Dans le climat makossa / bikutsi qui prédomine dans le milieu camerounais, Erika Dobong'na Essien aka Princess Erika est surnommée Miss “Trop de bla bla”, du nom de son premier hit. Une des pionnières du ragga et du reggae en France, parfois teintés de soul, funk ou rap, Princess Erika est également comédienne (théâtre, cinéma)... Dans le climat makossa-bikutsi qui prédomine dans le milieu camerounais, Miss "Trop de bla bla" née Erika Donbong'na Essien a opté pour le raggamuffin et une musique métisse marquée par le funk et le rap. Elle fait aussi du théâtre.”

Princess Erika

Trop de bla-bla

Princess Erika est née en 1964 à Paris de parents camerounais. Sa mère est la fille d’un chef traditionnel et exilée politique en France. En 1982, Princess Erika forme avec ses sœurs le groupe Blackheart Daughters puis évolue avec Princess and the Royal Sound, avec qui elle effectue plusieurs tournées en première partie du Jamaïcain Dennis Brown. En 1988, elle enregistre à Londres “Trop de bla-bla” (Polydor), un morceau ragga qui la fera connaître au public français. S’ensuivent Tendress (Polydor) et une première apparition comme comédienne dans “Maman” de Romain Goupil (1989).

Faut que j’travaille

En 1990, sort Faut que j’travaille qui la propulsera en tête des ventes françaises et lui ouvre d’autres portes du monde des arts. L’année 1992 la voit réaliser un album éponyme et assurer la première partie du concert des Négresses Vertes. Trois ans plus tard, paraît le CD D’origine (Polydor), dont est extrait le single 2 titres C’est ma vie / Descends d’en haut. Lors d’un concert privé en 1996, Les Rita Mitsouko, duo poprock français constitué de la chanteuse Catherine Ringer et du guitariste Frédéric Chichin, invitent Princess Erika sur le titre « Ailleurs » et Doc Gynéco sur « Riche » de l’album Acoustiques. En 1997, elle enregistre avec Marc Lavoine “Les hommes sont des femmes comme les autres”. Elle participe ensuite, avec le titre “Le soleil donne” en duo avec ce dernier, au DVD Le Zénith des Enfoirés, tiré de la soirée annuelle des Enfoirés en faveur des Restos du Cœur initié par Coluche. Par la suite, elle écrit pour différents artistes, dont Les Nubians (“Embrasse-moi”). En 1998, elle est dans le film “Charité biz’ness” du réalisateur Thierry Barthes puis participe à la compilation Jazz à St. Germain (Higher). Un an plus tard, elle signe l’album Tant qu’il y aura (Epic / Sony Music). Les années suivantes la voient participer au Collectif L’Hip-hopée : la Grande Epopée du Hip-Hop Français (2000) et à la compilation Les Lascars contre le Sida (2000).

Que serais-je demain ?

La même année, Princess Erika et de nombreuses autres chanteuses créent « Les Voix de l’Espoir pour la Chaîne de L’Espoir » afin de soutenir des enfants n’ayant pas la possibilité d’être soignés dans leur pays d’origine. Pendant 4 ans, tous les 8 mars, elles organisent des concerts dont l’objectif est de lever des fonds pour la création d’un service de pédochirurgie dans un hôpital à Dakar, au Sénégal. Cette aventure aboutit à « Que serai-je demain ? », un single reggae qu’elle a écrit et composé en 2001.

Le collectif Les Voix de l’Espoir comprend : Princess Erika, Anggun, Assia, Bams, Carole Frédéricks, C-Lia des Nubians, China, Julie Zenatti, K-Reen, Lââm, Lena K, Leyla Doriane, Max-Laure, Nathalie Cordone, Nicoletta, Rokia Traoré et Tilda Roy.

Un an plus tard, elle participe à l’album Elle te rend dingue (Poom Poom Short de Daddy Nuttea.

Il est cinq heures 02 Kingston s’éveille

En 2004, Princess Erika participe à l’album Agir Réagir en faveur des sinistrés du tremblement de terre qui a secoué la région d’Al-Hoceima au Maroc le 24 février. La même année, son titre “Trop de Bla-Bla” est repris par le groupe d’assurance MMA pour une publicité. En 2005, elle réalise A l’épreuve du temps (IDOL). Sa participation, la même année à la deuxième saison de l’émission “La Ferme Célébrités” lui permet de reverser 30.000 euros à l’association africaine Routes du Sud, consacrée à l’aide aux jeunes femmes et aux enfants. Cette somme a pu remettre entièrement en état une école et repavé certaines rues d’un quartier délabré de Bamako, au Mali.

Ensuite, elle est sollicitée dans plusieurs films : “Les marins perdus” de Claire Devers, “Quand les anges s’en mêlent” de Crystel Amsalem et “Le jardin de papa” de Zeka Laplaine. Elle organisera aussi les quatre éditions des concerts «~Les voix de l’espoir~» au profit de La Chaîne de l’Espoir.

On la retrouve en 2006 avec le titre “Les uns contre les autres” sur Il est cinq heures 02 Kingston s’éveille, une compilation reggae produite et réalisée par Mato. Y ont participé Andrej 747, Lady Gatica, Merlot, R.Wan, Mato, Saï Saï, Jayhem, Lord Bitum, Stepper, Pierpoljak et M’ame. En octobre, elle participe à Black Marianne (Elohim). Sort un second Cd où elle interprète « La vie en rose », célèbre chanson de la diva Edith Piaf. En 2007, Princess Erika retrouve Marc Lavoine sur la chanson “Les hommes sont des femmes comme les autres” de la compilation Les duos de Marc.

Sur la route du reggae

L’année 2008 la voit faire un duo sur le titre “Travailleur immigré” de l’album de Naka Ramiro. Trois ans plus tard, elle sort Juste Erika, dont des featurings avec Nina Morato (Dans la maison de mon père), Marjorie Savino (Non je ne vais pas pleurer) et Malik Fahim (Ouvre les yeux).

Trois ans après Juste Erika, Princess Erika revient en 2014 sur le devant de la scène avec Sur la route du reggae, un single signé Yovo M’Boueke (Neg Marrons, Brahim, La Fouine). Reprise de « Sur la route de Memphis » d’Eddy Mitchell, cette version reggae relate l’histoire et le parcours de l’une des pionnières du genre en France …

La vie sans sida

En 2014, Princess Erika est marraine du collectif Vi(h) Pluri-elles, à l’initiative du single « La vie sans sida ».

Le collectif Vi(h) Pluri-elles est un ensemble d’associations qui prennent en charge les femmes touchées par le Vih et/ou le sida. Souvent rejetées par leur famille quand celle-ci est au courant, elles s’isolent et gardent ce lourd secret pour elles. Parler est tabou, cette maladie est tabou…

Il s’agit aussi de femmes migrantes, infectées dans leur pays d’origine ou en France et qui apprennent leur séropositivité au cours d’un examen de grossesse. Avec l’isolement vient la précarité et les femmes n’ont plus d’autre recours que les associations, qui les orientent vers des foyers, des lieux d’accueil, des assistantes sociales, des médecins, etc.

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Nago Seck

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