Titres:
1. Hamadoun Touré (0:05)
2. Claudia & Salma (4:39)
3. Rachid Ouiguini (4:32)
4. Toguna Industries (3:48)
5. Lampedusa (4:24)
6. Bagadaji Sirifoula (5:33)
7. Tijaniya (4:49)
8. Dr. Cheikh Modibo Diarra (2:56)
9. A. C. I. 2000 Diaby (4:39)
10. Bansang (2:46) ”

En 2014, Toumani Diabaté enregistre avec son fils Sidiki Diabaté un album familial, « Toumani & Sidiki », proposant une relecture instrumentale et acoustique à quatre mains de morceaux délaissés, oubliés, joués sur des modes peu utilisés (“saouta” (équivalent de la gamme majeure occidentale) ou “sillaba” (sons complexes émis par une seule voix). Des compositions qui nous promènent à travers l’imaginaire mandingue en lui transfusant un sang neuf. “La conservation et la rénovation sont mes deux préoccupations… Le passé qui rencontre le présent pour l’avenir”, dit en substance [Toumani Diabaté->342″>Toumani & Sidiki à propos de son désir de transmettre un répertoire ancestral tout en le rendant actuel pour mieux le préserver.

Opus de 10 titres, « Toumani & Sidiki » est un voyage aux sources du répertoire traditionnel de la kora mandingue, avec des morceaux comme “Hamadoun Touré”, une nouvelle version du traditionnel “Jula Jekere” (Dioula Djékéré), un hommage à la générosité d’un commerçant nommé Jekere (Djékéré). “Claudia & Salma”, à l’instar de “Ruby” dédié à la fille du producteur Nick Gold dans l’album « Ali & Toumani », est un morceau saluant Claudia et Salma, les deux filles de Saul, le manager espagnol de Toumani Diabaté. Joué sur le mode lent et contemplatif du “saouta” (équivalent de la gamme majeure occidentale), ce morceau originaire de Gambie s’intitulait jadis “Tabara”. “Rachid Ouiguini” (“Miniyamba” à l’origine) est un titre associé à la vieille légende de l’empire du Ghana et qui raconte l’histoire d’une communauté villageoise qui, chaque année, offre la plus belle de ses filles en sacrifice au Dieu Serpent, Ouagadou Bida. Traditionnellement intitulé “Chung Kamba” et jamais enregistré, “Toguna Industries”, joué sur une gamme orientale, est une chanson griottique clôturant la semaine de célébration des noces entre deux jeunes mariés et contenant un ensemble de conseils pour la nouvelle épouse. Elle est dédiée ici à une entreprise qui, au plus fort de la crise que vient de traverser le Mali (2012) contribua au redressement du pays. “Bansang” rend hommage à leur aïeul Amadou Bansan Diabaté, en mode “sillaba” (sons complexes émis par une seule voix).

Le duo n’oublie pas l’actualité, avec “Lampedusa” (en mode “saouta”), composé par Toumani Diabaté en voyant les images du naufrage au large de l’île de Lampedusa (ou Lampédouse) en Italie, en octobre 2013, au cours duquel 300 émigrés africains perdirent la vie. Quant à “Dr Cheikh Modibo Diarra”, c’est un morceau dédié au “diatiki” (bienfaiteur) de la famille Diabaté, l’ancien Premier ministre par intérim au moment de la crise qu’a connu le Mali en 2012.

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Nago Seck

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