“Danse et rythme traditionnels des Sawa, peuple de la côte littorale du Cameroun, en Afrique centrale, l’ésséwé est caractérisée par des mouvements des épaules et des bras et des déhanchements. Traditionnellement, l’éssèwe est pratiqué lors du décès d'un mari et accompagne les rites de veuvage. A cette occasion, les danseurs racontent la vie du défunt et miment ses gestes.”

La veillée comporte un programme de prières et de recueillement chrétien, commun à tous. Au petit matin, les sœurs et les femmes du patelin du défunt s’installent dans un coin de la cour, et forment un cercle à l’intérieur duquel la veuve viendra danser et pleurer son époux. Sonorités et chants particuliers composent l’essewé qui, en d’autres circonstances, suscite beaucoup de joie et un certain plaisir des yeux et d’écoute.

C’est en réalité un exutoire qui devrait permettre à la veuve de crier sa peine, d’extérioriser sa douleur, sous forme de chants dont elle dit les paroles. Le tout accompagné de chants, maracas, cymbales et tambours.

Le reste de la cérémonie se déroule presque tranquillement, conformément au programme annoncé, jusqu’à la mise en terre. Juste après, la veuve est désormais confiée à ses belles- sœurs, presque à leur merci. Elle n’a plus le droit de sortir, sauf dans des cas exceptionnels. Ce sera le cas le troisième jour après l’enterrement : elle se rendra sur la tombe de son époux pour y déposer des fleurs. A son retour et, précisément, dans l’après-midi (aux environs de 16h), on lui coupera les cheveux. Sa chambre et son lit seront entourés de tiges de « l’arbre de la paix ». Sous son matelas, on posera des feuilles de bananier séchées. Tout ceci, pour la protéger des esprits chagrins, porteurs de malédictions, dit-on. C’est également le lieu du règlement de l’obole des belles-sœurs. Cette exigence est péremptoire et, selon certaines femmes, elle sert à dédommager les belles sœurs qui ont tout perdu, à savoir, leur frère, et ses biens qui, pour la plupart, appartenaient à leur père: la tradition commande en effet que ces biens reviennent à la veuve et aux enfants du défunt.

De nos jours l’ésséwé est adapté dans divers styles musicaux urbains (afro-pop, afro-folk, afro-blues, makossa, afro-reggae, afro-zouk, afro-rap, dancehall) par des groupes et artistes comme Kamer All Star, Masao des jumeaux Ben et Peter, Stella Mouna, Joe Miki, Jovi, Muntu Valdo, Hélène L’Or

* Source : https://masoso.unblog.fr/

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Nago Seck

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