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“Lauréate du concours du 5° Afro Stéréo Festival, lancé par l’artiste Saad Sarr,  qui s’est déroulé à Dakar en Mai 2026 , Coumouna Soumano  a éclipsé tous ses concurrents, imposant son timbre impressionnant de puissance et d’émotion et son style mandingue et khassonké aux inflexions proches du grand Salif Keïta.  Sa situation de handicap (elle se produit en chaise roulante) n’enlève rien à sa présence scénique et à son jeu profond servi par un groupe de qualité. Elle compte avec le million de FCFA reçu, réaliser un single et un clip. Portrait d’une artiste hors normes.”

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« Je ne me considère pas comme handicapée. Je me définis comme vendeuse, chanteuse » explique calmement Coumouna Soumano de son vrai nom. Atteinte d’une poliomyélite contractée à l’âge de cinq ans, à la suite de l’inoculation d’un vaccin, cette guerrière n’a jamais baissé les bras et considère la musique, sa passion, comme une force, une raison de lutter.

Entre héritages lébou et mandingue

 

Il faut dire que la famille l’a plongé dans un bain griottique : son père, Soumali Soumano, malien installé à Dakar, chante et joue de la guitare en amateur, sa tante, Hadja Soumano est une griotte reconnue.   Entre une mère sénégalaise qui lui transmets la culture lébou et sa famille paternelle qui lui lègue l’héritage bambara et kassonké, elle ne manque pas de références et d’envies. Née en 1972 à Dakar, elle grandit dans le quartier de Grand Yoff, elle se retrouve du fait de son handicap au centre pour jeunes handicapés Talibou Dabo  puis intègre en 1999 l’Ecole Nationale des Arts ENAMC), ancien Conservatoire national. Elle suivra trois années  de formation artistique qui marqueront les bases de son parcours professionnel. « J’ai appris le chant et me suis produite avec les frères Keté, des jumeaux, dans l’ensemble instrumental de l’école. J’ai également appris le solfège ».

Un talent au service du handicap

Au fil des années, Mouna construit son identité musicale aux inflexions mandingues et khassonké. Engagée dans la promotion de l’inclusion à travers l’art, elle prend part en 2020 au concours Digital African Handi-Talents, une initiative valorisant les talents des personnes en situation de handicap dans plusieurs disciplines artistiques africaines telles que le chant, la danse, la littérature, la photographie ou encore la sculpture. « J’ai toujours mis le handicap au cœur de mes projets. Ici, les handicapés ne sont pas bien encadrés, ils n’ont pas de soutien.  Je me bats avec mes propres moyens pour lutter contre ça. J’ai notamment organisé pendant trois ans, de 2021 à 2023, au Centre culturel Blaise Senghor, un festival réunissant des artistes handicapés. J’ai dû arrêter faute de moyens ». Le groupe qu’elle a monté en 2021, Kélébana (on veut la paix, pas de guerre) réunit des musiciens handicapés et non handicapés : Abdou Gueye, aveugle, à la guitare acoustique et électrique, Kissima Diabaté au djembé et Baye Samb à la kora. « Nous reprenions des compositions de Salif Keïta, de Sidiki Diabaté, des chansons d’Aïcha Koné et de Nayanka Bell » avoue-t-elle, pour montrer ses influences majeures et notamment celles de chanteuses incarnant une femme africaine moderne.

 

A l’occasion de sa participation au concours jeunes talents de l’Africa Stéréo Festival, elle a interprété deux compositions personnelles, Demseniou , un titre dédié aux enfants des rues « qui n’ont pas demandé à naître et qui devraient être scolarisés » et Karawa Sena qui signifie cravache. «  Ce texte parle de la violence faite aux femmes, morale comme physique et demande de ne pas toucher les femmes. J’ai trop vu de souffrance d’épouses et d’enfants »

Elle-même divorcée depuis 2022,  mère de trois enfants qu’elle élève seule,  la chanteuse s’avoue polyvalente et s’est aussi investie dans plusieurs formations professionnelles. Elle s’est lancée dans la transformations de fruits et légumes, fabrique du savon traditionnel,  s’est lancé dans le graffiti aux côtés d’Abdou Diop alias Docta, une figure pionnière de cet aert en Afrique de l’Ouest. Elle a obtenu plusieurs certifications pour ses produits et continue ses expérimentations, tout en poursuivant sa carrière musicale.

Africa Stéréo Festival : un révélateur de talents du Sénégal

En 20026, encouragée par son ami Nono, elle décide de participer au concours Stéréo Révélation » 2026,  une initiative de l’artiste international Sahad Sarr qui a choisi de valoriser une scène créative et acoustique. Cette participation marque un tournant dans sa carrière puisqu’elle décroche le titre de lauréate du concours, confirmant ainsi son potentiel artistique et sa volonté de faire rayonner sa musique sur la scène africaine et internationale. Le prix d’1 million se FCFA qu’elle a décroché devrait lui permettre de réalisé un premier EP professionnel et de faire rayonner son impressionnant talent  au-delà de la scène nationale.

 

 

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Sylvie Clerfeuille

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