“Né en 1954 à Loumra, au Tchad, Doro Dimanta est un auteur-compositeur et instrumentiste (saxophone, balafon) et chanteur proposant un afro-blues ou un afro-jazz aux couleurs du terroir qu’il nomme "baguirmian jazz".”

L’influence du terroir natal 

Doro Dimanta baigne dès son enfance dans les musiques rurales de son terroir natal (chants, contes, musique de travail) , suit des études à l’institut scientifique de l’Université du Tchad à Farcha avant de s’envoler pour la France en 1976 où il obtient une maîtrise de biologie à l’Université de Grenoble en 1979.

Entre jazz et contes 

Installé en France du fait de l’instabilité politique de  son pays natal, il se lance en 1988 dans le jazz, le théâtre et les contes, croise le chemin de musiciens comme Archie Shepp, Jeff Gilson,Eric Barret, Michel Petrucciani, Carlo Actis Dato et signé l’album « Andalouse » en 1994 et « Sweet Pour Vivie » en 1998 en compagnie du contrebassiste  Etienne Roche, du percussionniste Steve MacGraven,  et du pianiste Arnaud Matéï. Proche de grands conteurs comme  Abou Fall et Assane Kouyaté, il se lance également dans le collectage de contes tchadiens et s’implique régulièrement dans la vie artistique et culturelle de son pays , participe au Fest’Africa en 2003 et collabore régulièrement avec le Thamacult à travers  le Festival International des Arts Dramatiques et Plastiques pour l’Union et la Paix (FIADPUP).

Baguirmian jazz

Au croisement de  divers arts, musique, littérature orale, arts dramatiques,  danse, peinture et vidéo. Il a développé plusieurs projets dont « baguirmian jazz« , un travail initié en 2003 avec les musiciens de la grande cantatrice tchadienne Maman Ildjima. Ce projet qui se définit comme un voyage artistique entre les trois rives de l’Atlantique puise dans la musique de cour à base de cithares du royaume Baguirmi, une entité politique née au XVI° siècle et située au bord du fleuve Chari. En résidence à l’Institut français de NDjamena en mai/juin 2020, le projet devrait être finalisé dans l’été 2020. Retrouvez l’interview de Doro Dimanda sur le Baguirmiam Jazz.

La musique est avant tout une parole

« Je continue toujours à pratiquer la musique d’improvisation en retenant bien cette leçon que m’a légué notre culture qui ne connait pas le mot « musique » mais qui parle de « parole » et d’art: Parole par ma bouche, parole par mon corps, parole par mon saxophone… C’est vraiment ce que j’ai retenu et appris de notre culture », confie Doro Dimanta.

Le retour de Doro Dimanta au Tchad : TV5 Monde

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Gérard Daliam

Gérard Daliam

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