“Musique rurale et sacrée à base de ravane (tambour), de maravane (boîte), de triangle et de chants née dans la souffrance des plantations, le séga est devenu le ciment culturel d'un peuple créole déraciné. Il a au fil des ans perdu son caractère religieux, a modifié son instrumentation (accordéon, guitare, harmonica, banjo), a été récupéré par toutes les classes sociales (séga poussière des bals poussières) contre séga salon ) mais demeure jusqu'à présent la musique populaire jouée dans les quartiers de toutes les îles de l'Océan Indien. Chaque île, de Rodrigue (Ile Maurice) en passant La Réunion, se disputent la paternité de ce style qui compte de nombreux ambassadeurs comme les Mauriciens Serge Lebrasse, Roger Clency, Michel Legris, Jean-Claude Gaspard, Ti Frère, Fanfan et et les réunionnais Jules Arlanda, Maxime Laope et bien d'autres. ”

Séga, la musique mère des îles de l’Océan Indien que décrit si bien le poète surréaliste mauricien Jean Erenne vit aujourd’hui comme il y a cinquante ans dans le cœur des insulaires de tout l’Océan Indien. Le débat que suscite l’origine même du mot – on le dit venu de l’Inde, le mot en sanskrit signifiant danse du serpent (le rythme du séga serait très proche de celui de la danse indienne appelée le kawal ), on le rapproche du malgache « sé gasse », réponse donnée par les esclaves à leur maître lorsqu’il les interrogeait sur leurs activités, on l’associe au « segaye », complainte de Maurice, on lui attribue également des origines africaines (Afrique de l’Est ou de l’Ouest selon les versions) et malgaches – éclaire à lui seul l’identité plurielle de ces îles placées sur la route des Indes qui attirèrent colons européens, sultans du Proche Orient, commerçants indiens et chinois, marins indonésiens et pour d’autres raisons esclaves africains des côtes orientales et occidentales, main d’œuvre bon marché des plantations.

« Nous n’avons point de totem, nous ne retournons pas nos morts, nous n’avons ni lamba ni nattes tressées sur la tête de nos filles…. Nous n’avons plus que le séga pour nous tenir dans cet exil terre entre mers, nous n’avons plus que le séga pour nous unir, nous n’avons plus que le séga que l’on a mis à la boutique parmi les pains de paix amère qui sont offerts partout partout, pour nous confondre et pour confondre nos désirs de liberté ».

Musique rurale et sacrée à base de ravane (tambour), de maravane (boîte), de triangle et de chants née dans la souffrance des plantations, elle est devenue le ciment culturel d’un peuple créole déraciné. Elle a au fil des ans perdu son caractère religieux, a modifié son instrumentation (accordéon, guitare, harmonica, banjo), a été récupéré par toutes les classes sociales (séga poussière des bals poussières) contre séga salon ) mais demeure jusqu’à présent la musique populaire jouée dans les quartiers de toutes les îles de l’Océan Indien. Chaque île , de Rodrigue à Maurice en passant La Réunion, se disputent la paternité de ce style qui compte de nombreux ambassadeurs comme les Mauriciens Serge Lebrasse, Roger Clency, Michel Legris, Jean-Claude Gaspard, Ti Frère, Fanfan et et les réunionnais Jules Arlanda, Maxime Laope, René Lacaille (plus connu pour le maloya) et bien d’autres.

Cette musique typique de l’archipel des Mascareignes (Rodrigues, Ile Maurice, La Réunion), appelée moutia aux Seychelles, connaîtra de nombreux adeptes au cours du siècle, une discographie et une bibliographie abondantes et fera en 1996 l’objet d’une tournée aux Etats-Unis et au Canada, « Séga Séga », montée par Bernadette Ladauge (du Groupe Folklorique de La Réunion) et Christophe David. Une pièce, Sega Tremblad, lui sera consacré, narrant l’histoire de King Rosette, « roi du séga » émigré à Paris. Plusieurs études ont été consacrées à ce genre musical.

Le séga a produit plusieurs tubes internationaux : en 1978, « Anita My Love » de Mario Armel s’est classée au hit parade en Allemagne.
En 1980, Maxime Le Forestier fait une reprise d' »Ambalaba » de Claudio Veeraragoo. En 1991, « Ala li la » de Denis Azor est la danse de l’été.
En 2013, « Li tourner » d’Alain Ramanisum est remixée par Dj Assad et Willy William du groupe Collectif Métissé pour en faire une des danses de l’été.

*Sources :
– Le Sega , MFI – RFI, Sylvie Clerfeuille
– Itw de Jules Arlanda, Bernadette Ladauge, Alain Lorraine par Sylvie Clerfeuille à La Réunion et à Angoulême (Festival Musiques Métisses) – 1998

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Sylvie Clerfeuille

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Nago Seck

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