“Le tama, ("tambour d’aisselle" ou "tambour parlant"), est un instrument de la famille des membranophones d’Afrique de l'Ouest, imitant les langues tonales des différents peuples qui le pratiquent. Cet instrument de percussion hexagonal, frappé avec une baguette en bois dont le bout est recourbé, est appelé tama, tamani, dundunba ou doundounba (sérère, wolof, mandingue, bambara, malinké), bouba (peul), gangan, dumdum ou dundun (yoruba), kalangu ou kalangou (hausa, songhaï), odondo, donno, dondo ou lunna (akan), lunna (dagomba), karangou ou kalangou.”

Histoire

Dans l’histoire du Sénégal où il est l’instrument phare des Laobés (peuple de bûcherons) et de la Gambie, le tama a été l’un des instruments de musique utilisés dans la tradition sérère « woong » (la « danse des futurs circoncis », aussi appelé « xaat » en sérère, où il a des connotations religieuses. Dans la tradition « xaat », le tama est constitué d’un ensemble de quatre tambours : Perngel, Lamb, Qiin et Tama.

Du point de vue historique, le tama (tout comme le junjung sérère), a été battu par les griots des rois sénégambiens lors de circonstances particulières, par exemple quand les souverains voulaient répondre à leurs sujets, ou comme appel aux armes pendant les guerres, ou comme appel au martyr, comme ce fut le cas au chaos de Tahompa et à la bataille de Naoudourou, où les Sérères vaincus se suicidèrent plutôt que d’être conquis par les forces musulmanes ou forcés de se soumettre à l’islam. Si le suicide est autorisé dans la religion sérère, il doit cependant satisfaire au « principe de Jom ». Le mot « jom » signifie en sérère et en wolof « honneur », « courage », « respect des anciens », « modestie », « générosité », « contrôle de soi ».

Manufacture

C’est un tambour en sablier en bois de 60 cm de long et 20 cm de diamètre, à double membrane et à tension variable. Les peaux sont maintenues au moyen de cerclages, mais elles sont accordées et tendues au moyen d’un laçage de cordes. Les dimensions peuvent variées selon les peuples.

Jeu

Le son produit par un tama peut être régulé très finement, à tel point que l’on dit qu’il « parle ». Le joueur de tama place l’instrument sous son aisselle et le frappe avec une baguette courbée de différentes manières en variant la pression sur les cordes qui tendent la peau, provoquant des sons complexes. Cette complexité sonore s’apparente à certaines langues tonales africaines. La richesse de ce mode de communication fut mise en évidence par John F. Carrington, un missionnaire anglais ayant appris le kele. Il rédigea plusieurs ouvrages sur la question dont Talking drums of Africa en 1949.

Le tama est principalement utilisé dans la musique mandingue au Mali, dans la musique mbalax au Sénégal et en Gambie ainsi que dans la juju et la fuji au Nigeria ou encore l’osibi, musique ashanti du Ghana. Un des plus anciens instruments utilisés par les griots, le tama est aussi pratiqué au Niger, au Burkina Faso et en Guinée Conakry, .

Communication

Les villages d’Afrique ont utilisé les tamas comme moyen de communication télégraphique depuis des siècles. Les messages intéressants étaient répétés et relayés vers les villages proches. Les explorateurs européens ont été surpris de découvrir que l’annonce de leur venue et de leurs intentions était transmise à travers la forêt et devançait leur arrivée. Un message africain peut être transmis à la vitesse de 160 km/h. Dans des conditions idéales, le son peut être entendu de 5 à 11 km.

Instruments voisins

Des instruments semblables existent en Inde (« huruk ») et au Japon (« ōtsuzumi »).

*Source : wikipedia

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Nago Seck

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