“Née en 1910 à Mfagimaringo, un village de Zanzibar, Fatuma binti Baraka aka Bi Kidude ("la petite chose" en swahili) a débuté par le kidumbak (musique de réjouissance jouée lors des mariages) avant de chanter le taarab et le chela chela (musique urbaine locale). Héritière directe de Sidi Bint Saad, celle que l’on surnomme "la reine du taarab" est l'une des premières femmes à chanter sans voile sur scène à Zanzibar. ”

Siti Bint Saad, l’inspiratrice

Très jeune, Bi Kidude s’initie au taarab (musique arabe d’origine omanaise) en écoutant les marins arabes au port pendant la saison du commerce de la mousson. À 13 ans, elle fuit Zanzibar vers le continent pour échapper à un mariage forcé. Elle y fait la rencontre de Sidi Bint Saad (1880-1950) sous la protection de qui elle se met à chanter dans toute l’Afrique de l’Est. Après la mort de cette dernière, elle compose son propre répertoire à partir des chansons de Sidi Bint Saad autour desquelles elle improvise librement. Elle reprendra plus tard certaines des interprétations de son inspiratrice, comme « Juwa Toka » (ou « Jua Toka ») et « Beru ». Bi Kidude devient rapidement célèbre grâce à son grain de voix unique.

Une femme libre

Ses chansons aux paroles parfois sexuellement explicites moquent aussi les hommes. Reine sans château dans un royaume de misère, Bi Kidude est l’une des premières femmes de Zanzibar à se produire en public et sans voile, revendiquant son goût pour la liberté, l’alcool et le tabac.

Bi Kidude, la guérisseuse

Bi Kidude est également une guérisseuse et herboriste réputée. Des docteurs de l’Hôpital de Zanzibar faisaient appel à elle afin de se fournir en remèdes phytothérapeutiques pour leurs patients. Bi Kidude anime également des cérémonies d’Unyago, musique et rite initiatique, qui marque le passage des jeunes filles à l’âge adulte.

Reconnaissance internationale

En 2006, un documentaire intitulé « As old as my tongue : The myth and life of Bi Kidude » lui est consacré par le réalisateur britannique Andy Jones qui l’a suivie pendant trois ans. En 2015, le même cinéaste réaliste le documentaire « I Shot Bi Kidude », où il explore les mystères autour de l’enlèvement de la chanteuse quelques mois avant sa mort.

Collaborations

Durant sa carrière, Bi Kidude a chanté notamment avec les orchestres Shikamoo Jazz, The Twinkling Stars, Culture Musical Club, Taarab All Stars, Unyago Troupe… Musicienne de scène avant tout, elle a produit peu d’enregistrements en comparaison avec l’importance de son œuvre.

La voix de « la petite chose » s’est éteinte

Le mercredi 17 avril 2013, Bi Kidude qui a investi diverses scènes d’Afrique de l’Est et d’Europe, décède à son domicile, à Zanzibar, des suites d’une longue maladie. Elle avait plus de 102 ans.

*Source : wikipedia

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Nago Seck

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