“Née le 5 mars 1962 à Carthage, elle est une chanteuse et actrice franco-tunisienne connue dans le monde sous son nom de scène, Amina. Apparue sur la scène musicale dans les années 1980, elle a touché à de nombreux genres musicaux : hip hop, musique arabe, world music, pop occidentale. Première ex aequo du Concours de l'Eurovision en 1991, elle a reçu de nombreux autres prix, dont le Prix Piaf 1991 de "la meilleure chanteuse". Elle a collaboré avec des artistes du monde entier (IAM, Yasuaki Shimizu, Haruomi Hosono, Wasis Diop, Afrika Bambaataa, Édouard Milton). Amina Annabi mène également une carrière d'actrice tournant avec Romain Goupil, Bernardo Bertolucci et Claude Lelouch. ”

Née le  à Carthage, en Tunisie, Amina Annabi est une chanteuse et actrice franco-tunisienne connue en France et en Belgique sous son nom de scène, Amina.

Amina et IAM

Apparue sur la scène musicale dans les années 1980, faisant le lien entre la world music et la pop occidentale, Amina a déployé ses ailes dans les années 1990, apparaissant même sur les scènes hip hop, dont un mémorable featuring avec le célèbre groupe marseillais de rap français IAM (« I am » en anglais ou « Imperial Asiatic Men »), fondé en 1988 et composé à l’origine d’Akhenaton (Philippe Fragione) et Shurik’n (Geoffroy Mussard) au chant, de Kheops (Éric Mazel), Imhotep (Pascal Perez), Kephren (François Mendy) aux platines, et anciennement de Freeman (Malek Brahimi).

Une enfance entre Tina Turner et Oum Kalthoum 

Née d’un père français et d’une mère tunisienne, Amina Annabi est élevée par sa mère, musicienne et compositrice, après le divorce de ses parents. Elle se forge une culture musicale qui va de Tina Turner à Oum Kalthoum (Oum Kalsoum). Autour de sa grand-mère, également musicienne, la famille se réunit tous les dimanches et chante du malouf traditionnel ou de la variété italienne. De plus, l’un de ses oncles est à l’origine du festival de Tabarka où pendant quelques années, elle voit défiler des artistes internationaux tels Joan Baez, James Brown ou l’Algérienne Warda. C’est à cette occasion, qu’elle rencontre Wasis Diop, alors jeune rocker sénégalais. Très amis, ils travailleront souvent ensemble.

Shéhérazade

En 1975, Amina Annabi s’installe en France avec sa mère. A treize ans, elle s’oriente déjà vers une carrière artistique. Elle pratique assidûment la danse, se forme au chant classique ainsi qu’au chant traditionnel égyptien. À seize ans, elle monte un groupe qui fait la tournée des lycées et en devient la chanteuse. Elle excelle alors dans le répertoire reggae et jazz.

Au début des années 1980, la scène musicale française intègre les influences de l’Afrique et du monde arabe. C’est au sein de Radio Nova, plaque tournante en matière de world music, qu’elle rencontre Martin Meissonnier en 1982. Producteur et musicien, Meissonnier est l’un des premiers à faire travailler des artistes africains en France. Une longue collaboration artistique et personnelle démarre entre eux. Elle a une petite fille née en 1986. L’année suivante, elle remporte un concours de rap. Le titre en question composé en 1985, Shéhérazade, un rap arabisant, devient dans la foulée son tout premier 45 tours. Amina commence alors à se forger un nom.

En 1987, Amina participe à l’enregistrement du maxi 45T U Don’t Have To Be A Star du groupe Shango créé en 1983 par Afrika Bambaataa, l’un des pères fondateurs de la culture hip hop aux USA. À cette occasion, elle collabore aussi avec le Japonais Yasuaki Shimizu. Celui-ci va l’inviter sur son album Subliminal. Ces collaborations japonaises font d’elle une vedette au Japon à tel point qu’elle y donne une tournée en 1987. Elle rencontre le poète et compositeur Gérard Ansaloni en 1989 au Studio Do.

En 1989, elle est soliste sur l’album Omni Sight Seeing de Hosono Haruomi, autre musicien japonais et fondateur du Yellow Magic Orchestra avec Ryūichi Sakamoto. Hosono est le premier à avoir marié synthétiseur et musique orientale.

