992, « La rosée tombée  » est interprétée par le Steel Band de Trinidad. En 1996, Maxime Laope participe à une tournée de 5 semaines aux Canada et aux Etats-Unis avec la Troupe Séga-Séga.

Une figure de l’histoire culturelle réunionnaise

laopelivre.jpgParallèlement à sa carrière de musicien, Maxime Laope a été comédien ( » La passion du Christ  » avec la Troupe Saint-Jacques,  » Les gouverneurs de la rosée  » de Jacques Roumain,  » Le Barbier de Séville  » avec la Troupe Vollard, plusieurs publicités, un court métrage avec RFO) et sportif (athlète et footballeur au sein de plusieurs équipes de l’île). Cet ancien membre des Forces Françaises libres a également participé à de nombreuses œuvres humanitaires (Campagnes contre la Lèpre et le SIDA, concerts pour Médecins du Monde, Les Orphelins de la Réunion, les victimes de la famine à Madagascar, les sinistrès du cyclone Dina). Sa carrière couvre toute l’histoire du disque, du 78 tours au Cd, et son répertoire compte un nombre incalculable d’histoires, de contes et de proverbes qui représentent un apport essentiel du patrimoine culturel réunionnais. Plusieurs mémoires de l’Université de la Réunion lui ont été consacrés et en 1999 a été publié un ouvrage sur sa vie et son oeuvre Maxime Laope, un chanteur populaire – Souvenirs, textes et chansons. A l’occasion de son 80° anniversaire, en juillet 2002, de nombreux artistes de la scène réunionnaise (Nathalie Natiembé, Guillaume Legras, Jacqueline Farreyrol, Serge Lebrasse, Thierry Gauliris, Henry-Claude et Marie-Armande Moutou…) lui ont rendu hommage sur la scène du Théâtre de Champ Fleuri à St Denis.

Source : Expédite Cerneaux

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Sylvie Clerfeuille

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