Né en 1957 à Gampará, au sud de la Guinée Bissau, l'auteur-compositeur, arrangeur, chanteur, guitariste et joueur de kora, Kaba Mané, est un des rares artistes Bissau-guinéens à être allé à la recherche de rythmes méconnus du pays, comme le koussoundé, le “brassa” ou le “nalou”, qu'il injecte dans son afro-pop... Un des rares artistes Bissau-guinéens à être allé à la recherche des rythmes du pays”

Koura et kora

Né d’un père Socé (Mandingue) et d’une mère Ondame et Diola, Kaba Mané est initié aux percussions “mandiana” et “ngoumbé” par ses oncles. Dès l’âge de huit ans, il se frotte à tous les instruments du patrimoine avant de se prendre de passion pour la guitare, son instrument de prédilection. Doté de quelques notions de kora, Kaba Mané décide d’apprendre les techniques de jeu de cet instrument fétiche auprès de Djéli Sissokho, avant de les adapter ensuite à la guitare acoustique. Un voyage dans les villages de l’intérieur à la recherche des rythmes traditionnels précise sa technique personnelle, une fusion de “koussoundé” des Balantes (proche des Mandingues), de “brassa” des Ondames, de “nalou” du sud, de pop, de jazz ou de funk.

Des albums ambassadeurs

Ses débuts professionnels auront lieu à l’âge de quinze ans au sein du Tenan Nkoya, un groupe de copains adepte de musique mandingue et de musiques populaires du pays, comme le goumbé des Lambats (griots). En 1977, Kaba Mané rejoint Lisbonne (Portugal), intègre un groupe de la communauté africaine lusophone qui se sépare au bout de trois ans. Il décide alors de s’installer en France. Dans la capitale française où se côtoient des artistes africains de toutes origines, Kaba Mané sort en 1986 un premier album Chefo Mae Mae dans lequel il met en valeur le “boumbouloum”, un long tam-tam évidé et objet incantatoire. Sur alternance de cuivres et de riffs nets et bien sentis de guitare, l’album adapte le koussoundé, un rythme syncopé, mais soutenu ici par les synthétiseurs. Kaba Mané devient ainsi le premier artiste à dévoiler en Europe cette musique méconnue de Guinée Bissau. Produit en 1989 par son propre label Kaba Mané Production, son second album Kunga Kungaké (Oiseau messager) s’émancipe davantage de la tradition, optant pour un style afro-pop marqué par une rythmique basse funk soutenue et des cuivres jazz. Un de ses concerts majeurs sera sa prestation en 1991 au festival Womad en Angleterre, suivie de la sortie, la même année, de son Best of, comprenant 9 remix de ses précédents albums.

La paix dans le sport

En 1995, l’ancien footballeur – Kaba Mané a longtemps hésité entre football et musique – monte l’AIPS (Association Internationale pour la Paix dans le Sport) pour dénoncer les tragédies dans le sport, comme la prise d’otages de Septembre Noir le 5 septembre 1972 aux JO de Munich, en Allemagne (17 morts au total) ou la tragédie du stade du Heysel le 29 mai 1985 à Bruxelles, en Belgique (39 morts et plus de 600 blessés). Soutenu par le Parlement européen et par l’Unesco, Kaba Mané sort en 2003 le single La paix dans le sport et s’engage dans une tournée de plus de 70 dates (Europe, Afrique, Antilles) pour promouvoir la paix dans le sport.

* Crédit photo: http://nathannothinsez.blogspot.fr/ Koura et kora

Socé par son père, ondame et diola par sa mère, Kaba Mané est initié aux percussions mandiana et ngoumbé par ses oncles. Dès l’âge de huit ans, il se frotte à tous les instruments du patrimoine avant de se prendre de passion pour la guitare, son instrument fétiche. Doté de quelques notions de koura , un instrument à cordes, il apprend ensuite la kora avec Djéli Sissokho et adapte les techniques de la kora à la guitare acoustique. Un voyage dans les villages de l’intérieur à la recherche des rythmes traditionnels précise sa technique personnelle, fusionnant notamment le brassa des Ondames) et le nalou du sud.

Des albums ambassadeurs

Ses débuts  » professionnels  » auront lieu à l’âge de quinze ans dans le  » Tenan Nkoya  » un groupe de copains spécialiste de musiques mandingues et de musiques populaires du pays. EN 1977, il rejoint Lisbonne, intègre un groupe qui se sépare au bout de trois ans puis s’installe en France.Dans la capitale française où se côtoient des artistes africains de toutes origines, il sort en 1986 un premier album  » Chefo Mae Mae  » dans lequel il met en valeur le boumbouloum, long tam-tam évidé et objet incantatoire. Sur alternance de cuivres et de riffs nets et bien sentis de guitare, l’album adapte le koussoundé, un rythme syncopé soutenu par les synthés. Kaba Mané est un des premiers artistes à dévoiler en Europe les musiques méconnues de Guinée Bissau. Son second album , » Kunga Kungaké  » (l’oiseau messager), s’émancipe davantage de la tradition optant pour des styles issus de tout le continent. Un de ses concerts majeurs sera sa prestation en 1991 au festival Womad en Angleterre suivi de la sortie en 1991 d’un Best of , remix de certains titres de ces précédents albums.

La paix dans le sport

En 1995, l’ancien footballeur monte l’association  » Paix dans le sport  » pour dénoncer les tragédies dans le sport avec des évènements comme Septembre Noir en 1972 ou la tragédie du Heizel en 1985. Soutenu par le Parlement européen et par l’Unesco, Kaba Mané s’engage pour une tournée de plus de 70 dates en Europe, en Afrique et aux Antilles et sort le single « la paix dans le sport » en 2003.

Nago Seck

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