“Né en 1959 à Koumandi-Koura, dans la région de Faranah, en Guinée, dans une famille de musiciens, Kerfala Kanté, surnommé "l'oiseau de Sankara", est un auteur-compositeur, joueur de balafon, guitariste et chanteur. Il fait ses gammes au sein de groupes pionniers de la musique mandingue"made in Guinée", Tropical Djoli Band de Faranah en 1980 et Balla et ses Balladins en 1984, avant de se lancer dans une carrière solo à partir de 1992. Kerfala Kanté décède le jeudi 18 juillet 2019 à Conakry, des suites d’une courte maladie. Il avait à l'âge de 60 ans.”

Balafon et guitare acoustique

Fils de Kémo Kanté et Djansa Na Kourouma, Kerfala Kanté est né à Koumandi-Koura, dans la région de Faranah, un petit village où la famille Kanté est très réputée. Traditionniste rompu, le père Kémo est un parfait joueur de balafon (l’instrument des Kanté), qui initie très tôt son rejeton aux sonorités magiques de cet instrument, et à sa pratique.

A 10 ans, Kerfala Kanté est déjà un petit maître balafon apprécié de tout Koumandi-Koura, son village natal. Cinq ans plus tard, Kerfala reçoit une guitare acoustique qu’il travaille très rapidement pour se forger un style différent. L’adolescent devient un « ambianceur » des baptêmes, mariages et autres retrouvailles traditionnelles.

Son parcours

Des va-et-vient constants vers la ville de Faranah, le font découvrir aux musiciens du Tropical Djoli Band de Faranah, qui n’hésitent pas à le recruter, après un bref passage dans l’Ensemble instrumental de la préfecture. Il obtient aussitôt la consécration avec le titre « Déni Kéléni ». Ses paroles sont sensées, ses textes élagués de banalités topiques.

De 1980 à 1983, Kerfala sera une véritable cheville ouvrière du Tropical Djoli, qui en fait sa force de frappe dans les grandes joutes culturelles nationales. C’est Ibrahima Kouyaté, le guitariste solo de Balla et ses Balladins qui l’invitera en fin 1984, à rejoindre les rangs de cette formation légendaire. Mais son arrivée correspond à une période de jachère que traversent les Balladins. Faute d’instruments, l’orchestre se tourne pratiquement les pouces. Kerfala s’amuse.

Pour sa récréation, il participe aux groupes Ninja. Voilà que le destin place sur sa route, un passionné de musique, découvreur de vedettes, Alpha Traoré James. « Il l’introduit à la Direction Nationale de la RTG, où j’assumais les fonctions de directeur général, pour un premier enregistrement studio avant de le présenter au producteur Ahmadou Diouldé Sall qui aussitôt, signe un contrat exclusif avec lui ».

Son premier succès c’est la reprise d’une chanson célèbre de Miriam Makeba « Molouyame ». Il en change le titre et le texte; il chante, lui, « Diawara » mais, la mélodie est là, la même. La voix de Kanté, étonne par son timbre mandingue savoureux. Les mélomanes ne s’y trompent guère. Il s’y accrochent en l’encourageant à décoller … à voler. Et voilà notre oiseau qui plane majestueusement. Il vogue depuis de succès en succès. De quoi donner le tourniquet !

La première cassette en 1991 et c’est le plébiscite. L’oiseau du Sankaran a pris son envol victorieux. Depuis, il vole de succès en succès, survole les hits et autres palmarès internationaux. Il offre gracieusement sa musique à la troupe Sodia et fait même quelques apparitions dans le vidéofilm « Kouta ».

L’oiseau du Sankaran adore Sory Kandia Kouyaté et vénère Mama Diabaté, deux stars qui sont pour lui de véritables modèles. Sékouba Bambino est un exemple d’organisation à suivre pour tenir bien longtemps. Ses trois premiers albums font de lui une des valeurs sures de la musique guinéenne, même si son dernier cru enregistré pourtant à Paris n’a point convaincu les mélomanes du pays. Il est passé ensuite à l’écurie de Syllart Productions s’orientant vers un « New System ».

Kerfala Kanté décède le jeudi 18 juillet 2019 à Conakry, des suites d’une courte maladie, à l’âge de 60 ans. Un hommage national lui a été rendu lors de ses obsèques par son peule en présence de Kémo Kanté (son fils) et de toute sa famille. Cette figure emblématique de la musique guinéenne nous laisse de célèbres chansons comme « Ramata », « Nakisi », « Nnah Djansa Na », des tubes qui plaisent et que l’on fredonne partout.

*Source : Justin Morel Junior

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Nago Seck

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