“Né en 1968 dans une famille de djélis griots à Banamba, dans la région de Koulikoro, Bassi Kouyaté est un auteur-compositeur, arrangeur et chanteur malien. D'abord initié au tamani (talking drum ou tambour d'aisselle), puis au ngoni, avant de s'adonner à la guitare, il transposet les rythmes de grands airs bamana (ou bambara) de l'épopée de Soundiata Keïta (Empereur du Mandé), mais intègre aussi le blues, le le jazz, la la pop ou le folk. ”

Bassi Kouyaté le multi-instrumentiste

Héritier de traditions séculaires, Bassi Kouyaté peut être considéré comme un des grands guitaristes du répertoire traditionnel bambara actuel, et comme un digne représentant de la nouvelle génération des griots. « Mon père, Djiguy Kouyaté, était un grand ngoni fola (joueur de ngoni), et mon premier instrument, après le tamani (talking drum), a tout naturellement été le ngoni,  instrument qui accompagne les récits, les épopées… Lorsqu’on m`a pris pour aller jouer dans l’Ensemble Instrumental du cercle de Koulikoro, j’ai été choisi  à cause de ma voix et de la façon dont je jouais le tama (talking drum) ; mais quand qu`on m`a entendu jouer du ngoni, on ne m’a plus lâché pendant six ans ».

Instruments traditionnels contre guitare

« En 1982, un notable de Banamba, Madou Kagnassi, demande en mariage une jeune fille de la région, Aïnè, et m’invite à venir jouer à la fête. Très content de ma prestation, Madou Kagnassi enregistre plusieurs cassettes avec mes chants. Puis il part en voyage en Guinée et me ramène une guitare. C’est comme cela que j’ai commencé à jouer de cet instrument. Mon père, qui est un traditionaliste, m’a d’abord interdit d’en jouer car il considérait la guitare comme l’instrument des drogués et des alcooliques. Il avait peur que je laisse tomber la tradition et que j’abandonne le répertoire des griots. J’entrai donc dans la clandestinité. Chaque nuit, vers deux ou trois heures du matin, je me levais et prenais mon instrument. Mais une nuit où il ne parvenait pas à dormir, Ba Djiguy (papa Djiguy) décida de me surprendre et découvrit que  je jouais « Tara », un de ses morceaux préférés de  tout le répertoire des griots, que m’avait appris ma tante, Kani Kouyaté, une très grande chanteuse.  Il me prit dans ses bras en me disant de lui pardonner et me fit souvent appeler pour lui jouer à la guitare ses airs favoris ».

Bassi Kouyaté et Soungalo Coulibaly

En 1978, tout juste âgé de 10 ans, Bassi Kouyaté intègre l’Ensemble Instrumental du Cercle de Koulikoro. Il  y restera jusqu’en 1984 puis rejoint  la Côte d’Ivoire et Bouaké où il fait la connaissance de son compatriote et joueur de djembé Soungalo Coulibaly . Ensemble, ils vont tourner  en Europe.

Compagnie Djinn Djow

Ils participent notamment en 1989 à l’aventure de la compagnie multiculturelle Djinn Djow et de la danseuse Anne-France Brunet, deux artistes originaires de la Suisse. En 1992, Bassi Kouyaté posera ses lignes de guitare sur « Laïla ilala », le premier album de ce dernier, paru chez Arion et l’ethnomusicologie Laurent Aubert lui consacre deux volets de son émission « Résonance » sur Espace 2 (Radio Suisse Romande), dont les enregistrements aboutiront à l’album « Mali: Chants de griot Bambara » (1997 – Ades / Buda Musique).

Discographie
Laila Ilala – Percussions et chants du Mali (Soungalo Coulibaly) – CD – 1992 – Arion
Djinn Djow (Chants et musiques du Mali) – Bassi Kouyaté & Vincent Zanetti – CD – 1996 – Djinn Djow Productions
Mali: Chants de griot Bambara – CD – 1997 – Buda Musique

* Source : http://www.abidjan.net/

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Nago Seck

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