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Né le 6 janvier 1969 à Treichville, l’un des quartiers chauds d’Abidjan, foyer culturel de la Côte d’Ivoire de l’époque, l’auteur-compositeur, chanteur et animateur radio, Konan Guillaume aka Kajeem (contraction de son nom et prénom Baoulé, ethnie du Centre du pays) est un artiste incontournable de la scène ivoirienne. Considéré comme l’un des meilleurs de sa génération, Kajeem fascine tant par son charisme que son engagement, son rayonnement et sa créativité. Son afro-reggae/ragga, chanté en anglais, en français, en espagnol ou en baoulé (sa langue maternelle), fortement imprégné de soul, de rap ou d’afro cubain, impose avec assurance un flow vif qui lui confère un style très personnel. Sa voix envoûtante puise dans l’arsenal de la littérature les munitions d’une poésie vivifiante au verbe incisif.”

Revelation Time

Promis à une carrière diplomatique, Kajeem prend la “clandestinité” pour mettre en musique ses premiers textes en créant Ngowa Posse en 1990. Il va écumer les scènes abidjanaises et africaines avec le MUR (Mouvement Universitaire du Rap).

Maîtrise de lettres en poche, il sort, en 1997, son premier album, Ngowa, et est désigné “Révélation” au MASA Off (Marché des Arts et Spectacles Africains) en 1997, chez lui, à Abidjan. L’année suivante lui est décerné le titre de “Meilleur artiste ragga”. C’est alors qu’il fréquente la communauté rasta du Tafari Studio avec laquelle il enregistre en 1999 Revelation Time. Cet album connaît un large succès et marque le début d’un fructueux partenariat avec le CICR (Comité International de la Croix-Rouge).

Artiste engagé dans de nombreuses causes, Kajeem conjugue à merveille la saveur de l’afro-reggae/ragga, avec la dialectique du rap. Sa voix envoûtante puise dans l’arsenal de la littérature les munitions d’une poésie vivifiante au verbe incisif, reflets d’une génération consciente et positive dénonçant le déchirement de son pays et les maux de notre société.

La voix du ciel

Nommé « Révélation hip-hop 1999 », Kajeem affermit son style. Il va plus que jamais s’imprégner des rythmes du terroir africain. C’est cette ambiance que l’on retrouve dans La voix du ciel, album sorti en Afrique en 2000 et distribué en Europe en 2004. Cet opus le consacre au niveau national, régional et international comme une valeur sûre de la musique africaine et lui vaut plusieurs scènes à l’étranger, dont l’Exposition Universelle Hanover 2000 en Allemagne, Montreux Jazz Festival, Expo.02 et le Festival de la Cité en Suisse.

Positif

En 2004, année de parution de son album Positif, Kajeem est nommé membre d’honneur de la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire. L’année suivante, alors que l’opus Positif est désigné « Meilleur album reggae » aux Eburny Music Awards, il assure les premières parties de son compatriote et ami Tiken Jah Fakoly à Grenoble et au Bataclan à Paris, en France, ainsi que celles des Jamaïcains Anthony B et Sizzla en Hollande. C’est un succès. Positif sortira en Europe en 2007.

En Suisse, il collabore avec les artistes de Moonraisers et de Freebase Corporation, composant pour ces derniers « La vérité rougit les yeux, largement diffusé sur les radios.

Philanthropie

Tout en marquant de son empreinte les scènes européennes, Kajeem reste très actif dans les milieux associatifs et humanitaires. Il collabore ainsi très étroitement à de nombreux projets musicaux produits par Le CICR (Comité International de la Croix-Rouge). Il assure la direction artistique du projet “L’homme, un remède pour l’homme” (2002) pour le compte du CICR. Y ont pris part Simon Pluess (coordinateur – Suisse), Dama Damwuzan (Togo), Mawa Traoré et Don Mike “Le gourou” (Côte d’Ivoire), Sonia Carré d’As (Burkina Faso) et Assy Kiwah (Bénin).

Il est aussi l’auteur des paroles et de la musique du single « Refrain humanitaire » (2006), toujours pour le CICR. En 2007, Kajeem apparaît sur la compilation « Décolonisons ! : Africa wants to be free vol.2 », réunissant des artistes et groupes africains et français (reggae, rap, dub), à l’appel de l’association Survie France pour la lutte contre la Françafrique…

Kajeem soutient le projet de l’association Survie, en donnant notamment un concert mémorable à Paris. Il signe ensuite la musique de la campagne du Téléfood pour le FAO, en 2004, et compose pour l’ONUCI le titre « Demain c’est aujourd’hui », en 2008. La même année, il sort Qui a intérêt ?, un album présenté par les spécialistes comme le plus abouti de sa carrière, et sacré “Meilleur album reggae 2008” en Côte d’Ivoire. Truculent, varié et surtout d’une extrême sensibilité, cet opus constitue un pas décisif dans la marche de Kajeem vers les sommets.

Le 16 octobre 2010 voit la sortie de l’album-concept Ghetto Reporters Vol.1 en duo avec un de ses lieutenants, Spyrow, dans le but de traiter des thèmes liés à l’actualité du moment et mettre son jeune collègue sous les feux de la rampe.

Kajeem sera de la bande originale de “Child Soldier”, un film documentaire canadien sur les enfants soldats réalisé par Raymonde Provencher en 2010. Plus récemment, il a composé les paroles, la musique et assuré la direction artistique du single « Brisons le silence » (2012) pour IRC et celles de la campagne « Soins de santé en danger » (2012) pour le CICR.

A Abidjan (Côte d’Ivoire) avec le Fondy et l’Institut Goethe, à Ouagadougou (Burkina Faso) avec le Centre Culturel Madiba Mathai, à Marseille (France) avec l’AMI et à Vevey (Suisse) avec le centre Equinoxe, Kajeem anime des ateliers d’écriture musicale axé sur le rap, auprès de jeunes en difficultés.

Kajeem, l’écrivain

Connu comme auteur-compositeur, chanteur et animateur radio, l’Ivoirien Kajeem ajoute une nouvelle corde à son arc, en publiant, en 2012, un livre intitulé « Le petit garçon qui peinait à parler », un recueil de 10 nouvelles, dont 3 ayant plutôt une saveur autobiographique.

« Je prends énormément de plaisir à vivre ces instants de partage et d’échanges avec tous les lecteurs de ce livre ; amis de la lecture, et même les simples curieux de la chose. Ma reconnaissance à votre égard est infinie« , dit Kajeem.

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Artiste militant, Kajeem exprime en français, anglais, espagnol et en baoulé (sa langue maternelle) le déchirement de son pays et les maux de notre société. La portée universelle de ses textes engagés est le reflet d’une génération consciente et positive.

De haute portée sociale, ses chansons sont des messages de combat et d’espoir. Combat contre toutes les formes d’oppression, les injustices, les inégalités, et d’espoir par sa volonté de soutenir l`espérance des persécutés et ranimer la vigilance des tièdes.

« On m’a souvent reproché de susciter plus de questions que de réponses pour ce qui est de ma musique, de mon style vestimentaire que de mes prises de position. La vérité est que pour moi-même je suis une interrogation – aussi ne serai-je jamais une réponse« , confie Kajeem.

À propos de l'auteur

Nago Seck

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