Enregistré à Zanzibar et à Paris (France), le cinquième album de Nawal, Afro Jazz Taarab Project, apporte un nouveau son au taarab des Comores. Les instruments traditionnels donnent une liberté au piano électrique, à la basse et à la batterie, créant une ambiance afro-jazz/taarab. Ses paroles transcendent les illusions matérielles, invitant au respect, à l’unité et à l’éveil.
Artiste majeure des musiques de l’Océan Indien, Nawal revient avec Afro Jazz Taarab Project (Sauti za bahari), un nouveau projet musical ambitieux à la croisée de la mémoire, de la transmission et de la création contemporaine. Connue comme « La voix des Comores » (Voice of Comoros), cette Franco-Comorienne explore ici l’un des répertoires les plus emblématiques de son archipel natal : le Comores comorien, réinventé à travers une écriture musicale afro-jazz.
Un patrimoine en transformation
Aux Comores, le taarab s’est largement électrifié et les instruments traditionnels acoustiques ont presque disparu. Pour ce projet, Nawal fait le choix artistique de reconnecter le Comores comorien à sa dimension instrumentale vivante, en s’associant des musiciens encore porteurs de cette tradition.
Zanzibar comme lieu de résonnance
C’est en partie à Zanzibar, territoire où le taarab instrumental demeure vivant, que l’album a été enregistré. Les instrumentistes locaux (cordes, oud, qanun, accordéon, percussions, basse, piano et batterie) apportent leur savoir-faire, donnant au projet authenticité et continuité culturelle. Ce choix à la fois esthétique et patrimonial affirme la volonté de faire circuler et de réinventer les traditions musicales des archipels de l’Océan Indien. Le résultat est une musique introspective et fédératrice, enracinée et à l’écoute du monde.
Une démarche de transition
Loin de figer le patrimoine, Afro Jazz Taarab Project s’inscrit dans une volonté de le faire vivre, à travers la circulation des formes, leur réinterprétation et leur mise en création. Nawal y déploie une écriture musicale singulière où la voix porte une vision résolument moderne. Composé de onze titres, l’album tisse un dialogue entre créations originales et réappropriations de pièces emblématiques, parmi lesquelles le célèbre Lama Bada Yatathanna, issu du répertoire arabo-andalou. Il propose une traversée sensible entre héritage collectif et renouvellement.
Une création en résidence
En résidence, le projet s’inscrira dans une démarche de création évolutive, la forme scénique évoluant au fil des résidences et des rencontres musicales. Nawal sera accompagnée d’un noyau de quatre à cinq artistes de Zanzibar, rejoints selon les contextes par d’autres musiciens (nes). La première restitution publique aura lieu en octobre, lors du Festival des Possibles, à Mohéli, Comores.
Fiche
Nawal Mlanao – voix lead, daf, bongos, gambusi (gabousi)
Mohamed Issa Matona – Oud, violon, violoncelle, accordéon
Fadhil Mohamed Mtuteke – Darbouka
Suleiman Makame Haji – Piano électrique
Lumii Lumie – Basse
Miraji Husein Mgunda – Batterie
Nassor Amour Abdallah – Qanun
Patricia Hillary Shembiluchor, Mharam, Mohamed Omary, Regina Juma Shabani – Chœurs
Guest – Didier Malherbe – Saxophone
Enregistrements – Zanzibar, Paris (France)
Label – Nawal Prod

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