« C’est le dernier qui a parlé… », première ex aequo du 36e Concours de l’Eurovision

Les années 1990 démarrent par son tout premier album : Yalil (La nuit). Il sort dans 22 pays à la fois et, aux États-Unis, est classé cinquième dans la section world music par le prestigieux magazine professionnel américain Billboard, privilège rarissime pour un artiste francophone.

En France, elle obtient le prix Piaf 1991 de la « meilleure chanteuse ». En 1991, la chaîne de télévision Antenne 2 (actuelle France 2) la choisit par l’intermédiaire de Marie-France Brière pour représenter la France au Concours Eurovision de la chanson. Le 4 mai, elle participe au 36e Concours Eurovision de la chanson organisé à Rome, en Italie. Au nom de la France, elle interprète une chanson extraite de son album, « C’est le dernier qui a parlé qui a raison », co-écrite et composée avec le Sénégalais Wasis Diop. Au classement final, après les votes de tous les pays, Amina atteint la première place ex-æquo avec la représentante de la Suède, Carola, chacune obtenant 146 points. Cependant, d’après le règlement établi en 1989, est déclaré(e) gagnant(e) en cas d’égalité l’artiste ayant obtenu le plus souvent le nombre de points maximum (douze puis dix, huit, etc.). Amina obtient quatre fois douze points et deux fois dix points tandis que Carola obtient quatre fois douze points et cinq fois dix points. Cette dernière remporte donc le concours tandis qu’Amina se voit rétrogradée à la seconde place.

Autres projets

Fin 1992, sort son second album, Wa di yé (L’amour est unique), qui est coproduit par Wasis Diop. Le succès de ce disque se concrétise par une tournée internationale. En 1994, elle enregistre son album Paris avec Malcolm McLaren. Le mois d’avril 1999 voit la parution de son troisième album, Annabi. Elle chante par ailleurs en trio dans un groupe de femmes, appelé Les Orientales, avec la chanteuse algérienne Mona Boutchebak.
En 2003, Amina compose avec Édouard Milton, la bande originale du long métrage Bedwin Hacker de Nadia El Fani.

Le  au stade de France, avant le match amical de football France-Tunisie, Amina interprète Humat Al-Hima, l’hymne national tunisien, Lââm chantant La Marseillaise.

Amina, l’actrice

En plus de la musique, Amina se lance en 1989 dans le cinéma. Son premier film est une production française de Romain Goupil, Maman, où elle tient un second rôle aux côtés d’Anémone. L’année suivante, on la remarque dans Un thé au Sahara, une production internationale signée de Bernardo Bertolucci, où elle campe un rôle de prostituée arabe dénudée au sein d’une distribution de choix (John Malkovich, Debra Winger, etc.).

En 1992, elle joue dans la grande fresque de Claude Lelouch : La Belle Histoire. L’année suivante, elle réapparaît dans La Nuit sacrée de Nicolas Klotz. Elle y tient pour la première fois le rôle principal aux côtés de l’Espagnol Miguel Bosé.

En 2000, elle apparaît dans le film La Mécanique des femmes de Jérôme de Missolz et, en 2001, dans Philosophale de Farid Fedjer. En 2005, elle joue dans Il était une fois dans l’Oued réalisé par Djamel Bensalah. Elle joue en 2008 dans une comédie musicale retraçant l’histoire de Mouammar Kadhafi avec la Asian Dub Foundation. En 2009, elle joue le rôle de Yasmina dans Cairo Time, drame romantique de Rubba Nadda, aux côtés de Patricia Clarkson, Alexander Siddiq, Elena Anaya et Tom McCamus.

Montreuil, Seine-Saint-Denis

Installée à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, Amina livre son regard sur sa commune : « Du temps de l’Eurovision, j’ai représenté la culture française et maghrébine dans le monde entier. C’est pourquoi mon dernier single s’appelle « La France a la mémoire qui flanche. » Montreuil, c’est une ville qui vous laisse complètement libre de cette richesse. Quand on vient jouer à La Lanterne, on y rencontre des musiciens du monde entier et on échange. C’est ça qui est intéressant. Pour moi, Montreuil, c’est le laboratoire où je travaillé. »

* Source : wikipedia

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

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Nago Seck

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