“La valiha (prononcer vali) est un cordophone de Madagascar. Cette harpe-cithare a des sons cristallins proches de la kora. Fabriquée dans sa forme traditionnelle à partir du baon drasarako, un bambou souple des forêts de l'est de Madagascar, décorée d'arabesques inventives, elle s'encadre de cordes tirées des fibres du fût. Introduite dans l'île par les Indonésiens, la valiha constituée à l'origine de 16 cordes peut en posséder aujourd'hui jusqu'à 54 !”

La valiha est une « cithare tubulaire » aux sons cristallins proche de la kora mandingue, de la de harpe celtique ou de la cithare européenne. Fabriquée dans sa forme traditionnelle à partir du baon drasarako, un bambou souple des forêts de l’est de Madagascar, décorée d’arabesques inventives, elle s’encadre de cordes tirées des fibres du fût. Introduite dans l’île, la valiha constituée à l’origine de 16 cordes peut en posséder aujourd’hui jusqu’à 54 !

« En multipliant le nombre de cordes, on peut avec une seule valiha arriver à interpréter toutes les parties instrumentales : les pouces jouent la basse, les index et les majeurs, la rythmique, les annulaires et les auriculaires, le solo et les accords« , explique Justin Vali, joueur et facteur de l’instrument.

Origine

Originaire d’Indonésie, la valiha est devenue par son potentiel technique, le pivot de la musique malgache. Rajery , le maître actuel de la valiha diatonique ou chromatique a même écrit une méthode d’enseignement de l’instrument et créé son école à Antananarivo.

Facture

La valiha est composée d’un segment de bambou (de 60 à 130 cm de long) servant à la fois de table d’harmonie et de résonateur grâce à une longue fente longitudinale (ouïe) entre les nœuds non percés des extrémités.

Initialement, les cordes étaient réalisées par décollement des fibres longitudinales de l’écorce du bambou central, auquel elles restaient attachées par leurs deux extrémités. Façonnées en forme de cordes sommaires, et soulevées au-dessus de la table, elles prenaient appui sur de petits chevalets taillés dans un morceau d’écorce de cucurbitacée disposés autour du bambou, en deux demi-hélices symétriques : à faible pas d’un côté (chevalets multiples, fixes), à grands pas de l’autre (sillets multiples, mobiles), ces derniers seuls étant utilisés pour l’accord de l’instrument par ajustement de la longueur vibrante de la corde.

Les cordes fibreuses donnaient des sonorités de percussions étouffées : par la suite, on les remplaça par des cordes en acier avec des résultats tout à fait satisfaisants donnant à l’instrument actuel un timbre caractéristique, plus proche de la cithare.

En revanche, les tentatives de valiha électrique n’ont pas eu de succès car elles lui faisaient perdre sa sonorité romantique et intimiste ; une variété moderne montée sur une caisse de résonance est cependant devenue très populaire.

Jeu

On en joue debout ou assis, l’instrument coincé sous le bras, les deux mains ainsi libres de le pincer.

Les notes sont disposées selon la gamme diatonique, mais alternativement à gauche et à droite de l’ouïe longitudinale, de sorte que les cordes voisines, d’un côté comme de l’autre, sonnent selon une série de tierces ascendantes, autorisant très facilement des accords « harpés » d’une très grande douceur (plectre non utilisé) ainsi qu’une grande virtuosité par le jeu alterné des deux mains, similaire à celui des sanzas.

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

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Jocelyn Maillé

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